Publié le 21 Juillet 2013

Fuck Off!

Ce spectacle est sensé résumer le Off d'Avignon et vous dispenser d'aller en voir d'autres... Ca me paraissait donc une bonne idée d'aller le voir en dernier, avant de quitter l'agitation du Off et le soleil du Sud...

Au final... bof! Pas tout à fait convaincue, j'avoue! Je m'attendais à des chroniques, plutôt dans le genre billets d'humeurs à l'écriture fine et soignée, en fait c'est plutôt un one man show, finalement assez classique, du genre stand up "je sais pas si vous avez remarqué, à Avignon pendant le Off,...". Pas ma tasse de thé comme je l'ai déjà dit!

Attention, ce n'est pas mal, il y a plein d'idées sympa et originales dans la mise en scène notamment (ce qui fait qu'on ne peut pas vraiment qualifier ce spectacle de stand up, en tout cas sur la forme). Le 'permis de tracter' avec les photos, les petites vidéos de différentes époques, cela illustre bien et fait marrer. Et les différents travers du In et du Off relevés dans le spectacle sont effectivement bien vus, et plutôt vrais, même si grossis et parfois très caricaturaux (parfois trop à mon goût) pour faire rire!

En fait c'est ce qui explique ma réaction mitigée, je suppose: l'ensemble est 'facile'. Je ne joue pas les intellos en disant ça, hein, n'allez pas croire ça, si vous avez lu d'autres articles vous savez que j'adore l'humour débile/absurde/au 3ème degré genre les Nuls. Mais ici c'est pas sensé être du gros débile, c'est une chronique, et du coup, je trouve que ça manque un peu de subtilité et de nuances, il y a quand même des vannes bien lourdes sous la ceinture qui ne sont pas indispensables (même si elles ont fait hurler de rire ma voisine). C'est un peu un grand fourre-tout qui parfois dénonce, parfois parle du festival avec tendresse, parfois se moque.

Il y a pas mal de cynisme aussi. J'aime bien pourtant le cynisme d'habitude. Mais là, je sais pas... s'amuser à relever des pratiques limites chez les autres et montrer ensuite qu'on les applique aussi, pourquoi pas... Mais autant le fait de mettre 'succès 2012' sur l'affiche, c'est un clin d'oeil amusant, autant le fait de blinder le théâtre avec strapontins et carrément des gens installés sur des chaises pliantes sur le côté, je trouve ça limite... Tu dénonces les salles qui arnaquent les artistes en demandant des tarifs mirobolants, les lieux improbables qui se découvrent salles de spectacle à l'intention financière culturelle en juillet, et puis la salle où tu joues profite à fond aussi pour vendre un max de billets au détriment du confort ? (j'imagine que les gens sur les chaises ajoutées sur les côtés n'ont pas dû voir grand chose des vidéos et images dont je parlais plus haut...)

Bref... sans doute un spectacle pas mal fait et visiblement très apprécié par certains, mais pas un spectacle pour moi... Sans m'être ennuyée (n'exagérons rien, certaines choses m'ont fait rire et il se débrouille bien, ce Nicolas Maury!), j'ai vu mieux et plus drôle dans le genre chronique satirique, incisive et jubilatoire... (c'est le problème quand on est fan et fidèle à un spectacle satirico-politique belge brillamment et finement écrit, avec un nouvel épisode chaque année - oui pour mes compatriotes, je parle de "Sois belge et tais-toi"...).

Ou alors à la fin du festival j'ai fini par devenir trop exigeante?

Infos pratiques : "Fuck Off", tous les jours à 19h au théâtre de l'Etincelle. 17 euros, 12 avec la carte Off. Détails ici.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #AvignonLeOff2013, #humour, #AvignonOff2014

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Publié le 19 Juillet 2013

La nuit des Camisards

4 ans. Cela faisait 4 ans que je rêvais de voir ce spectacle. Que j'aurais dû aller voir ce spectacle avec une bande de joyeux forumeurs, si j'avais pu me libérer du boulot, 4 ans que leurs commentaires m'avaient donné envie (et un peu frustrée).

Cette année, enfin, "La nuit des Camisards" est rejouée à Alès. Et j'ai pu trouver une date, avant de quitter Avignon, pour aller voir ce spectacle magique.

En fait, je n'ai pas eu l'impression d'assister à une pièce de théâtre hier soir. J'ai plutôt fait un bond dans le passé, en 1702, et j'ai vécu une page de l'histoire parmi les futurs Camisards (une page peu connue même en France, ignorée de la belge que je suis). Dans les Cévennes et ailleurs, depuis la révocation de l'Edit de Nantes, les protestants sont menacés et forcés à se convertir au catholicisme, sous peine de confiscation de leurs biens et d'envoi aux galères. Mais ils continuent à se réunir et pratiquer leur foi, y compris les nouveaux convertis. La révolte gronde, mais dans les assemblées secrètes et clandestines, les prophètes et autres inspirés ne lancent pas encore un appel à prendre les armes. L'assassinat de l'archiprêtre des Cévennes, l'abbé du Chayla, par des protestants cévenols, embrasera la région et déclenchera la guerre des Camisards.

C'est autour de cet épisode que se centre "La nuit des Camisards", démarrant la veille de l'assassinat. Après une montée dans un site naturel proche d'Alès, lors de laquelle des comédiens nous situent le contexte, nous spectateurs arrivons (à la tombée de la nuit) dans une clairière. La scène est surélevée, en forme de grande croix, et nous prenons place sur des rondins de bois (n'oubliez pas les coussins sinon ça peut être pénible!). Pendant 1h30, nous allons vivre les événements qui ont mené à la guerre des Cévennes. A travers l'histoire de personnages, ce qui rend les choses plus concrètes, plus touchantes aussi. Nous suivrons, du côté 'catholique', la folie fanatique de l'abbé du Chayla, qu'un père jésuite tente de calmer (les discours de plus en plus enflammés de l'archiprêtre font froid dans le dos, quand il s'accuse d'avoir permis à la religion dite réformée de survivre parce qu'il n'a pas été assez dur et n'a pas tué assez de gens ni réprimé assez fort). Du côté 'protestant', il y a aussi des exaltés, comme Samuel Bonnal, prônant la violence, des prophètes, qui ne parlent que quand l'Esprit les inspire, des soldats qui sont prêts au combat quand leur dieu le leur ordonnera. Et au milieu de tout ça, une mère, nouvelle convertie, qui veut surtout que ses fils vivent, et un ancien pasteur, revenu des galères pour libérer sa fille, prophétesse sauvage prisonnière de du Chayla.

Les personnages sont vraiment riches, et les comédiens qui les interprêtent, très talentueux. Déjà le travail sur la voix est remarquable, on est en plein air quand même, et ils se font entendre tout en gardant beaucoup de nuances (tout le travail de mise en scène sur l'ambiance sonore est superbe d'ailleurs, et contribue à nous plonger au coeur de l'action). Les lumières aussi, la fumée, les rougeoiments dans les fourrés, nous placent avec les futurs Camisards... Et lorsque des comédiens disséminés autour de la scène (juste à côté des spectateurs) psalmodient et répètent les mots du prédicateur, on a vraiment l'impression d'y être, de faire partie de l'assemblée clandestine.

Revenons aux personnages, pour n'en citer que quelques-uns, le personnage de la mère cévenole, Elise Bonnal, est magnifique, humain, ambigu... un personnage central pour moi dans la pièce, un rôle magnifique et une sublime interprétation de Josée Drevon.

L'ancien pasteur, Joseph Bastide, est aussi très touchant, plein de doutes et de désillusions, très belle performance de Jean-Marie Frin. Tout comme le médecin (Gilbert Rouvière, qui signe également cette belle mise en scène), qui lui s'est converti pour continuer à exercer, mais n'a pas réellement renié ses croyances, même s'il doit s'en cacher face à l'abbé du Chayla (la performance de Frédéric Borie dans ce rôle difficile est bluffante aussi!). L'humanité du père Gabriel, le Jésuite (très bien interprété par Philippe Noël), est aussi intéressante, et montre qu'il y avait des modérés dans chaque camp, des gens qui ne voulaient rien imposer de force. Bref, je crois que je pourrais citer toute la distribution et tous les personnages, tant ils sont marquants, présents, vivants!

Ca parait bizarre de dire ça mais parfois au théâtre, surtout pour une pièce historique, on a l'impression d'une distance par rapport aux personnage, un peu trop 'désincarnés', 'de papier'. Avec la nuit des Camisards c'est tout le contraire! On n'est pas face à un cours d'histoire retraçant des éléments généraux et lointains, on vibre avec des personnes de chair et de sang, on rit aussi, souvent, parce que le texte est magnifiquement écrit par Lionnel Astier, sans blabla littéraire pas crédible et soûlant, mais avec des expressions quotidiennes, de l'humour. C'est fluide, agréable à suivre, clair, il ne nous prend pas pour des idiots en nous expliquant les choses qu'on peut comprendre à travers les paroles des personnages. Et il ne juge pas non plus, enfin je veux dire, pas de morale à deux balles à la fin, juste des faits, des événements, des êtres humains... Décidément, dans la famille Astier, ils ont un vrai don pour l'écriture!

Bref, je crois que j'ai été tellement emportée par cette expérience, que je pourrais vous en parler encore longtemps, mais j'ai l'impression d'avoir déjà été très longue (oui je suis bavarde!). Si vous êtes ou passez dans les environs d'Alès, allez voir "La nuit des camisards". Vous avez jusqu'au 15 août, c'est à 21h30 (à peu près) à Alès, près de l'entrée de la mine témoin. 20 euros la place.Tous les détails via ce lien.

Et pour finir, même si ça n'a rien à faire dans une critique, merci Sandrine, sans les Forempoms à l'époque je n'aurais peut-être jamais entendu parler de ce spectacle, et sans toi hier j'aurais bien galéré pour aller le voir!

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Plein air, #Coup de coeur, #France

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Publié le 18 Juillet 2013

Velouté

En me promenant dans les rues d'Avignon, mon regard s'est arrêté sur cette affiche rouge, et surtout sur le nom de l'auteur, Victor Haïm. J'ai vu il y a quelques année "La valse du hasard" de cet auteur, et j'avais absolument adoré cette pièce.

Victor Haïm est décidément un auteur au style étrange, très sarcastique, grinçant (voir un poil sadique) et très tendu. "Velouté" n'échappe pas à la règle, c'est même bien pire que "La valse du hasard".

Difficile de qualifier cette pièce: comédie grinçante, ai-je lu... Huis clos à la Hitchcock, comme mentionné sur l'affiche? Thriller psychologique? Comédie romantique, comme l'a dit l'un des comédiens à la fin (de manière ironique évidemment!)? Difficile à classer mais pas inintéressant à voir. En gros, la situation de départ, c'est un pauvre type désespéré qui va passer un entretien d'embauche (de la dernière chance pour lui). Le recruteur est une sorte de pervers manipulateur, cynique et sadique, qui passe du chaud au froid et torture psychologiquement le pauvre garçon. Un 3ème personnage, la femme du recruteur, à la folie inquiétante, entrera en jeu plus tard...

Le jeu maintient la tension, tout comme d'autres petits éléments, même si le début est un peu long (ça met un peu de temps à démarrer, les premières phases d'entretien sont un peu longuettes par rapport au reste). Et même si l'on se doute du dénouement final, on hésite sur qui fera quoi et qui subira quoi...

J'ai trouvé la comédienne Elodie Colin absolument sublime dans son rôle ambigu (folle, victime, dangereuse?). Les 2 acteurs sont très bons aussi, même si le recruteur pourrait parler un peu moins vite par moments (oui je sais ça va avec le personnage mais bon des fois ça m'a gênée!)

Infos pratiques : "Velouté", tous les soirs à 22h15 au théâtre du Bourg-Neuf. 16 euros, 11 avec la carte Off. Détails ici.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #AvignonLeOff2013, #Théâtre

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Publié le 18 Juillet 2013

Mais que diable allait-il faire dans cette galère?

Puisque je j'avais aimé "Cendrillon s'en va-t-en guerre" et que j'aime les mises en scène de Carlo Boso quand il s'agit de Commedia dell'arte, je suis retournée à la Cour du Barouf voir "Les fourberies de Scapin".

Je n'aime pas trop Molière, pourtant. Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce qu'on le triture trop souvent pour en faire tout et n'importe quoi, ou parce que je trouve son style trop lourd, pas assez fluide, et ses intrigues globalement répétitives avec des dénouements rocambolesques. (oui je sais on ne démolit pas Molière normalement mais bon, je préfère préciser dès le départ que je ne suis pas fan!)

Enfin, je n'avais jamais vu "Les fourberies de Scapin", alors j'ai tenté le coup, surtout en version Commedia dell'arte (c'est quand même l'une des comédies de Molière qui s'y prête le plus, je crois!).

Bilan? Comme ça, ça passe, et même plutôt bien! La dynamique de la Commedia dell'Arte amène plus d'énergie et d'humour (même s'il y a un peu trop de scènes de coups de bâton à mon goût, mais c'est moi, j'ai jamais été fan de Guignol, et là par moments ça fait vraiment grand guignol. Enfin c'est normal c'est dans l'histoire aussi). Le texte est bien dit, il y a de la fantaisie, et, idée originale, les pères s'opposant aux mariages des fils sont ici remplacés par les mères, et elles sont très drôles et très bien interprétées (coup de chapeau à la comédienne qui joue Mme Argante!). Les intermèdes chantés et dansés sont très agréables, et vraiment, on ne s'ennuie pas.

Donc, une bonne version de Molière qui devrait plaire aux plus jeunes aussi, et qui m'a fait passer un bon moment (à défaut de me réconcilier avec Molière).

Infos pratiques : "Les fourberies de Scapin", tous les jours à 16h à la Cour du Barouf. 16 euros, 11 avec la carte Off. Détails ici.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #AvignonLeOff2013, #Théâtre, #commedia dell'arte

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Publié le 18 Juillet 2013

Mis en pièce

Et si, plutôt que de devoir choisir un auteur de théâtre, vous alliez voir une pièce qui en réunit plusieurs? C'est en effet le principe de 'Mise en pièce': un peu de tout, de la comédie à la tragédie en passant par les clowns, du classique au contemporain, en passant par un jeu de masques style commedia dell'arte.

Vous retrouverez dans "Mise en pièce", des passages de Mouawad, Corneille, Tchekhov, Molière, Shakespeare... Mais pas simplement mis bout à bout sans transition, sinon ce serait pour le moins bizarre à suivre... Non, autour de ces extraits, il y a l'histoire de 2 comédiens pas encore tout à fait au point (surtout elle), qui ne savent pas trop ce qu'il vont jouer devant ce public inattendu, qui ont un régisseur vraiment pas doué, et qui tentent donc de sauver les meubles en puisant au hasard dans leur mémoire et leurs livres, des morceaux de pièces à interpréter.

Ca pourrait sembler totalement décousu, au final ça passe bien, les transitions sont bien faites et les comédiens se donnent (et jouent juste, sauf quand c'est le but de ne pas le faire, puisque l'idée c'est que leurs personnages ne sont pas toujours bons!). Il y a pas mal d'idées sympa dans la mise en scène, la fin est inattendue et originale!

A voir pour le plaisir d'écouter des textes d'époques et de styles différents, et pour l'originalité de ce regard en coulisses. Ah oui, petite référence pas inutile pour mieux apprécier un jeu de mot: Dario Fo (auteur italien contemporain) a écrit entre autres une pièce qui s'appelle "Faut pas payer!" (très chouette pièce aussi d'ailleurs, soit dit en passant, vue y'a quelques années)

Note pour moi-même: ils ont de chouettes t-shirts pour tracter, va falloir que je pense un jour à m'acheter un t-shirt "I love Shakespeare", moi (parce que ça se confirme bien, quand même...)

Infos pratiques : "Mis en pièces", tous les jours à 13h45 à la petite caserne. 15 euros, 10 avec la carte Off. Détails ici. Site de la compagnie ici

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Rédigé par Emelle

Publié dans #AvignonLeOff2013, #Théâtre

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Publié le 18 Juillet 2013

R&J

"R&J", pour Roméo et Juliette. D'à peu près William Shakespeare.

Pour l'anecdote, j'aurai dû m'y reprendre à 2 fois pour voir ce spectacle. J'y étais allée la semaine dernière, mais une panne de courant touchant tout le quartier avait interrompu la représentation au bout de 20 minutes. Heureusement le (charmant) directeur des Béliers avait bien géré rapidement les échanges/remboursements de billets et j'ai donc pu y retourner sans problème. (et, oui, je trouve Arthur Jugnot charmant!)

Bref... "R&J" c'est donc la vraie histoire de Roméo et Juliette de Shakespeare. Pas modifiée (donc, oui, ça finit mal, forcément!), et même, respectant le découpage en scènes original, même si certaines scènes sont raccourcies et les moins essentielles à l'intrigue, supprimées. Par contre, la moitié des scènes (à peu près) est réécrite en langage moderne (genre "zy va batard c'est moi qu'tu traites de connard?"). Ce qui veut donc dire que l'autre moitié respecte le texte shakespearien, ce qui donne un cocktail étonnant. Par exemple, la tirade de Mercutio sur la reine Maab est respectée mais transformée en chanson!

Les 3 jeunes comédiens (Régis Vallee, Charles Lelaure et Anna Mihalcea) se changent très rapidement sur scène (et ces messieurs ne sont pas désagréables à regarder torde nu ;) ), ou derrière les portants à costumes, qui servent aussi à figurer le décor avec quelques éléments peints, un peu de lierre et un mini boudoir pour la chambre de Juliette. Ils interprètent à eux 3 tous les rôles, et comme les costumes sont bien distincts, les voix/accents aussi, et qu'ils s'appellent souvent par leur nom (enfin celui du personnage), on ne se mélange pas les pinceaux, même sans connaitre la pièce on sait qui est qui! Ils déploient tous les 3 une belle énergie et jouent très bien (coup de chapeau à la nounou, personnage haut en couleur et très drôle!).

Même si c'est une tragédie, on rit beaucoup, ils ont réussi à faire ressortir les éléments comiques, sans gâcher l'aspect tragique, et avec une jolie idée finale (sans texte et qui 'adouçit' l'histoire). Bref, une belle réussite de modernisation de Roméo et Juliette (après le film de Baz Luhrmann, lui aussi très réussi - enfin c'est mon opinion).

Infos pratiques : "R&J", tous les soirs à 19h15 au théâtre des Béliers. 20 euros, 14 avec la carte Off. Détails ici.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #AvignonLeOff2013, #Théâtre, #Shakespeare

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Publié le 18 Juillet 2013

Ca va être pénible!

Voilà un titre de spectacle qui semble amuser la dame chargée des réservations au théâtre des Barriques!

"Je voudrais réserver 4 places pour le spectacle des 2 jeunes femmes, là!" (elles étaient pas loin de l'entrée du théâtre)

"Oh, ça va être pénible! Enfin, non hein, c'est le titre!"

Visiblement, je l'ai entendue souligner l'incongruité du titre plusieurs fois!

Pourtant je vous rassure, ce spectacle n'a rien de pénible! Au contraire, il est drôle et rafraichissant! Bon, un peu gore aussi par moments, mais uniquement si on a de l'imagination et qu'on visualise ce qu'elles décrivent!

"Ca va être pénible" c'est donc l'histoire d'une quête, menée par 2 demoiselles très différentes (une baroudeuse aventurière et une princesse nunuche et pas très futée, l'une étant assez chochotte, l'autre un poil sadique, et ne vous fiez pas aux apparences...) qui vont devoir collaborer, au désespoir de l'une des 2, qui répétera souvent que c'est (ou ça va être) pénible! Elles sont dans un monde magique et doivent libérer une fée, guidée par un livre-guide en voix off. Pour cela, elles devront traverser plusieurs épreuves.

C'est vraiment un spectacle amusant, les répliques sont bien senties et par moments, on se dit qu'Aurore Pourteyron, l'une des comédiennes, a dû être un peu influencée par la manière d'écrire de Simon Astier, à moins qu'ils utilisent tous certaines expressions en vrai... Oui parce que Aurore, c'est Jennifer dans Hero Corp, quand même (oui je ne suis pas accro qu'à Kaamelott...). Mais elle joue ici dans un registre bien différent!

Je pense que "ça va être pénible" c'est vraiment un spectacle tout public, les enfants adoreront (faut juste leur dire de ne pas dire autant de gros mots que la baroudeuse!), et les grands aussi, en tout cas moi ça m'a rappelé mon enfance, quand j'imaginais des chasses au trésor dans le jardin avec un ami! Parce que bien sûr, il n'y a pas de décor, alors il faut imaginer, quand elles rampent, s'accrochent aux falaises ou évitent des lames qu'un piège leur envoie! Bon par contre leurs aventures sont plus loufoques que mes jeux d'enfant!

A voir en famille certainement, une vraie quête c'est original et on ne voit pas ça tous les jours au théâtre, et Virginie Niclasse et Aurore Pourteyron débordent d'énergie, profitez-en pour recharger vos batteries! En plus, dans le tract, vous avez des petites énigmes à résoudre, avec une question finale et un concours (il faut aller voir le spectacle pour trouver la réponse par contre!)

Infos pratiques : "Ca va être pénible", tous les jours à 16h au théâtre des Barriques. 15 euros, 10,5 avec la carte Off. Détails ici.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #AvignonLeOff2013, #Théâtre

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Publié le 17 Juillet 2013

Les Loose brothers

Comme je pense l'avoir déjà mentionné, je ne suis pas, à la base, très fan de... euh... j'allais écrire one man show, mais là ils sont 2 donc vous m'auriez dit que ça n'avait rien à voir... disons, pas forcément fan de spectacles d'humoristes, je préfère les histoires plus ou moins suivies... Enfin j'aime pas les successions de scketchs décousus sans fil conducteur, en gros (nan il n'est pas gros!).

Mais j'avais envie d'aller voir les Loose Brothers pour plusieurs raisons:

  • déjà, ça avait l'air d'un spectacle 'continu' avec des comédiens qui interprètent 2 personnages (donc pas du stand up) et un fil conducteur
  • ensuite, je suis ... disons, accro à Kaamelott, donc j'avais confiance dans le jeu d'Aurélien Portehaut pour faire rire
  • enfin, des amies m'avaient recommandé Yann Guillarme pour l'avoir vu dans un one man show il y a quelques années, elles l'avaient trouvé génial. Et l'ayant vu la veille au soir dans "si je t'attrape je te mort", je partageais déjà leur avis avant d'entrer dans la salle des Loose Brothers.
  • Et pour conclure (quoi j'avais déjà dit 'enfin' avant?) des copines que je retrouvais à Avignon avaient envie de les voir aussi, donc c'était l'occasion

Bref, tout ça se présentait bien... mais je ne m'attendais pas à un tel coup de coeur! J'ai adoré ce spectacle, débile à souhait (mais du très bon débile, toujours!) et à ne surtout pas prendre au 1er degré (nan sinon ils sont pathétiques).

Donc, Mollo (le grand avec un p'tit cul qui rend les filles jalouses) et Pipo (le gros qu'est pas gros) tentent d'enchainer des numéros (d'artistes illusionnistes taxidermistes transformistes mentalistes - cherchez l'intrus) pour remplir la boîte à bravo (d'espèces sonnantes et trébuchantes, voire pas sonnantes, les billets c'est mieux). Ils foirent à peu près tout (pas toujours consciemment, enfin surtout un) mais s'en sortent d'une pirouette (ou pas). Ils chantent, imitent, citent l'air de rien de grands classiques (de la chanson française), rendent hommage à Jean Vilar (à moins que ça ne soit Hervé?), jouent les agents du FBI et les vilains, se battent au ralenti, meurent mieux que Marion Cottillard... Et rêvent d'Hollywood, qui finalement (l'un d'eux aurait-il un don caché?) se présente devant eux, là, le sigle est déjà visible... (ou pas. C'est con mais ça m'a fait marrer! Quoi? Ben allez-y vous saurez!)

Bref, c'est décalé à mort, absurde et/ou débile (la frontière est floue) et très bien joué (ah leurs mimiques! Impayables!). Et les fans de Kaamelott comme moi ne pourront que se dire, à un moment, qu'Aurélien a l'art de jouer des proches de gens qui aiment les citations latines... ;-)

Bref, et (tout) ça, c'est bravo!

En un mot, allez les voir, c'est juste trop bien! Nous on a beaucoup ri ! *argument marketing supplémentaire : un strip tease d'Aurélien Portehaut au cours du spectacle, si si!*

Infos pratiques : "Les loose brothers", tous les jours à 13h40 au Palace. 17 euros, 12 avec la carte Off. Détails ici.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #AvignonLeOff2013, #Coup de Coeur Off 2013, #humour

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Publié le 17 Juillet 2013

Si je t'attrape, je te mort!

Reprise Avignon OFF 2015 (avec une autre distribution), au théâtre de l'Observance à 15h. Infos ici.

Non je n'ai pas fait une faute de frappe, le titre de cette comédie s'écrit bien comme ça. Et forcément, puisque c'est la mort itself (himself en l'occurrence, c'est un homme) qui s'invite sur scène, tout en noir et avec sa grande faux. Elle s'invite chez un couple en crise et va tenter de les rabibocher, à moins qu'elle ne vienne les chercher, tout simplement...?

Je vous le dis directement, c'est une bonne comédie, plutôt genre comédie de boulevard, mais avec un thème beaucoup plus original que des histoires de maitresses et d'amants ou de pseudo politique. La mort, hyper maladroite et pas tellement crédible, qui vient mettre le boxon dans un couple qui vit dans un appart séparé en 2 par une ligne de démarcation en scotch (celui qui colle pas celui qui se boit). Les gags s'enchainent, avec quelques bons jeux de mots (parfois bien lourds), des quiproquos, des références bien pourries (ah oui vous risquez d'avoir une certaine chanson de Francis Lalanne en tête en sortant je vous préviens!).

Les acteurs sont bons, j'ai vu la version lyonnaise de la mort, càd interprétée par Yann Guillarme, qui aura réussi, avec ses pitreries probablement improvisées par moments, à faire piquer quelques fous rires à ses 2 collègues (entrainant la salle dans son délire, bien sûr!). Un vrai coup de coeur ce mec, qu'est-ce qu'il est drôle! je vous en reparle dans mon prochain article.

En résumé, "Si je t'attrape, je te mort", c'est moins débile et moins 15ème degré que "qui a tué le cadavre mort?" (du même auteur), mais ça reste un bon moment de détente sans prise de tête!

Infos pratiques : "Si je t'attrape je te mort", tous les soirs à 22h au Palace. 19,5 euros, 13 avec la carte off. Détails ici.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #AvignonLeOff2013, #Théâtre, #AvignonOff2014, #avignonOff2015

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Publié le 17 Juillet 2013

Etre ou ne pas être

Encore du Shakespeare, me direz-vous? Eh bien non! "Etre ou ne pas être" est un spectacle de Commedia dell'Arte! C'est l'histoire d'un comédien, qui rêve d'interpréter de grands monologues shakespeariens, et de les enchainer en jouant un personnage. Ou plutôt, c'est l'histoire du personnage, qui joue le comédien qui l'a trouvé et qui l'a kidnappé car il veut "être, et ne pas pas être, voilà sa réponse!"... vous suivez toujours?

J'avais lu dans les critiques que c'était moitié théâtre classique, moitié commedia dell'arte. C'est plutôt 10 % - 90% les proportions! On a droit à quelques petits morceaux de monologues, mais l'essentiel n'est vraiment pas là!

Mon impression en sortant du spectacle est mitigée. Je pense que le fond de l'histoire est un peu mince, j'ai trouvé ça un peu long, ou en tout cas, j'ai eu l'impression que ça tournait en rond par moment. Beaucoup d'humour, d'improvisations avec le public, beaucoup d'interactions... C'est un peu un one man show / du stand up mais version Commedia dell'Arte! Et puis à un moment, ça devient triste. Un peu comme chez Boujenah, il y a une certaine similitude d'univers et de ton, en plus italien ici évidemment!

Bref, une belle performance, des passages très drôles, mais pas tout à fait convaincue au final! Et La Luna n'est pas une salle à conseiller aux personnes ayant de longues jambes, c'est un coup à se prendre mal au dos pour 2 jours!

Infos pratiques: "Etre ou ne pas être", tous les jours à 16h à la Luna. 16 euros, 11 avec la carte Off. Détails ici.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #AvignonLeOff2013, #Théâtre, #commedia dell'arte

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