Publié le 29 Octobre 2013

Sport fiction

Comme je l'ai déjà mentionné, j'aime plutôt bien la danse contemporaine, ou certaines choses en danse contemporaine, même si je ne sais pas toujours comment vous en parler... Mais essayons à nouveau.

Frédéric Flamand fait partie de ces chorégraphes que j'apprécie et dont je vais voir les créations dès que j'en ai l'occasion. La semaine dernière, Wolubilis programmait "Sport fiction". Création assez particulière, puisque réalisée dans le cadre de Mareille, capitale européenne de la culture 2013, et destinée à être jouée en plein air devant 5000 personnes.

Effectivement, dans une salle de spectacle, on ressent un peu ce décalage... Il s'agit plus d'une performance que d'un ballet, et le nombre de danseurs sur scène est quasi toujours très important. Comme le titre l'indique, les différents tableaux tournent autour du sport, des sports, avec le support de projections vidéos, de très nombreux costumes chatoyants et originaux et de jolies lumières.

Par rapport à d'autres création de F. Flamand et du ballet de Marseille, je dirais que sport fiction manque un peu de finesse. Pas de précision, car tous les déplacements semblent réglés au millimètre, mais on est plus dans la vue d'ensemble et le tableau, les grands mouvements amples de tous les danseurs, que dans la finesse d'un geste et la grâce d'un danseur seul. C'est tout à fait logique et cohérent avec le cadre et le contexte de cette création, mais c'est aussi la raison pour laquelle ce ballet ne sera pas mon préféré de F. Flamand. Les tableaux sont parfois un peu longs et répétitifs, disons qu'il y a souvent différents groupes qui ne font pas la même chose, mais j'imagine que l'idée est aussi que les spectateurs puissent apprécier les différents mouvents, donc avec l'ampleur et la distance, il faut répéter plus.

Voilà. A part ces petits bémols, j'ai beaucoup aimé l'ensemble, certaines manières d'illustrer les sports sont très originales (on a l'impression de les voir jouer au baby foot au début, à basculer autour de barres de métal!), les passages sur la passerelle en hauteur sont très réussis, les ballerines qui boxent aussi, c'est très entrainant et dynamique, plein de couleurs et d'énergie et d'humour, mais un peu moins de sensibilité/sensualité que parfois. (toutefois la fille que je suis doit avouer qu'elle a apprécié le tableau 'natation'... quels corps d'athlètes, ces danseurs! ;-) J'avoue avoir par moments perdu un peu la vue d'ensemble...)

Infos pratiques : visiblement le spectacle sera repris à Marseille en fin d'année. Sinon, pour d'éventuelles dates de tournée, je vous conseille le site du ballet de Marseille!

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Rédigé par Emelle

Publié dans #danse

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Publié le 28 Octobre 2013

Des fleurs pour Algernon

S'il y a une pièce que j'avais hâte de voir cette saison, c'était bien celle-ci. « Des fleurs pour Algernon ». J'en avais entendu parler, vu l'un ou l'autre extrait, ... J'avais donc de grande attentes vis à vis de ce spectacle.

Grandes attentes peuvent parfois mener à grandes déceptions... Eh bien je vous rassure tout de suite je n'ai pas du tout été déçue par « Des fleurs pour Algernon ».

Cette pièce est tout simplement superbe. Vraiment. Pleine de sensibilité, d'émotions... Le genre de pièce dont on ne ressort pas tout à fait indemne et qui vous procure encore quelques frissons quand vous y repensez. Qui vous fait réfléchir aussi, avec une certaine tristesse parfois, même si ce n'est pas du tout une pièce larmoyante ou pleine d'(auto-)appitoiement.

L'histoire est tirée d'un roman de Daniel Keyes. Charlie, un homme simple (d'esprit, et pas débile... disons, doté d'un QI très faible, mais il s'en fout il ne sait pas qu'il en a un!), va vivre une expérience unique. Ou plutôt, il va servir de cobaye à l'insu de son plein gré, à une expérience scientifique, déjà testée sur une souris, Algernon. Une opération de chirurgie au cerveau a permis de tripler le QI de la souris Algernon. Deux professeurs vont donc essayer la même chose sur Charlie. Si l'amélioration est progressive, elle est réelle, et petit à petit, Charles Gordon (qui perd son « i » en devenant intelligent) acquiert des connaissances énormes et devient un esprit brillant. Mais la souris montre des signes de faiblesses et de dégénérescence, et finira même par mourir, alors.... Ce brillant esprit s'éteindra-t-il lui aussi inexorablement pour re-sombrer dans la débilité d'un QI inférieur à 70 ?

Je ne crois pas dévoiler un grand suspense en disant que oui, bien sûr, et c'est ce que raconte cette pièce... Ou plutôt ce que raconte Charlie, seul en scène, évoquant de nombreuses anecdotes de tous ces moments de vie, avec tendresse et naiveté, surtout au début. On s'amuse lorsqu'il raconte les tests des taches d'encre avec son professeur, ou ses combats de sortie de labyrinthe face à Algernon, qui le bat chaque fois. On souffre pour lui quand on comprend que ses amis, à l'usine, se moquent de lui et qu'il ne s'en rend même pas compte, on souffre encore plus quand, devenant intelligent, il s'en aperçoit. On s'émerveille de ses progrès, marqués par l'apparition du second degré, de l'ironie... Bref ce petit bonhomme, avec ses mots d'abord simples puis compliqués nous touche. Et nous met face à des questions, aussi : finalement, n'était-il pas plus heureux quand il ne se rendait pas compte qu'il était simple d'esprit ? La peur du gouffre et de redescendre quand on est monté haut, cela en vaut-il la peine ? L'intelligence, la connaissance rendent-elles seul, ou nous permettent-elles juste d'avoir conscience de notre solitude profonde ?

Il faut dire que la performance de Grégory Gadebois est époustouflante ! Sa métamorphose progressive, dans un sens et puis dans l'autre, est pleine de justesse et de sobriété, et d'émotions diverses qu'il fait passer au public. Il est question de courbe de Gauss dans la pièce, de distribution normale de probabilité si vous préférez, bref de 'courbe en cloche'... Cette courbe est présente partout, dans le texte (brillamment adapté et très agréable à suivre, un monologue d'1h20 pas du tout barbant!), dans la mise en scène et dans le jeu de Grégory Gadebois, qui a mérité la récompense que lui a valu cette pièce, et la standing ovation à Wolubilis. Vraiment !

Infos pratiques : je crois que le spectacle est en tournée cette saison, renseignez vous et s'il se joue près de chez vous, n'hésitez pas une seconde, allez-y c'est un moment de théâtre riche, intense et rare !

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Coup de coeur

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Publié le 6 Octobre 2013

Silence en coulisses

Si cette pièce n'est peut-être pas "la pièce la plus drôle du monde" (ne serait-ce que parce que je n'ai pas vu toutes les pièces comiques au monde pour juger ;) ), on passe un bon moment de divertissement en allant voir "Silence en coulisses"!

Je dois avouer qu'en plus d'avoir ri, je suis surtout sortie de ce spectacle impressionnée par le talent des acteurs et du metteur en scène (chapeau Monsieur Daniel Hanssens) tant la précision et le rythme sont importants dans ce spectacle. Ca semble par moments être, passez-moi le terme, un grand n'importe quoi bordélique, sauf qu'évidemment ça ne l'est pas, que tous les déplacements, gestes, déplacements d'objets doivent être précis au millimètre et à la seconde près, histoire que chacun et chaque chose soit précisément à sa place au bon moment pour susciter le rire et une situation cocasse et inattendue pour les personnages.

Pour que vous compreniez, il faut que je vous explique un peu l'histoire et la mécanique du spectacle (sans trop en dévoiler quand même!). En gros on peut dire qu'on a 3 parties:

  • d'abord, la répétition d'un vaudeville (une histoire de sardines et de nombreuses portes qui claquent). On voit donc à la fois le vaudeville (caricatural à souhait, avec tous les ingrédients classiques, couples qui ne devraient pas être là, bonniche dépassée mais qui arrange les choses à peu près, quiproquos et dialogues de sourds, sans oublier la révélation finale improbable) et aussi les acteurs qui se mélangent les pinceaux (Marie-Hélène Remacle, parfaite dans son rôle et qui m'a fait penser à Valérie Mairesse dans "Pouic Pouic" (la pièce hein!) pour le côté 'bonne volonté mais tête en l'air'), les hésitations métaphysiques des comédiens (Didier Colfs, très drôle, tout comme Denis Carpentier qui ne termine pas ses phrases...), les ragots pendant les pauses (propagés sans malice par une Laure Godisiabois très en forme), les interventions de dieu, pardon, du metteur en scène (Pascal Racan, égal à lui-même et que me fera toujours rire rien qu'en disant "mais non...")
  • Une représentation de ce même vaudeville, en début de tournée, mais vue des coulisses: le décor a tourné et on en voit l'envers, pour une fois, et comment les petites animosités et grandes rancoeurs entre les comédiens de la troupe vont mener à des catastrophes plus ou moins rattrapées côté scène, enfin on l'espère, quand un accessoire n'est pas là où il devrait être ou qu'un comédien est trop occupé à saigner du nez pour faire son entrée à temps....
  • La dernière représentation de la tournée, cette fois à nouveau vue du public et avec décor à l'endroit, mais avec une troupe qui visiblement ne se supporte plus vraiment, et où les catastrophes s'enchainent même si certains tentent d'improviser pour maintenir un semblant d'histoire et rattraper le coup (et j'ajouterai que le fait que personnage joué par Victor Scheffer soit par contre incapable d'improviser une réplique quand il a un trou de mémoire m'a fait marrer ;) )

Si la première partie est un peu lente (et un rien longuette, mais il faut bien qu'on assiste à la 'vraie' pièce une fois, sous peine de ne pas comprendre à quel point ça part en sucette par la suite), le rythme s'accélère dès la 2ème partie pour s'emballer dans la 3ème, et comme je le disais plus haut, pour tenir ce tourbillon, on imagine à quel point la mise en scène doit être précise! La 2ème partie réussit aussi à nous faire rire quasiment sans texte, on entend juste de loin les répliques côté scène, mais ce qui se passe en coulisses est surtout de l'ordre du mime!

Bref... même si je dois admettre que ce n'est pas le genre de pièce qui me fait le plus rire (comique de situation et visuel quasi uniquement, le texte manque quand même un peu de subtilité, et finalement on entend les répliques du vaudeville 3 fois quand même... Bon ok pas exactement correctement, mais quand même!), j'ai passé un bon moment, c'est loufoque et on se laisse prendre dans le tourbillon d'énergie des acteurs (vraiment tous à la hauteur!) et le cocasse des situations qui s'enchaînent! A voir pour un moment de détente sans prise de tête, en somme !

Infos pratiques: Ben... j'avoue que j'y suis allée un peu tard puisque là c'était une reprise de la saison passée... Donc pas de dates prévues pour l'instant, mais gardez un oeil sur la comédie de Bruxelles on ne sait jamais (et allez voir leurs autres spectacles aussi!)

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Bruxelles

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