It will have blood, they say, blood will have blood

Publié le 21 Janvier 2014

It will have blood, they say, blood will have blood

Le mois de janvier a jusqu'ici été très calme d'un point de vue théâtral, mais les prochaines semaines s'annoncent chargées. Et plutôt shakespeariennes... 3 pièces du Bard en 2 semaines, pas mal non? Mais quand on aime, on ne compte pas!

J'ai donc démarré cet enchainement ce dimanche avec Macbeth. En version française (ça semble a priori logique mais la semaine prochaine ce sera Richard II en VO alors...), dans une mise en scène d'Anne-Laure Liégeois (je l'ai vue à Mons, mais la pièce tourne en France jusque début avril).
En 2 mots, pour ceux qui ne maîtrisent pas les tragédies de Shakespeare voire qui mélangent un peu tout, Macbeth, c'est cet Ecossais à qui des sorcières ont prédit qu'il serait roi d'Ecosse, allumant chez lui, et plus encore chez sa femme, une ambition dévorante. Et poussé par sa cruelle épouse, Macbeth tuera le roi, mais le sang appelle le sang, et tout ça finira mal, dans les larmes et la folie...

Malheureusement je n'ai pas été particulièrement convaincue par la mise en scène. Ou plutôt par certains choix de mise en scène. Pourtant il y a de bonnes idées aussi... Mais pourquoi, pourquoi les 3 sorcières devaient-elles être complètement nues (à part des bottes en caoutchouc rouge)? Je ne suis pas pudibonde et si ça avait eu un sens ou une justification, why not, mais là? OK, l'image "classique" des vieilles sorcières touillant ensemble dans un grand chaudron peut être bousculée, mais là, en fait, les scènes avec les sorcières sont juste inintelligibles. Et c'est quand même dommage vu que c'est plutôt important dans la trame, ce sont les premières, avant Lady Macbeth, à pousser Macbeth à l'ambition, et ce sont elles qui le font basculer et croire qu'il ne risque rien, ensuite. En plus, ces 3 demoiselles sont certes très jolies mais pas particulièrement bonnes comédiennes. Du coup au lieu de faire leurs prédictions à Macbeth dans une ambiance de ricanements inquiétants et surnaturels, elles jacassent et rient en se balançant de la boue et du sang.. Euh... ouais? Je ne sais pas quel était l'effet recherché mais j'ai trouvé ça pathétique. Et Macbeth qui du coup finit la scène à poil et 'crucifié' sur le mur. Non vraiment je dois l'avouer, j'ai décroché avec cette scène.

Pourtant jusque là j'avais plutôt apprécié la mise en scène et très certainement le jeu des acteurs principaux, au moins (bon, certains jeunes ont encore des progrès à faire mais on ne les biberonne pas à Shakespeare comme les Britanniques, faut dire!). Anne Girouard (que j'étais très curieuse de voir en Lady Macbeth, étant fan de Kaamelott) m'a particulièrement convaincue (pas un moment je n'ai pensé à la reine Guenièvre ;) ), à la foi exaltée, enflammée, sensuelle et froidement ambitieuse, puis sombrant graduellement dans la folie. Olivier Dutilloy est aussi plutôt bon en Macbeth, même si j'aurais aimé le voir évoluer avec plus de finesse et de nuances, j'ai l'impression que c'est tranché trop tôt qu'il est devenu fou, mais c'est une impression personnelle sur le personnage, et à nouveau, il s'agit surtout d'un choix de mise en scène et pas du jeu du comédien. Coup de coeur pour Sébastien Bravard en Banquo, j'ai adoré son jeu!

Donc, revenons à la mise en scène... Disons que sur la 1ère moitié de la pièce à peu près j'ai bien aimé, puis j'ai décroché, et malheureusement je n'ai pas vraiment raccroché plus loin. J'ai l'impression que Macbeth a été traité plus comme une tragédie racinienne que shakespearienne. Trop de pathos, ça se roule par terre, ça se prend la tête entre les mains, ça s'ébouriffe dans tous les sens, ça se jette dans l'eau (oui il y a de l'eau tout autour de la scène), ça se tortille les bras dans tous les sens... Stop! Il y a un moment où j'ai saturé, pour moi le texte de Shakespeare se suffit à lui même et n'a pas besoin de fioritures et de démonstrations autour, la voix, les intonations, les expressions du visage, pas besoin d'en faire plus. Mais à nouveau c'est un parti pris personnel, un peu de sobriété dans la 2ème moitié de la pièce m'aurait certainement permis de re-rentrer dedans et de ressentir quelque chose d'autre qu'un mal de dos persistant (merci le Manège.Mons...).

Bref, je pense qu'il est assez clair que je suis déçue, même si je n'ai pas vraiment de reproches à faire ni sur la traduction de ce Macbeth, ni sur le jeu des comédiens principaux... J'ai pas adhéré à la vision de la metteur en scène, voilà!

Si vous voulez vous faire une opinion la pièce se joue dans diverses salles en France jusqu'en avril, attention sachez que ça dure 2h50 sans entracte!

Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #France, #Shakespeare

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