Publié le 29 Décembre 2013

Numéro 16, un parfum d'élections

Ah, le nouveau "Sois belge et tais-toi"! Enfin, je l'ai vu (samedi dernier), enfin je vous en parle! Bah oui, pour ceux qui ne le savent pas encore (s'il y en a?), je suis une ... fidèle adepte de ce spectacle et de cette joyeuse bande... Enfin, dit comme ça, ça sonne un peu secte, alors n'exagérons rien, mais en tout cas je suis fidèle à ce spectacle depuis des années, sans perdre mon sens critique pour autant (oui, il y a des éditions que j'ai moins aimées que d'autres! Non, "Sois belge" n'est pas génial par nature et parce que c'est "Sois belge", mais pour plein de bonnes raisons! )

Bon, cette mise au point étant faite, passons au vif du sujet! Pour ceux qui l'ignoreraient, "Sois belge et tais toi" est un spectacle satirico-politico-humoristico-belge (ou le contraire, mettez les adjectifs dans l'ordre que vous voulez!), qui chaque année nous offre pendant plus de 2h30, une version revue (et corrigée, évidemment... ;) ) de ce qui a fait l'actualité (essentiellement) belge de l'année écoulée. Oui, oui, un nouveau spectacle chaque année!

Ou presque. Et une fois n'est pas coutume je vais commencer par le bémol que je mets au spectacle de cette année: il y a quelques 'reprises' : un texte (sur la langue de bois), une chanson (à une phrase près), quelques répliques, de-ci, de-là... Evidemment ça ne dérangera sans doute pas grand monde, mais c'est quand même pas ma faute si, ayant vu chaque "cuvée" au moins 4 fois (entre les 'live' et les DVD), j'ai mémorisé une bonne partie des textes? Sachez que c'est involontaire, mon cerveau retient particulièrement bien ce qui me fait rire! Donc, voilà, petit bémol pour moi cette année, quelques redites.

Mais à part ça... Cette cuvée 2014 (ce cru? non ça reste un vocabulaire oenologique, comment on dirait pour un parfum?) est très réussi!

Comme toujours, les textes sont pleins de finesse et d'intelligence, pas tendres avec certains/certaines situations, mais toujours corrects et sans populisme! (bon, ok, ils ont un peu cédé à la facilité pour certaines vannes sur Maggie de Block, mais elle n'a pas l'air de leur en vouloir alors...). Beaucoup de chansons cette année j'ai l'impression, ou simplement, plus longues que d'habitude? En tout cas c'est sympa, les textes en sont particulièrement bien sentis, presque encore meilleurs que d'habitude! Et je dois dire que "Lequel de vous", reprise d'une des dernières chansons de Patrick Bruel, est étonnante: c'est fou comme certaines phrases gardées des vraies paroles fonctionnent bien avec le thème de cette parodie (thème qui m'accroche particulièrement je l'avoue, lequel de nos politiciens acceptera d'admettre des erreurs ou que tout ne va pas bien, histoire de réconcilier un peu l'opinion publique, les gens, avec le monde politique...). Par contre juste un petit message à Baudouin Remy, je crois que Bruel a un peu mué depuis et qu'il est un peu moins aigu maintenant, sinon le côté rauque c'était parfait ;)

La mise en scène est à nouveau soignée, et comme l'an dernier, l'utilisation de la vidéo est brillante, et amène un vrai plus tout en 'occupant' les transitions! Côté imitations, bah comme toujours, c'est parfait, et parmis les nouveaux personnages, je dois dire que Michel Lecomte m'a fait éclater de rire, c'est tellement ça! J'aurais été incapable de dire quels tics, quelles intonations le caractérisaient, et là... oui, ça semble évident, c'est lui! Bravo à Baudouin Remy, décidément très doué en observation ! (oui, ok, ce n'est pas une révélation, mais il arrive encore à me surprendre et me bluffer...). Sinon, Elio, Charles et Joëlle restent mes préférés...

Un mot encore sur les sujets abordés cette année... D'abord l'intro est très chouette, originale et bien pensée (pas de 'stand up' des Remy pour démarrer du coup, mais j'avoue je préfère ce qu'ils ont fait cette année - et connaître les prénoms des comédiens et leur 'background', ben ça aide, mais ils ont bien joué là dessus!). Ce numéro 16 parle beaucoup de la famille royale (un peu trop à mon goût, mais c'était logique... Mais bon, si je devais éliminer un sketch, ce serait le colloque singulier entre Bart et Philippe...), de politiciens qui s'écoutent et tentent de nous hypnotiser pour les élections (Elio en Kaa, ça marche visiblement... finalement, quand je disais que ce n'est pas une secte...), double langage et langue de bois, des 2 côtés de la frontière linguistique (et une séance de mime communautaire de toute beauté), un morceau d'anthologie avec les explications de la réforme de l'Etat (que j'aime Stéphanie Coerten quand elle part en vrille comme ça!), une 7de les bien meilleure que la 6ème (avis personnel, ça commençait à me lasser), l'enseignement, des pandas, un sketch hilarant sur Ryanair (oui, je suis sûre de ne pas vouloir annuler la confirmation de ce que je viens de dire...)... Et donc, les diables rouges! Ce sketch clôture le spectacle (avant la chanson finale) et il m'a fait rire aux larmes. Voilà. Notamment Elio avec la perruque de... chuut, je vous laisse la surprise!

Bref, "Sois belge et tais-toi", ça reste une valeur sûre pour rire de notre petit pays et de nous mêmes avant les prochaines élections (en évitant de trop y penser quand même...).

Alors merci et bravo à (oui je les cite tous du coup!) : André et Baudouin Remy (qui sont aussi les auteurs, pour ceux qui ne le sauraient pas), Stéphanie Coerten, Elsa Erroyaux, Dimitri Oosterlynck (où diable était-il passé à la fin du spectacle samedi 21/12? Pas pu l'applaudir, snif!), Philippe Peters et Joël Riguelle. Sans oublier pour la mise en scène, Thibaut Nève, Philippe Rasse et Emmanuelle Mathieu.

Le spectacle "Sois belge et tais-toi" est en tournée jusqu'au mois de mai (a priori jusqu'au 16 au festival du rire de Rochefort... Tant qu'à terminer un 16, sympa d'avoir choisi celui là ;) ). Les dates se trouvent sur leur site officiel, enfin pas encore toutes alors allez voir régulièrement, ce n'est pas encore complet partout!
(oui, ça c'est mon autre bémol, pas l'air d'y avoir de dates à Bruxelles un week end en mars ou avril, comment je fais pour retourner les voir alors que je ne suis pas sûre des jours que je passe à Bruxelles en semaine moi? hein? Chef, si je bloque une soirée, ce sera une excuse suffisante pour ne pas aller à Paris ce jour là?...)

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Rédigé par Emelle

Publié dans #humour, #Coup de coeur

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Publié le 16 Décembre 2013

La bibliothèque d'André Dussollier

André Dussollier se promène en ce moment avec un spectacle, dans lequel il nous convie à passer un moment dans sa bibliothèque. Autrement dit, il lit/dit/joue des textes, piochés parmi les textes et les auteurs qu'il apprécie. Il y a de tout, des poèmes et des textes, plus ou moins courts, des citations aussi, d'Hugo à Ribes en passant par de Vigny ou Allais.

Si le talent de comédien de Dussollier est indéniable, j'avoue avoir quelques réserves sur ce spectacle-lecture. En effet, il manque une chose pour moi, c'est un fil conducteur, ou au moins, quelques transitions. Là, en fait, André Dussollier arrive sur scène, et commence à déclamer, à jouer, puis passe à un autre texte, puis un autre... il cite en général l'auteur à la fin du texte, mais à part ça, rien, même pas un petit mot du contexte, d'où l'extrait est tiré... Seul élément sur scène, un bureau avec les textes, et les pages qu'il tourne, parfois prenant le texte sous les yeux pour le lire, souvent le récitant de mémoire. C'est un peu froid et n'évoque pas vraiment une bibliothèque, j'aurais aimé des piles de livres et des étagères, de grands fauteuils...

Bien sûr, il a une voix agréable à écouter, une belle diction, des intonations adéquates, et certains textes se prettant à un jeu plus étoffé, il a le talent de les interpréter avec humour (et son visage toujours si expressif, regard pétillant) ou émotion. Mais l'ensemble est quand même un peu trop décousu à mon goût. J'aurais aimé plus d'explications, un moyen d'habiller l'ensemble. Et peut-être plus de cohérence dans l'ensemble des choix, passer sans transition d'un texte amusant sur (notamment) les fonctionnaires à "la mort du loup", c'est un peu étrange, on n'a pas le temps de rentrer dans l'émotion d'un texte qu'on passe à un autre. Bon, en même temps, heureusement qu'il y a un équilibre entre textes drôles et plus lourds/graves, sinon il y aurait de quoi plomber la soirée, mais du coup, on a tendance à rester spectateur et écouter mais pas vraiment rentrer dans les petites histoires qu'il nous raconte, et c'est un peu dommage, quand même.

Bref, un demi-déception quand même que ce spectacle. Certes Dussollier reste un comédien plaisant à écouter et à regarder, plein de malice dans ses mimiques lorsque le texte s'y prête... Mais je préfère le voir dans une pièce de théâtre suivie que jouant les lecteurs.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #lecture

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Publié le 11 Décembre 2013

Les palmes de Monsieur Schutz

J'ai entendu parler de cette pièce par hasard... Le nom de Daniel Hanssens, comédien belge que j'apprécie, parmi la distribution, ainsi qu'un souvenir très lointain mais positif du film du même titre, m'ont fait décider de profiter d'un déplacement professionnel à Paris pour aller voir "Les palmes de Mr Schutz".

Le théâtre Michel est un petit théâtre, et il était plein à craquer hier soir! Visiblement la pièce connait un grand succès, la preuve elle est prolongée jusque fin mars. A très juste titre: cette pièce est tout simplement géniale. Je n'ai que des louanges à en faire, j'ai vraiment adoré!

D'abord, l'histoire, et le texte. "Les palmes de Mr Schutz" raconte en fait la rencontre de Pierre Curie et d'une certaine Marie "machin"ska, leurs travaux, la découverte de la radioactivité et d'un nouvel élément métallique, le Radium. C'est donc une vraie page de l'histoire scientifique récente qui est évoquée ici, par le biais de scènes du quotidien des 2 chercheurs, de leur collègue Gustave Bémont, préoccupé avant tout par les brevets et la commercialisation de ses inventions, et de Monsieur Schutz, leur patron, qui rêve de gloire et d'un siège d'Académicien des Sciences. Argent, gloire, abnégation au nom de la science pure, de la connaissance, ou plaisir de la découverte et de la compréhension de l'inconnu, chacun a ses raisons mais au final, ce sont des grandes avancées qui sortiront de ce petit labo. La pièce arrive à nous raconter tout cela, cette ivresse, cette émotion d'une découverte fondamentale (oui mon côté scientique - je ne sais pas si je l'ai précisé sur ce blog, je suis ingénieur quand même à la base moi... - me rend sans doute particulièrement sensible à cette histoire, mais je pense que ce côté pionnier peut toucher tout le monde et qu'on peut se projeter et s'imaginer combien cela a dû être grisant, malgré la fatigue et les sacrifices, pour les vrais Pierre et Marie Curie, d'explorer de nouveaux territoires scientifiques.) Mais je m'égare, revenons à la pièce. Le texte parvient à être extrêmement léger, très drôle, tout en finesse et subtilité, et très accessible. Il n'est pas nécessaire d'avoir fait un Master en physique ou en chimie pour comprendre les dialogue, même lorsque les Curie expliquent leurs expériences.

En plus d'un sujet passionnant et d'un texte ciselé, les performances des comédiens sont parfaitement justes. Daniel Hanssens, que je citais, s'amuse dans le rôle de Mr Schutz, presqu'enfantin dans sa recherche naïve de gloire, et capable de piquer des colères noires! Guillaume Bouchede est savoureux dans un Bémont très épicurien au fond. Constance Carrelet est parfaite en Marie Curie, volontaire et une peu exaltée par le plaisir de la recherche. Benjamin Egner est également formidable dans le rôle d'un Pierre Curie un peu coincé, presque dogmatique, sauf quand il est obligé de boire... Enfin, parce que je m'en voudrais de ne pas les citer tous, Valérie Vogt amène gouaille et bon sens populaire au personnage de Georgette, et Michel Cremades est un recteur d'université très amusant.

Bref... Je ne vois que des arguments en faveur de cette pièce, je vous encourage donc à aller la voir si vous en avez l'occasion. Hier soir la salle comptait pas mal de lycéens qui ont suivi attentivement, et qui ont apprécié pour autant que j'aie pu entendre des commentaires à l'entracte.

Infos pratiques sur le site du théâtre Michel.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #France, #Coup de coeur

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Publié le 11 Décembre 2013

Black Comedy

Pour la fin de l'année, la Comédie de Bruxelles nous offre une comédie dans le noir...

Le concept de cette pièce est franchement original: la majorité de l'intrigue se passe dans un appartement plongé dans l'obscurité à cause d'une panne de courant. Du coup, les éclairages sont inversés. Quand les personnages sont dans la lumière, la lumière est basse et la scène plongée dans une semi obscurité. Et quand ils sont dans le noir, la scène est pleinement éclairée. Du coup, on assiste à des performances étonnantes des comédiens, puisqu'ils tatonnent, hésitent, se prennent les murs, bref tous ces comportements erratiques et un peu ridicules qu'on peut avoir dans le noir, sauf qu'ici ils sont en pleine lumière!

Cela donne donc des scènes assez cocasses... mais assez vite répétitives et c'est un peu léger pour tenir 1h20 de spectacle là dessus. Or, à côté de ça, l'intrigue est un vaudeville "classique", sans réelle surprise, et avec un texte pas particulièrement relevé. Certes, le rythme est plutôt soutenu, certains monologues sont très drôles (Catherine Claeys se donne à fond!), mais dans l'ensemble, j'ai été déçue. J'ai déjà vu Pascal Racan ou Victor Scheffer plus inspirés. Enfin, non, ils sont plutôt bons, c'est plutôt que la pièce n'est pas très subtile. De plus on retrouve dans cette pièce une partie de la distribution de "Silence en coulisses" et mis à part les 2 que je citais, j'ai eu l'impression de retrouver les autres dans le même genre de jeu, le même genre de personnages, que dans cette pièce. Et comme on joue à nouveau sur le burlesque, le comique visuel et le rythme sans atteindre le niveau de folie de "Silence en coulisses"... Bof.

J'ai eu du mal à rentrer dans cette histoire, et sans avoir détesté, je n'ai pas vraiment aimé non plus. Dommage parce que c'est une bande que j'aime bien, en général... Mais bon, j'y allais par curiosité pour le concept de jeu de "lumière inversée", sinon ce genre de comédie aux gags plutôt visuel ce n'est pas ma tasse de thé, donc c'est assez logique en somme que je n'ai pas adoré!

Infos pratiques sur le site de la comédie de Bruxelles

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Bruxelles

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Publié le 10 Décembre 2013

Come on !

Aujourd'hui, sur ce blog, j'ai décidé de faire mon "coming out"... je suis fan de Patrick Bruel! Et d'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi ça surprend toujours les gens. Non, il n'y a pas de honte à ça. Oui, on peut militer pour un concert des Joyeux Urbains en Belgique, aller au Metal Female Voices Fest ET écouter Patrick Bruel. Ce n'est pas incompatible. Pour ceux qui sont restés bloqués sur l'image de Patriiiiiiiiick et ses groupies hystériques dans les 90's, d'abord sachez que même à l'époque ça devait pas forcément lui correspondre, et de toute façon, il a changé depuis, et son public aussi. Quasi plus de fans hurlantes et dans les pommes rien qu'à apercevoir son bandana ;)

Bref... Donc, ceci mis au point, je peux ajouter que j'ai vu quelques fois Bruel en concert (sur des tournées différentes) et que je l'apprécie particulièrement sur scène. L'un de ses concerts, c'est toujours un bon moment, une chouette ambiance... J'étais donc à peu près prête à braver la pluie jeudi dernier pour attendre devant Forest National et assister à un concert de la dernier tournée de Bruel.

Mais cette fois... ce ne fut pas comme d'habitude. Pas juste un bon moment. Cette fois, ce fut exceptionnel! Le spectacle avec lequel il tourne pour l'instant, basé sur l'album "Lequel de nous?", est juste magnifique. Bel équilibre entre chansons anciennes incontournables et nouveaux morceaux. Entre moments d'énergie et d'émotion. Entre chansons lentes et plus pop/rock. Entre chansons où l'on s'époumonne sur les paroles (franchement il est sourd Patrick pour ne pas entendre nos "Lâche toi!"), et moments d'écoute quasi silencieuse. J'ai été surprise de la qualité d'écoute de ce public (Forest, c'est 8000 personnes quand même), capables de partager un moment plus calme, sur une chanson plus touchante.

Il y a plein de petites idées sympa dans ce concert. Ce medley des chansons "qu'on n'entendra pas" (et cette auto-dérision qu'a toujours Patrick Bruel vis à vis de son ancienne image), par exemple. Et puis surtout, et je pense que c'est la première fois lors d'un concert de Patrick Bruel, il y a quelques danseurs (un peu hip hop, un peu danse contemporaine, selon les morceaux - et, oui, Patrick esquisse quelques pas de danse aussi. Avec plus ou moins d'élégance, mais disons qu'il s'améliore...), et un écran, une sorte de miroir où, quand on ne voit pas des gros plans du chanteur filmé en direct par les caméras dans la salle (ce qui permet de profiter de ses mimiques même au delà du 5ème rang), défilent des images. Et c'est peut-être une des forces de ce concert, sur certains morceaux le chanteur s'efface devant les images. Celles sur "Combien de murs" m'ont particulièrement happée, même si elles ne sont pas très optimistes. Même chose pour "Les larmes de leurs pères", superbe moment qui m'a filé des frissons.

Et qui m'aurait sans doute fait pleurer si j'y étais allée la veille... J'ai vu quelques images sur internet, la surprise orchestrée par des fans était très belle, ces fleurs blanches lorsqu'"un souffle dans le vent a semé le printemps"... Touchant, symbolique... Evidemment la surprise du jeudi était dans un autre registre... Mais cette ambiance brésilienne sur "Décalé" était chaude et a a priori touché Patrick aussi. Bravo aux personnes qui ont préparé ça, en laissant des serviettes partout dans la salle avec un petit mot d'instruction agrafé dessus!

Je pourrais vous raconter encore plein de choses, des mélanges improbables entre... Tunis et l'Egypte (ça aurait plu à ma maman!), un détour par l'Angleterre et les Stones... Mais je ne vais pas tout dévoiler. Je vous dirai juste que le lendemain matin... voix un peu éraillée, léger mal de gorge, étoiles dans les yeux... chansons dans la tête et mélange d'émotions, ce vide d'après les concerts et ces souvenirs en vrac, et cette envie d'y retourner, vite... Je crois que je n'avais pas eu ces symptômes aussi fort depuis un concert de Goldman en 2002. Merci, monsieur Bruel, pour cette sincérité, vous m'avez semblé moins acteur et plus homme, simplement, sur ce concert. Toujours ces petites transitions marrantes, ces anecdotes, mais une dimension plus personnelle que d'habitude, encore plus sincère.

Alors si Patrick Bruel passe chanter près de chez vous, et que vous n'êtes pas totalement allergique à sa voix et ses chansons, allez-y. Vous vivrez un moment d'enthousiasme et de complicité entre un chanteur et son public, qui font preuve d'un vrai respect mutuel, et ça mine de rien c'est pas si courant!

Edit 11/12 : Ca m'apprendra à écrire mes articles à peine réveillée dans le Thalys vers Paris... J'ai oublié de mentionner que nous avons eu beaucoup de chance, en ce jeudi 5 décembre. D'abord, nous avons entendu Patrick Bruel nous chanter "l'arc en ciel", la chanson qu'il avait écrite et reprise pour le Téléthon. Il nous a chanté la version solo, bien sûr, mais comme le public s'est un peu plaint qu'il soit seul (enfin, ou pas, c'était pas très clair, faut dire qu'il nous a embrouillés avec ses questions et les sous entendus derrière!). Toujours est-il que, surprise, Maurane l'a rejoint sur scène pour un "J'te l'dis quand même" au piano et en duo... Superbe, et puis Maurane a officiellement (et devant un paquet de témoins) demandé à Patrick de lui écrire une chanson! A suivre...

Et je profite de cette édition d'article pour ajouter que la photo qui l'illustre provient du compte twitter de Patrick Bruel et c'est une vue depuis la scène de l'ambiance Brazil sur Décalé.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #concert, #Compte rendu, #Coup de coeur

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Publié le 3 Décembre 2013

Youri

Comment vous parler de cette comédie satirique et surtout, très décalée, présentée jusque fin 2013 au théâtre Le Public? "Youri", c'est... c'est qui, au fond, ce Youri? Ne comptez pas sur moi pour vous le dire...

Ce que je peux essayer de vous raconter, c'est l'histoire, en quelques mots: un couple en crise, après 10 ans de vie commune et un désir d'enfant qu'ils ne parviennent pas à concrétiser, va "basculer" dans une situation étrange, après que madame ait décidé de faire une surprise à monsieur en lui ramenant un enfant. Youri. Un Russe, forcément, avec un nom pareil... Enfin, un enfant... un ado, même. 13 ans, à la grosse louche? (et s'il y en a un peu plus, je vous le mets quand même!). Elle l'a ramené du supermarché ("ils vendent des Russes, maintenant, à Cora?"). Il est muet, ou débile, ou juste étranger? A moins qu'il ne s'agisse d'un martien? Le couple va petit à petit tenter de vivre avec cet "enfant" qui risque de bouleverser un peu leur quotidien. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises, "bordel de chèvre!"

Bon, quand on lit le résumé, il faut l'avouer, cette pièce fait un peu peur. Elle n'est pas banale en tout cas, mais aborde des thèmes finalement très "classiques" et qui parlent à tous (le couple, le désir d'enfant, la société et ses codes, le racisme...). Sous un angle absurde et surréaliste. Avec un humour cinglant et cynique, "un peu" noir... Les clichés volent, les répliques fusent, le ton monte... On rit de bon coeur des travers de cette drôle de famille, de ce miroir déformant qui montre quand même, dans le fond, une certaine réalité, qui serait très dérangeante si elle n'avait pas cette touche d'humour et de surréalisme.pour apporter du recul.

La mise en scène fonctionne bien, on est emporté par le tourbillon d'actions et l'énergie de la pièce. Et surtout, les comédiens sont impeccables! Jolie performance d'Isabelle Defossé en épouse totalement névrosée (et pas toujours très fut-fut), d'Alain Eloy en mari dépassé qui perd pied et patience, et de Vincent Sauvagnac, dans un rôle pas évident et quasi muet... Ses mimiques et ses sourires apportent au personnage de Youri du mystère et un côté un peu effrayant...

Bref, je ne peux que vous conseiller d'aller vous faire une idée par vous-même du contenu de cet OTNI (objet théâtral -au genre - non identifié) au théâtre Le Public. Vous avez jusqu'au 31/12/13 pour cela!

Infos et réservations sur le site du Public : ici

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre

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