Publié le 18 Juillet 2014

Le clou du spectacle

Reprise OFF 2015 au théâtre des Barriques à 21h45, infos ici.

C'est à un sacré exercice d'interprétation que se livrent Alexandre Foulon et Mathieu Davidson pendant près d'1h30 dans "le clou du spectacle"! A deux, sans décors, sans costumes, ils parviennent à faire vivre 16 personnages différents et nous raconter une histoire, certes totalement rocambolesque et déjantée, mais une histoire qu'on comprend et qu'on parvient à suivre! Pourtant, mis à part une petite présentation succincte de chaque personnage à sa première apparition, rien ensuite pour nous rappeler de qui il s'agit, juste des caractéristiques reprises par le comédien pour identifier le personnage : un accent, une posture, un geste...

Franchement, tenir le rythme (parce qu'ils débordent d'énergie et enchainent les personnages très rapidement!) pendant 1h20, chapeau! Je me souviens d'un sketch dans lequel Garnier et Sentou appliquaient cela aussi, passant d'un perso à l'autre dans une "bricothèque", c'est un peu le même principe ici (si vous voyez de quel sketch je parle ça vous donnera une idée du style du spectacle), mais à une autre échelle, ici il y a 16 personnages, et ça dure un peu plus longtemps qu'un sketch! :)

L'histoire du "clou du spectacle"? Oh, je ne vous dévoilerai pas trop d'éléments pour maintenir le suspense... Au début, 2 quidams, Denis et Julien, se retrouvent à l'entrée du purgatoire, face à St Pierre qui a égaré leurs dossiers... Ils ne se souviennent plus de la façon dont il sont arrivés là... Alors ils vont reprendre ce dont ils se rappellent depuis le départ, lorsque quelques jours plus tôt, ils se sont présentés dans un théâtre pour une audition pour les rôles de Mercutio et Tybalt dans Roméo et Juliette... Et ils vont raconter à St Pierre tout ce qui s'est passé jusqu'au moment fatidique où ils sont morts... Au passage, nous allons croiser le personnel et le directeur du théâtre (plutôt miteux), le metteur en scène (complètement à l'ouest, enfin du sud, mais à l'ouest quand même, et avec une vision, disons, personnelle de Roméo et Juliette), les comédiens qui jouent les autres rôles (une drôle de faune, qui va du fumeur de joints à l'alcolo en passant par le vieux qui fournit tout le monde en ... café, et le jeune premier qui se la raconte grave). En résumé, une belle bande de bras cassés! Et évidemment, rien ne va se passer comme prévu, ni lors des répétitions, ni lors de la représentation (essentiellement vue des coulisses), où tout ira de catastrophe en catastrophe, jusqu'à... vous verrez bien si vous allez voir le spectacle!

Comme je l'ai écrit au début, c'est évidemment totalement "perché" et improbable, avec des personnages forcément caricaturaux (il faut quand même des moyens de les reconnaitre, s'ils étaient tous calmes et équilibrés on se perdrait dans l'histoire!), mais...c'est évidemment de cet excès que naissent les situations drôles!

Bref, un spectacle sympa, débridé, énergique, et une belle performance des 2 comédiens! (Et une façon pas prise de tête de terminer Avignon, puisque c'était le dernier spectacle pour moi pour cette année, demain retour en Belgique...)

Infos pratiques : tous les soirs sauf le 22 juillet à 21h à la maison IV de chiffre; durée : 1h20; tarif : 14 euros, 8 avec la carte OFF.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #AvignonOff2014, #avignonOff2015

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Publié le 18 Juillet 2014

Le cabaret Sherlock Holmes

Un cabaret Sherlock Holmes? Non, non, rassurez-vous, il ne s'agit pas d'un spectacle dans lequel Sherlock, Mycroft, John and co chanteraient et danseraient en mode "welcome to cabaret!" (encore que l'image pourrait être très drôle... ). C'est plutôt à comprendre dans le sens "théâtre de foire", où un bateleur (le Dr Watson) inviterait le public à découvrir un monstre, un monstre d'intelligence bien sûr, un cerveau, le grand, l'unique Sherlock Holmes!

La pièce ne présente donc pas vraiment d'enquête menée par le célèbre détective consultant mais plutôt un portrait de Sherlock Holmes, à travers des scènes de sa vie à Baker Street et ses interactions avec John Watson, avec des clients aussi (donc on a bien quelques éléments d'intrigues policières mais pas forcément en entier, et uniquement dans le but de dépeindre un peu plus Sherlock Holmes.

C'est plutôt bien écrit, assez fidèle au canon de Conan Doyle pour autant que je puisse en juger (je ne suis pas une grande spécialiste), on retrouve les éléments clés bien connus de tous, d'autres références peut-être moins connues... En tout cas dans l'ensemble je pense que le portrait de Holmes est assez fidèle.

Le point fort de ce spectacle, c'est son originalité! La mise en scène est vraiment bien pensée (bon, sauf le moment où Irene Adler danse le flamenco, j'ai pas trop compris le but et surtout des talons qui résonnent dans une toute petite salle, mes oreilles n'aiment pas). Mais à part ça il y a quelques trouvailles, avec un début totalement inattendu (je ne vous en dirai pas plus...), une fin également très originale (même si elle s'éloigne un peu de Conan Doyle...), et beaucoup d'interactions avec le public puisque c'est un cabaret et que le public est donc bien sensé être présent dans la salle! Comme "angle d'attaque" pour parler de Sherlock Holmes, ce spectacle sort vraiment de l'ordinaire...

Par contre, pour moi, le point faible du spectacle c'est le jeu des acteurs, que je n'ai pas trouvés flamboyants! Oh, attention, ils ne sont pas mauvais, certainement pas, mais... C'est un peu plat, ça manque de nuances. Mis à part Sherlock qui oscille entre différents états, mais là encore je trouve que c'est un peu 'brut' comme passage de l'un à l'autre (mais sur ce point je peux admettre que c'est inhérent au personnage). Bon, j'avoue, mes standards en terme d'interprétation autour de Sherlock Holmes sont élevés, la faute à une certaine série de la BBC ;) (mais si vous savez bien, celle créée par le vil Steven Moffat et le sadique mais génial Mark Gatiss... oui bon pardon je m'égare ça n'a rien à voir!)... Bref, donc, j'ai tenté de faire abstraction du jeu de Cumberbatch et des autres, mais malgré tout, je trouve que le jeu des comédiens ici est trop d'un bloc, voilà! (même en comparant au spectacle vu l'an dernier, "l'extravagant mystère Holmes", très éloigné de la série "Sherlock" pour le coup mais où j'avais été séduite par le jeu tout en finesse des comédiens).

En fait je pense que mon problème principal avec la distribution de ce cabaret Sherlock Holmes, c'est que je ne les trouve pas du tout 'british'. Pour moi Sherlock Holmes c'est un "machin" tout fin, presque "éthéré" et très britannique, et John Watson aussi, c'est l'archétype du bon médecin militaire anglais, offrant a priori un contraste avec Holmes...

Bref, je suis mitigée par rapport à ce spectacle, je ne sais pas jusqu'à quel point je suis impartiale en terme de jeu d'acteur mais je pense quand même ne pas être totalement à côté de la plaque dans ce que j'ai écrit, par contre je salue vraiment l'originalité du spectacle!

Infos pratiques : tous les jours à 18h à l'Art en scène; durée : 1h30; tarif : 15 euros, 10 avec carte OFF.

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Rédigé par Emelle

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Publié le 17 Juillet 2014

Racine par la racine

Reprise Off 2015 : Espace Essaïon, 15h50. Infos ici.

Bon, je dois vous avouer un truc... j'aime pas Racine. J'ai essayé, pourtant, mais je pense que la version de "Phèdre" vue quand j'étais en rhéto (terminale pour les Français ;) ) ne m'a pas aidée à l'apprécier non plus. OK, il écrivait des alexandrins parfaits, mais bon sang, quelles longueurs... Je suis prête à admettre qu'Hamlet est assez bavard et parle plus qu'il n'agit, mais admettez que chez Racine c'est une habitude de faire ça, il ne se passe pas grand chose...

Donc, "Racine par la racine", j'étais curieuse de voir ce qu'ils avaient pu en faire... Eh bien je suis sortie de ce spectacle hyper emballée! Bon, attention, pour les inconditionnels de Racine ça risque de ne pas vous plaire, parce que l'air de rien ils ne sont pas tendre avec lui, et admettent que 300 vers plus tard, des fois, il ne s'est toujours rien passé... Pour les autres en revanche, et surtout tous ceux qui sont un peu fâchés avec ce cher Jean, ça devrait vous plaire...

"Racine par la racine" nous invite autour de la tombe de Racine, à le célébrer par la parodie! En 10 tableaux, 4 comédiens (si, si, ils sont 4, le 5ème est absent!) nous présentent de manière pédagogique, décalée et très très drôle, les 11 tragédies de Racine. A chaque fois, ils résument l'intrigue, et ensuite, ça dépend! Soit ils nous parlent de l'inspiration de Racine (fait divers chez les Grecs et commande divine pour les tragédies chrétiennes), nous proposent une interview exclusive de l'auteur en bonus, ou nous jouent (en toge, la plupart du temps) un extrait de la pièce de manière plus ou moins décalée : une bataille en ombres chinoises (avec un choix musical et des termes qui m'ont fait penser à "Studio impro", c'est malin! ;) ), du cinéma muet, de la comédie musicale made in Broadway, un film d'épouvante... Le tout, souvent en alexandrins, même s'ils ne sont pas toujours tous garantis 100% d'origine racinienne!

On s'amuse beaucoup, on apprend aussi (je ne suis pas une spécialiste des histoires racontées par Racine, je ne connaissais pas toutes ses tragédies)... Et on apprécie les extraits joués de manière plus classique, avec le texte de Racine à la virgule près, par des comédiens décidément doués dans tous les registres! Le dernier tableau reprend une scène de "Phèdre" (la scène 3 de l'acte 1) entre Phèdre et Oenone, jouée merveilleusement par les 2 comédiennes (bien mieux que dans la version que j'avais vue il y a 15 ans, au moins ici on ressent l'émotion derrière le texte!).

Je vous en ai probablement déjà trop dévoilé... Ce spectacle est plein de surprises et d'idées originales et vraiment emballant! L'adaptation et l'écriture, ainsi que la mise en scène, sont signées Serge Bourhis, qui est également l'un des comédiens, avec Julie Macqueron, Vincent Remoissenet et Aude Lanciaux. Pour l'anecdote, cette dernière, qui excelle à la fois dans le comique et dans le rôle de Phèdre, vous dira peut-être quelque chose. En tout cas moi j'ai passé le spectacle à me demander où je l'avais déjà vue... Grâce au web, je sais! Dans une web série qui a quelques années déjà, Hello Geekette! Absolument rien à voir, mais elle a décidément de nombreuses cordes à son arc, cette demoiselle!

Bref, je vous recommande chaleureusement ce "Racine par la racine", vraiment un bon moment, et puis si eux ne secouent pas Shakespeare, je note quand même que le Bard c'est un peu Dieu, donc ça me plait! ;)

Infos pratiques : jusqu'au 25 juillet à l'espace Essaïon, à 15h50; durée : 1h15; tarif : 17 euros, 12 avec carte OFF

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Publié le 17 Juillet 2014

On marche sur la tête!

Repris au Off 2015 : Théâtre Buffon, 13h15. Infos ici.

Cette "farce" adaptée d'Aristophane est étrangement actuelle... Pourtant, David Legras, l'un des comédiens et adaptateur nous l'assure: mis à part la scène finale et quelques adaptations dans la traduction parce que des éléments d'époque ne sont plus du tout parlants, ce sont bien les mots d'Aristophane, c'est bien l'intrigue qu'il avait imaginée il y a, en gros, 2500 ans... Oups...

Comme quoi, la société n'a pas beaucoup changé, finalement... Lisez plutôt : un pauvre et honnête vigneron, souffrant, selon son serviteur, d'indignite aigüe, n'en peut plus des injustices et de la pauvreté dans laquelle lui et une bonne partie de la Grèce doit vivre, alors que quelques-uns ont des richesses à ne plus savoir qu'en faire! Il décide donc d'aller se plaindre à Zeus et de lui demander s'il doit éduquer son fils à devenir voleur et tricheur, puisqu'apparemment, c'est ça qui paie! Mais c'est finalement sur Hermès qu'il tombe... Et ce dernier lui transmet un message sybillin... Qui l'amènera à rencontrer le Dieu Argent, que Zeus a rendu aveugle. Notre vigneron, avec l'aide de son serviteur et d'un mendiant, planifie alors de rendre la vue à Argent, histoire de faire disparaitre définitivement "La dèche" (qui ne l'entend pas de cette oreille!).

Piquant, mordant, d'une criante actualité, le texte est brillant, d'un niveau de langage assez élevé, mais parfois un peu argotique aussi (selon les personnages), moderne et agréable à suivre. La mise en scène, également signée David Legras, est sans concession, montrant la pauvreté dans toute sa crasse (le destrier sur lequel le vigneron atteint l'Olympe est... une benne à ordures), face au costume de golden boy d'Hermès; les comédiens interpellent les spectateurs, jouent un peu avec eux (notamment le mendiant...), nous impliquant un peu plus dans l'histoire et faisant résonner les propos dans toute leur actualité. Chacun dans leur style, ils jouent très bien, coup de coeur pour David Legras en vigneron révolté mais plein de sagesse, avec un côté patriarche et une jolie voix, et pour Laurent Richard, le serviteur, qui a un côté très "Audiardesque" si je puis dire, dans son jeu.

Infos pratiques : tous les jours à 13h10 au théâtre Buffon; durée : 1h15; tarif 18 euros, 12 avec carte OFF.

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Publié le 16 Juillet 2014

Le songe d'une nuit d'été

Je viens de réaliser que, contrairement à l'année dernière, je n'étais pas encore allée voir un spectacle labellisé "commedia dell'arte" au Off cette année. J'ai réparé cela en allant voir "Le songe d'une nuit d'été", dans une mise en scène de Carlo Boso : le texte de Shakespeare et un metteur en scène qui manie avec modernité les codes de la commedia dell'arte (et dont j'avais beaucoup apprécié le Othello en tragedia dell'arte), a priori ça promettait un résultat brillant.

Au final... je suis un peu mitigée. Le spectacle est réussi, il reprend la quasi intégralité du texte de Shakespeare (je ne le connais pas par coeur, il doit y avoir quelques coupures mais relativement petites, et quelques ajouts pour moderniser le texte, notamment en rapport avec la situation des intermittents et les craintes pour l'avenir des budgets culturels), les comédiens sont bons... Mais j'ai eu l'impression que la "patte" commedia dell'arte n'apportait finalement pas grand chose à la pièce. Bien sûr, ils jouent sur tréteaux et sur plusieurs niveaux, il y a des masques, des poursuites, des affrontements et quelques claques, ce côté grandiloquent et burlesque parfois, quelques chansons (mais qui ne sonnent pas vraiment 'italien'). Mais finalement j'ai l'impression que tout ça est presque déjà naturellement dans la pièce de Shakespeare, donc... je ne sais pas, je m'attendais à plus de surprises, à la découvrir sous un nouvel angle, et ça n'a pas été le cas.

J'ai vu une pièce bien mise en scène et bien interprétée, rien à dire là dessus vraiment, mais comme j'avais beaucoup aimé la mise en scène que Nicolas Briançon avait faite il y a quelques années pour ce "songe d'une nuit d'été" (et que Lorànt Deutsch m'avait paru un Puck tellement naturel, plein de malice, comme si au fond de lui il était en fait vraiment un esprit de la forêt, un petit farfadet bondissant)... je suis un peu restée sur ma faim hier soir.

Bref, si vous n'avez jamais vu "le songe d'une nuit d'été", allez-y c'est une belle version, profitez-en pour découvrir cette magique comédie de Shakespeare, pleine d'amours contrariées, de fées et d'elfes, et de comédiens amateurs drôlement pas doués - mais jouer la lune ou un mur, c'est pas évident! (oui, il y a une pièce dans la pièce, c'est assez courant chez Shakespeare). Si vous connaissez déjà bien la pièce, vous pouvez y aller aussi mais ne vous attendez pas à une révolution!

Infos pratiques: tous les soirs à 22h dans la cour du Collège de la Salle; durée : 1h45; tarif : 17 euros, 12 avec la carte OFF

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #commedia dell'arte, #AvignonOff2014, #Shakespeare

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Publié le 15 Juillet 2014

Improvisations avec un s

Oui, je sais, je vous ai dit que j'avais déjà à Bruxelles de quoi m'éclater comme spectatrice d'impro, mais... Là, d'une part c'était l'occasion de (re)voir plein de copines, et puis voir Tsamere et Joyet improviser ensemble, c'est a priori la promesse d'un bon moment bien décalé et de jolis fous rires!

Donc, Arnaud Tsamere, profitant sans doute du fait qu'Arnaud Joyet était à Avignon avec "l'homme d'habitude" (dont, au cas où vous auriez loupé ma critique, je vous parle dans ce billet), a décidé de fixer 3 petites dates seulement pour nous proposer un spectacle d'impro, avec également la touche féminine de Virginie Gritten (et Maxime Perrin pour l'accompagnement sonore et musical des impros).

Bon, je vais être honnête, je me demandais quand même un peu s'ils avaient un concept derrière ces "improvisations avec un s", ou s'ils avaient juste envie de s'amuser un peu. A priori, je dirais les 2... Clairement, ils se sont amusés (et nous, avec eux) ! Et ma foi, ils ont eu une idée toute simple, mais à laquelle il suffisait de penser : plutôt que de demander au public des thèmes (non parce que franchement, le public du sud... oui, du pôle sud, on a compris, en même temps moi j'm'en fous, je me sentais pas visée, je suis belge!), bref, plutôt que de nous demander des thèmes, ils ont récolté un paquet de tracts du Off, et ont décidé de tirer au sort parmi ces tracts, le titre de la pièce étant le titre de l'impro (dont évidemment le contenu n'avait a priori rien à voir avec la pièce, puisque ils n'ont pas vu tous les spectacles du Off!).

Vous me direz, ça ne leur fait pas des masses de contraintes, d'autant qu'ils décidaient eux-mêmes quand terminer l'impro. Mais ce sont des professionnels, alors juste ça, ça leur suffit pour partir dans des histoires certes rocambolesques mais avec en colonel lieutenant général, une trame plus ou moins construite, et même une chute ! Beaucoup de bonnes idées, quelques répliques qui seraient cultes si on les avait retenues, et quelques phrases sorties on ne sait d'où avec le décalage et l'absurdité que Tsamere manie si bien... Bref tous les ingrédients pour passer un bon moment, et 3 comédiens qui se sont donnés à fond (Arnaud Joyet aurait pu remplir une bouteille rien qu'en tordant sa chemise tellement il était trempé!).

Pour info, ce 15 juillet, ils ont improvisé sur les titres de spectacle suivants:

- A la table de l'éternité (du conseil d'entreprise d'une société on ne sait toujours pas de quoi, mais qui a au moins des archives et un local de pause, et où les prénoms se mélangent, n'est-ce pas Gwendal, enfin, Thierry!)

- Détractés (pas très parlant, du coup ils ont utilisé le sous titre : l'histoire presque vraie d'Alex et Laura, avec Tsamere en conseiller conjugal et une fin dansée où il nous a encore montré euh... voilà, tout son talent)

- Regardez mais ne touchez pas (rien à voir avec la pièce je confirme, par contre Tsamere a tenu à signaler à la fin que c'était un sketch, vu qu'il avait déclaré ne pas aimer les grosses... si c'est pas mignon d'éviter que les fangirls de Tsamere ne décèdent - ah non ça c'était le jargon de la 1ère impro pour le bonzaï - d'inanition ! ;) )

- La sorcière Latrouille (pas sympa la fin, donc si Arnaud Joyet monte sur le dos de la sorcière, elle meurt écrasée? Ksss.... ;) )

- La résistible ascension d'Arturo Ui (no comment sur le 'tu prends tes couilles à 2 mains et tu montes!" "mais avec quoi je tiens la corde?" "tu veux vraiment que je te le dise?")

- L'homme qui rit (parodie du IN, et je piquerai certainement à l'occasion la formule de Joyet : "c'est d'après Sophocle (...) de bien après!" la prochaine fois que je vois une pièce "d'après" un auteur alors que ça n'a rien à voir)

- J'dis ça, j'dis rien (une brillante stratégie militaire d'Arnaud Joyet, qui aura bien fait trainer en longueur le moment où il prononce le titre de l'impro, qui devait en marquer la fin... entrainant des remarques amusées et décalées de l'autre Arnaud. Ah j'avoue, comme ça, je les adore vraiment!)

- Le bal des abeilles (avec une Virginie Gritten en instit qui fait peur!)

- Ces gens là, qui sont ils? (drame social de l'exclusion dans un bistrot...)

- La guerre des sexes (avec un titre pareil et pour conclure... disons qu'ils sont partis sur l'idée d'une parodie porno de Star Wars... Et que la fin a fait dire à Virginie Gritten qu'elle ne cautionnait plus ce spectacle, et à mes voisines qu'elles devaient chasser l'image finale... enfin, ce que leur imagination a vu de l'image finale, au plus vite!! ;) )

Et évidemment, comme c'est de l'impro, même en vous racontant tout ça je ne dévoile rien, demain ce sera différent! :) Alors comme il n'y a déjà plus que 2 dates, allez prendre l'air sur l'île de la Barthelasse et vous amuser avec ces 3 improvisateurs!

Infos pratiques : les 15, 16 et 17 juillet à l'îlot chapiteaux, durée : 1h15; tarif : 20 euros, 14 avec carte Off.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Impro, #AvignonOff2014, #Compte rendu

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Publié le 15 Juillet 2014

Le roi nu

L'an dernier, ces gardiens de parc étranges distribuant des PV à payer en petits pois m'avaient intriguée mais je les avais croisés un peu tard pour caser leur spectacle, "le roi nu". J'ai réparé cette erreur cette année!

"Le roi nu" est une pièce d'Evgueni Schwarz, inspirée de 3 contes d'Andersen (le porcher, la princesse au petit pois et les habits neufs de l'empereur). Elle dénonce à travers le mode du conte de fée le pouvoir aveugle des tyrans qui se croient plus malins que les autres, et la bêtise qui en découle...

Au royaume 1 (ou royaume de l'acte 1), une blonde princesse ingénue tombe amoureuse d'un garçon porcher, qui a la plus grosse citrouille magique de tout le royaume. Mais son père le roi refuse ce mariage, et veut marier sa fille au puissant roi du royaume 2 (ou royaume de l'acte 2). Le ministre des sentiments tendres (MST...) a des doutes sur la filiation royale de la princesse, et fait donc appel à un super petit pois pour la tester: seules les vraies princesses sentiront le petit pois sous les 24 édredons et ne pourront dormir... Mais la princesse, en feignant de rater le test, pourra-t-elle empêcher le mariage? Ou les garçons porchers devront-il trouver un autre stratagème pour ridiculiser le roi et montrer à tout le peuple que ce n'est qu'un fat coquin? Et surtout, est-ce qu'il reste du rosé?? ...

J'ai essayé de rendre un peu, juste un peu, le ton de la pièce à travers ce résumé! Je ne sais pas si c'est un spectacle pour enfants ou pour grands enfants, en tout cas les comédiens, dans leur tête, doivent avoir 4 ans 1/2, à peu près! ;) Du coup ce spectacle ne plaira pas à tous, hier des personnes ont quitté la salle en cours de spectacle, au moins une bonne quinzaine quand même, sans doute en trouvant ce spectacle débile... Parce qu'il faut le dire, c'est "débile"! Après, "débile", ça peut être un compliment, évidemment! Mais pas du point de vue de tout le monde! En tout cas c'est décalé, déjanté, absurde, potache parfois, une sorte de grand défouloir - cour de récré qui parlera à l'enfant qui sommeille en vous! Les comédiens s'amusent sur scène, se piègent et tentent de faire piquer des fous rires à leurs camarades, je les soupçonne de garder quelques petits moments d'impros où ils arrivent avec un nouveau délire chaque jour pour se surprendre entre eux également! Personnellement j'ai beaucoup ri, pas à tout, mais souvent, en mode "mékilsoncons!" j'avoue, mais oui, j'assume, ça me fait marrer! Il y a cette espèce d'énergie et de délire que j'aime chez Arnaud Tsamere, par exemple, c'est un peu cet univers... (j'ai lu dans le programme qu'on les comparait à Edouard Baer, c'est moins perché et moins absurde quand même je pense, il y a un côté plus enfantin, vraiment récréation!)

Bref... j'ai aimé donc je vous le recommande, mais je suis consciente que ça ne plaira pas à tout le monde, faut accrocher à ce genre d'humour complètement cintré!

Infos pratiques : tous les jours à 18h18 au théâtre Notre Dame; durée : 1h25 (à peu près); tarif : 18 euros, 12,5 avec carte Off, 8 euros pour les moins de 12 ans

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #AvignonOff2014

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Publié le 14 Juillet 2014

Regardez mais ne touchez pas!

Une comédie de cape et d'épée (enfin... surtout de cape, je vous expliquerai pourquoi plus tard), signée Théophile Gautier, mais qui ne vous dit sûrement pas grand chose parce qu'elle n'avait plus été jouée depuis sa création, du moins pas avant que la compagnie Abraxas la dépoussière il y a 3 ans si j'ai bien compris, le spectacle se joue depuis 2011.

L'intrigue c'est une sorte de Ruy Blas parodique, ou de Folie des grandeurs, du coup, mais avec une touche vaudevillesque! L'histoire se passe en Espagne, où la reine a failli mourir à cause d'un cheval emballé... Mais un homme (ou 2?) l'a sauvée in extremis... Personne ne l'a vu, il s'est enfui parce que l'étiquette interdit de toucher la reine! Ce crime de lèse majesté est passible de mort, rien que ça! Pourtant Dona Beatrix, suivante de la reine, nièce d'un comte grand'maître de l'étiquette, a promis d'épouser celui qui sauverait la reine! Ca tombe bien, voilà que Don Melchior, neveu du même comte, revient chez son oncle pour lui 'emprunter' de l'argent... Pourquoi ne pas le caser avec Dona Beatrix et en être débarrassé? Son oncle lui a toujours promis sa main de toute manière... Oui mais il y a cette histoire de sauveur de la reine... Qu'à cela ne tienne, Don Melchior n'a aucun problème à se prétendre ce mystérieux sauveur! Mais Don Gaspar, soupirant caché et amoureux transi de la belle Dona Beatrix, s'avère être le vrai sauveur...

A partir de là, entre les 2 hommes, le comte, la reine, dona Beatrix et Griselda, la camériste de la reine, les quiproquos, les mensonges, les incompréhensions et les combats vont s'enchainer!

Au-delà du jeu agréable de tous les comédiens, un élément amène humour décalé et originalité à ce spectacle : un personnage supplémentaire, à la fois narrateur (il lit les didascalies), metteur en scène (il dirige de loin, prend des notes, reprend ses comédiens sur la prononciation de certains noms espagnols, les fait accélérer voire les coupe sur les tirades trop longues), acteur de remplacement (pour les petits rôles et notamment les gardes), régisseur (il passe les accessoires, replie les costumes), et bruiteur (bah oui en fait ils n'ont pas d'épées quand ils se battent, alors faut bien simuler avec le son!).

C'est pas désagréable, j'aime toujours bien ce côté "je vous rappelle que c'est une histoire qu'on joue et que vous êtes au théâtre", surtout avec un spectacle léger comme celui ci, ça permet un décalage et une note d'humour supplémentaire.

Bref, un spectacle assez plaisant ! Pas le coup de coeur du siècle mais ça passe bien !

Infos pratiques : tous les jours à 14h05 au Chien qui fume; durée 1h25; tarif : 20 euros, 14 avec carte Off.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #AvignonOff2014

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Publié le 13 Juillet 2014

T.I.M.E.

Reprise OFF 2015 au théâtre des Barriques à 19h25, infos ici.

Bon bah quand même, un spectacle d'impro dans mon programme du OFF, ça manquait! Nan mais le truc c'est que je sais qu'on a la chance d'avoir à Bruxelles le meilleur concept de spectacle d'impro ET la meilleure bande d'improvisateurs (Studio Impro, pour les distraits du fond qui ne le savent pas encore! ;) ). Du coup... ;)

Plus sérieusement, l'idée de ce spectacle d'impro, T.I.M.E., est plutôt originale aussi! Les improvisateurs sont des agents du TIME... non ils ne voyagent pas dans le temps! TIME c'est pour Troupe Immobile Mais Efficace, une cellule anti-terroriste, et nous spectateurs faisons partie de la team ! L'agent Jacky Bouée a 1h chrono pour sauver le monde (ce soir c'était en retrouvant Toutânkhamon, échappé de son sarcophage, je ne sais pas si c'est le même début tous les soirs?)... Pour cela il dispose des renseignements fournis par les informateurs du public, rangés soigneusement dans une mallette. Parviendra-t-il à mener à bien sa périlleuse mission?

Concrètement, comment ça se passe? Chaque spectateur est invité à remplir un petit papier avec son pseudo d'agent secret, son renseignement (une phrase), la géolocalisation du renseignement (un lieu, donc), et un mot de passe (un mot). Le chef de TIME tire au sort un papier, et les satellites de l'agence TIME se braquent sur le lieu désigné par la géolocalisation, pour voir s'y dérouler la phrase, thème de l'impro. L'informaticien qui branche le satellite peut imposer une contrainte, genre le son ne marche pas, ce sera muet, ou bien la scène sera un vaudeville... (c'est un peu de la triche d'ailleurs parce qu'il participe à l'impro ensuite!). A la fin, l'agent Jacky Bouée réapparait pour interroger son suspect (personnage d'une des impros) et ils doivent tous les 2 placer les mots (de passe) que le boss leur donne au fur et à mesure.

On est donc dans de l'impro assez 'classique' finalement (un thème, combinaison d'une phrase et d'un lieu, 4 improvisateurs, une contrainte éventuellement, une durée fixe par impro j'ai eu l'impression), mais avec un contexte autour vraiment marrant et original. L'équipe vue ce soir était bonne, des impros bien déjantées (autour de thèmes improbables), de nombreux éclats de rires! Quelques petits bémols, ils ont un peu tendance à parler en même temps et à se mélanger dans les noms (mais bon on leur pardonne et ils se rattrapent chaque fois très bien), et surtout, comme le spectacle ne dure qu'1h et qu'il faut le temps de mettre en place le concept et l'histoire de l'agence et tout et tout, ça ne laisse le temps que pour 5 ou 6 impros, c'est un peu court vu qu'on s'amuse bien! :)

Infos pratiques : tous les jours à 19h30 au théâtre des Barriques, durée : 1h; tarif : 15 euros, 10 avec carte OFF.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Impro, #AvignonOff2014, #avignonOff2015

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Publié le 13 Juillet 2014

Chants d'exil

Assez logiquement, après "l'Opéra du gueux" hier qui m'a fait penser à Brecht, je suis allée voir aujourd'hui "Chants d'exil", un spectacle mêlant textes et chansons de Bertolt Brecht (sur des musiques de Kurt Weill, forcément), autour de l'exil, des exils qu'a dû vivre Brecht, fuyant l'Allemagne nazie puis l'Amérique anti communiste en pleine guerre froide.

Déracinement, errance, mémoire, montée du nazisme, souvenirs en Espagne, espoir de fuite, mer bleue, contes à fort message, chansons de cabaret, certaines chansons de l'opéra de quat'sous aussi justement... Un peu d'humour, des moments poétiques... Le tout rythmé au bandonéon, cet instrument qui lui aussi, a 'fui', s'est exilé du pays où il est né, s'est métissé à d'autres rythmes, d'autres cultures...

J'aime beaucoup le style d'écriture de Brecht, j'aime entendre ses textes, et Serge Barbuscia les rend avec beaucoup d'émotion, tout en retenue, tandis que sa partenaire Aïni Iften assure essentiellement les parties chantées. Yvonne Hahn accompagne au bandonéon, j'avoue que ce n'est pas mon instrument préféré et que certaines sonorités plutôt aigües qu'elle en tire ne plaisent pas trop à mes oreilles, heureusement c'est surtout à un moment, pour soutenir un texte sur les chemises brunes, du point de vue d'une mère, le reste du temps, ça va!

Le spectacle dégage une sorte de douce poésie, une émotion contenue, la nostalgie de l'exil. Mais je trouve qu'il manque un peu de rythme, ou plutôt, que ce rythme est un peu lent... On perd le côté combatif que j'associe souvent à Brecht, la touche de sarcasme par rapport aux situations absurdes de la propagande. J'ai sans doute une vision assez orientée puisque l'un de mes comédiens belges préférés, Guy Pion, aime Brecht et a souvent joué / mis en scène ses textes, et toujours avec cette vivacité, cette énergie quasi révolutionnaire... Ca m'a manqué un peu dans "Chants d'exil"... Mais ça reste un beau spectacle, un peu mélancolique, ça me semble le bon qualificatif...

Infos pratiques : tous les jours à 17h20 au théâtre du Balcon; durée 1h15; tarif : 20 euros, 14 avec la carte OFF.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #chanson, #AvignonOff2014

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