Publié le 27 Mai 2021

Toujours dans le cadre des "retrouvailles", le théâtre Le Public propose en ce moment (et jusqu'au 9 juin) le spectacle "Jacques"... a priori dans la cour intérieure, éventuellement dans la salle des voûtes en cas de caprices de la météo.

Jacques? Mais quel Jacques? Chirac? Brel? Martin ? Borlée? Jacques a dit?
Non, aucun de ceux-là, mais un poète... Jacques Prévert.

Je vais être honnête avec vous: ce spectacle m'a permis de réaliser à quel point je ne connaissais pas le travail de Jacques Prévert! J'avoue, j'étais restée aux Feuilles mortes et aux gentils poèmes vus à l'école primaire, "Le cancre" en tête. Je ne savais pas qu'il avait écrit des textes plus engagés, plus durs, plus satiriques, se moquant de la religion, de la bêtise des hommes, célébrant la nature... (Si vous êtes comme moi, allez lire "La lessive".... c'est glaçant!)
Bref, ce spectacle m'aura donné envie de lire du Prévert et de découvrir sa "face cachée", celle que je n'ai pas approchée à l'école!

En fait, je ne peux que remercier Le Public d'avoir programmé ce spectacle lors de ces retrouvailles. Au milieu d'une saison, je serais peut-être passée à côté... Et j'aurais eu tellement tort! "Jacques" est un moment magique, une espèce de parenthèse poétique, faite de mots qui s'enchaînent et sonnent et touchent... Un spectacle qui parle à l'âme, qui m'a fait du bien! Un moment de vie partagée, ce qui fait que j'aime le théâtre et que rien, et surtout pas le streaming, ne pourra jamais remplacer le spectacle vivant!

Impossible de résumer "Jacques", puisque ce n'est pas une pièce, il n'y a pas d'intrigue... Sur scène, Jacques et Jacques ressuscitent les mots de Prévert. Des textes, des chansons, de la musique, tout s'enchaîne avec en fil rouge une photo et des extraits d'interview de Jacques Prévert, et ces deux personnages un peu fébriles, tellement heureux de revenir sur scène, qui partagent avec nous leur amour des mots et de cet auteur, avec quelques accessoires pour illustrer certains textes, une petite dose de surréalisme, un peu de malice et beaucoup de chaleur et de générosité.

Ce projet est porté par Nicolas Buysse et Greg Houben. Ils ont écrit les transitions et ordonné cet échantillon des oeuvres de Jacques, avec la complicité artistique de Jean-Michel Frère et Michel Kacenelenbogen. J'ai déjà eu le plaisir de voir Nicolas Buysse plusieurs fois sur scène et d'apprécier son talent comique. Dans "Jacques", il rayonne d'humanité! Il est touchant, et sa diction parfaite donne tout leur sens aux mots de Prévert (et c'est une bonne idée d'avoir dit "Les feuilles mortes" au lieu de les chanter, l'émotion passe encore mieux). Il fait sonner la beauté de la langue, les énumérations, les jeux sur les sons, tout en rendant le contenu facile à saisir. Bref, la forme et le fond sont mis en valeur!

J'ai découvert Greg Houben avec ce spectacle... Et quelle jolie découverte! J'ai eu le plaisir de voir son papa (Steve Houben) 2 fois sur scène, en mode HLM (avec M comme... manque, désormais)... et on se demande si la grande Maurane n'avait pas donné quelques tuyaux au jeune Greg, parce que par moments, sa manière de chanter m'a fait penser à elle, et les sonorités musicales jazzy, à HLM... Nostalgie...
Car oui, Greg Houben est musicien, chanteur et comédien. Il chante avec beaucoup de justesse et de douceur, joue à merveille de la trompette, et a un jeu et une posture sur scène qui m'ont fait penser à Bourvil. Même mélange de tendresse et de "naïveté"... On a envie de sourire en l'écoutant et en le regardant.

Pour accompagner ce duo, Matthieu Van est au piano. Il accompagne avec brio les chansons et les textes dits.

Vous l'aurez compris, j'ai flashé sur ce spectacle, sur Jacques (tous les Jacques), et je vous conseille très vivement d'aller voir "Jacques" au Public, vous avez jusqu'au 9 juin... Ne passez pas à côté! Pour les infos et pour réserver, ça se passe sur le site du Public.

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Rédigé par Emelle

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Publié le 9 Mai 2021

[Contexte] Le samedi 8 mai 2021, la Belgique autorise les terrasses à rouvrir. Par ailleurs, à partir de cette même date, les événements culturels sont autorisés en extérieur, avec 50 spectateurs maximum. Enfin!
Le théâtre Le Public a fait preuve de créativité en combinant tout cela et en aménageant un espace de représentation / terrasse dans sa cour intérieure, habituellement fermée au public. Pour assurer un confort au spectateur, des casques audio sont distribués (en échange de notre carte d'identité, mais rassurez-vous ils les rendent à la sortie 😉) pour les spectacles de théâtre, ce qui permet de bien entendre les comédiens sans être perturbé par les bruits extérieurs.
De plus, le théâtre a ouvert une librairie (consacrée notamment aux textes de théâtre, aïe mon porte-feuille 😆), ce qui lui permet de proposer des "spectacles lectures" à 50 spectateurs maximum, en intérieur cette fois. Quelles bonnes idées!
Dans ce cadre, je suis donc retournée au théâtre avec un plaisir non dissimulé, en ce samedi 8 mai! Qu'est-ce que ça fait du bien de combler enfin le manque! Je n'ai qu'une hâte, y retourner!
J'ai choisi le spectacle "Burn out", qui se jouait samedi à 15h et 17h dans la cour intérieure. Mais comme j'imagine que Maxime Anselin n'a pas écrit ce texte pour 2 représentations, je vous en écris une petite chronique, pour vous encourager à aller voir le spectacle dès qu'il sera repris quelque part!

Burn out... Une pièce qui parle du burn out? Voyez plutôt cela comme... "une expérience", proposée par Anne-Gaelle, la dynamique présentatrice! #burnout ! Une expérience pour découvrir et comprendre de manière amusante (...) ce qu'est le burn out, en traverser les étapes!
Je ne peux pas trop vous en dévoiler sur l'intrigue ou la construction de Burn out, ce serait dommage de "divulgâcher" comme on dit en français...

Ce que je peux vous dire en revanche, c'est que j'ai beaucoup aimé ce spectacle qui évoque le burn out avec justesse et intelligence. Malheureusement, je sais de quoi je parle, puisque j'en ai moi-même vécu un. Et... je me suis retrouvée dans beaucoup de situations. Pas toutes, heureusement, mais... "je vais bien", "ça va", "je gère"... Ah, le déni de la personne en burn out face à son état, jusqu'à ce qu'il soit trop tard... Il est particulièrement bien rendu dans la pièce. Ainsi que la difficulté à lâcher prise, à arrêter, à partir... Allez, encore une dernière tâche, un dernier effort et puis ça ira. Plusieurs phrases, plusieurs réactions ont fait drôlement écho à ce que j'ai vécu... D'autres choses sur la culpabilité /la culpabilisation m'ont fait penser à une amie et collègue qui est, elle aussi, passée par là... Bref, tout ce qui est présenté dans le spectacle est très juste. Oh, peut-être que certaines choses sont poussées un peu loin, mais... c'est très bien vu! J'ignore comment Maxime Anselin s'est documenté pour écrire ce texte, mais s'il n'a pas vécu un burn out lui-même, il a probablement côtoyé de près une personne qui en a traversé un...

Rassurez-vous, ce spectacle n'est pas plombant ni larmoyant pour autant. Il y a de nombreux passages drôles, et le sujet est traité avec légèreté grâce à une mise à distance. Les comédiennes, Julie Verleye et Laurie Willième, sont excellentes et passent d'un registre à un autre avec beaucoup d'aisance et de naturel. Maxime Anselin a fait un très joli travail. Il assure la mise en scène (efficace et sans temps mort... les transitions sont très bien amenées); il est Patrick, la voix off de #Burnout; et comme je l'ai mentionné il a écrit le texte. J'avais déjà apprécié son talent d'auteur en 2015 avec "Meurtre(s) in progress" vu à l'Os à Moelle (je vous en avais parlé ici !), j'ai retrouvé dans Burn out ce que j'avais aimé à l'époque : de la subtilité et... comment dire... plusieurs niveaux d'interprétation avec un "twist" final? A nouveau, difficile d'être précise sans trop en dire, mais j'aime bien son approche du théâtre, et j'ai hâte de découvrir d'autres spectacles qu'il aura écrit!

En résumé, un retour au théâtre réussi, et un spectacle que je vous conseillerai dès qu'il sera reprogrammé!

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Bruxelles, #Le Public

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