bruxelles

Publié le 16 Septembre 2022

Dans la petite salle du théâtre Le Public se joue, jusqu'au 22 octobre, un spectacle à ne pas manquer : "Les passagers".
Pourtant, quand j'ai ajouté cette pièce à mon abonnement, j'avais quelques craintes... le sujet, un attentat dans un bus à Jérusalem, me faisait peur, je craignais des "images" (mentales, hein, je me doutais bien qu'ils n'allaient pas projeter des photos ou vidéos de corps déchiquetés!) difficiles. Je ne prétendrai pas qu'il n'y a pas des moments "durs" dans ce texte, mais il s'en dégage aussi beaucoup d'humanité, de solides réflexions, et donc, ça vaut la peine de passer au-dessus d'éventuelles appréhensions pour aller voir ce spectacle très touchant.

Comme je l'évoquais, l'histoire se passe à Jérusalem. Ouest. Dans les bureaux de la police, un enquêteur juif a convoqué une femme. Jordanienne, dit son passeport, car on ne l'autorise pas à avoir la nationalité palestinienne. Elle vit de l'autre côté du mur, et chaque matin, elle passe les checkpoints pour venir place Tsahal, vendre du poisson et des crustacés (... en Israël, on a dit, pas à Dublin! Ce n'est pas la peine d'essayer de me mettre une chanson en tête, bête cerveau!). Seulement, il y a quelques jours, il y a eu un attentat qui a fait de nombreuses victimes, dans un bus. Le bus qu'elle prend plusieurs fois par semaine. Alors, forcément, la police veut lui parler, c'est un interrogatoire de routine, dit le policier. Mais elle prétend ne rien savoir, elle ne se souvient pas, il y a souvent des attentats...

Est-ce qu'elle ment? Si oui, pourquoi? Et qui a menti en premier (éternelle question, qui a commencé...)? Comment ces deux "ennemis héréditaires" peuvent-ils espérer se comprendre, faire un pas vers l'autre? Ce face à face est brillamment écrit par Frédéric Krivine. Pas de mots inutiles, pas de paroles moralisatrices ni de parti pris, parfois un peu d'humour, du cynisme, mais surtout beaucoup de vérités. Du genre difficile à entendre, car la situation est compliquée là-bas, et une solution pacifique et qui respecterait les 2 camps semble tellement loin... Et en même temps, il y a dans le texte des passages du quotidien, tendres, poétiques, qui équilibrent et offrent des respirations.

J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour ces deux personnages. Il faut dire que les interprétations de Benoît Verhaert et Axelle Maricq sont parfaites de justesse et d'émotion retenue. La tension est palpable lorsqu'ils s'affrontent, surtout au début, et puis autre chose s'installe, la fatigue ou la lassitude de la situation les gagne, leur manière de s'affronter évolue. Je ne vous en dirai pas plus, ce serait dommage de dévoiler la direction que prennent les choses. Je dirai juste que j'ai trouvé la fin poignante. Et vraiment, je le répète, les deux comédiens sont incroyables, ils nous emmènent avec eux et sont totalement crédibles du début à la fin.

La mise en scène de Laurent Capelluto est au service de ce beau texte, assez simple, avec ses jeux de miroirs (qui n'en sont pas toujours). Elle suggère sans tomber dans le "trash", fait ressentir l'enfermement du bureau sans générer de malaise chez les spectateurs, et assure un bon rythme sans temps morts. Mention spéciale pour la musique qui accompagne le spectacle, en particulier le morceau final, très beau et qui convient parfaitement aux derniers mots de Benoît Verhaert...
Le seul éventuel regret que j'aurais, c'est que la pièce se joue dans la petite salle et pas dans la salle des voûtes, plus large (il me semble, en tout cas). L'espace scénique est vraiment étroit, et même avec des lumières basses, on voit bien les spectateurs des premiers rangs en face (la disposition a été modifiée dans la petite salle, et il y a des gradins de chaque côté de la scène, donc face à face). Ce n'est pas très grave parce que la mise en scène et le jeu des comédiens parviennent à nous happer quand même, mais bon, je pense que j'aurais préféré ne pas avoir parfois l'impression qu'il y avait foule dans ce bureau de police!

Il vous reste plus d'un mois pour aller voir ce magnifique spectacle qui fait réfléchir et ressentir, mais ne traînez pas à réserver, il y a déjà quelques représentations complètes en octobre! Infos et réservations sur le site du Public.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Coup de coeur, #Bruxelles

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Publié le 5 Septembre 2021

Septembre... La saison théâtrale reprend, en espérant que cette fois, elle pourra aller à son terme sans nouvelle fermeture!

Mais les festivals ne sont pas encore tout à fait finis, et c'est donc dans la grange du Karreveld, dans le cadre du festival "Bruxellons!", que j'ai pu assister à une représentation des "Meilleurs alliés". Il reste quelques dates, pour cette pièce qui a déjà tourné en Belgique (mais que je n'avais pas encore pu voir) et qui a eu un joli succès sur les scènes françaises également!

La pièce évoque des personnages historiques bien réels et des moments de notre histoire assez récente... Qui sont les deux hommes face à face sur scène, ces meilleurs alliés... qui ont beaucoup de mal à se supporter?
Du côté de la "perfide Albion", Winston Churchill, Premier Ministre britannique, dans toute sa splendeur, sa rondeur, ses colères, cigare au bec et verre de whisky en main. En face, celui qu'il qualifie de prima donna, le chef de la France libre, Charles De Gaulle, dans toute sa raideur et son arrogance, refusant de jouer un rôle mineur dans la libération de la France!

Les deux hommes se font d'abord face dans le wagon de commandement de Churchill, à la veille du débarquement en Normandie. De Gaulle refuse d'être la cinquième roue du carrosse, de parler après les autres et d'être la marionnette d'Eisenhower. Churchill s'emporte et se moque du Français, campe sur ses positions et veut le renvoyer en Algérie.
Deuxième acte, la confrontation n'est plus directe mais passe par la diplomatie et les ambassadeurs, car il faudra bien trouver un  compromis qui arrange tout le monde et l'opinion publique...

Le texte, signé Hervé Bentégeat, est brillant, les mots bien choisis, et l'analyse est plutôt fine, notamment quant à l'avenir de l'Europe. Evidemment, c'est plus facile de voir juste vu que la pièce a été écrite en 2017, mais les rapports de force sont bien décrits, et on comprend bien les implications de ce qui se joue en 1944 entre la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis et la Russie, qui bien que non représentés dans la pièce, y sont évoqués souvent. Un peu de (géo)politique dans le texte donc, quelques constats cyniques ou désabusés sur la société, mais aussi beaucoup de bons mots et de répliques qui claquent! Churchill n'est pas tendre avec de Gaulle dont il se moque souvent. D'ailleurs, je suis presque étonnée que le spectacle ait si bien marché en France ;) En tout cas, j'ai bien ri de la manière dont de Gaulle prononce tous les mots ou noms de famille anglais à la française (ah, le livain-je room ou le chevain gumme, sans oublier ce cher Esenoverre!). Non, non tous les Français n'ont pas un accent anglais aussi pourri (pas tous. Mais j'en connais, quand même! :D )
Rassurez-vous, l'image de l'Angleterre est aussi écornée et Churchill a droit à sa dose de ridicule également!

Du côté des comédiens, les performances sont surprenantes. En particulier celle de Pascal Racan, qui incarne de Gaulle avec beaucoup de justesse, dans l'attitude, dans les intonations et le phrasé si particulier. J'aime beaucoup ce comédien que j'ai vu souvent sur scène, et qui a d'habitude une voix et une manière de parler reconnaissables les yeux fermés... Et là, rien à voir, j'avais du mal à retrouver sa voix, tant il est convaincant dans le rôle du général, tout en prestance (un peu désabusée) et sobriété. Face à lui, Michel de Warzée offre un contraste parfait de bonhommie et de violence, tout en émotions qui explosent. Seul bémol, afin de représenter au mieux Churchill, son articulation est souvent pâteuse et il n'est pas toujours facile de bien saisir ce qu'il dit (ce qui amène à entendre ses voisins parfois se répéter les phrases que l'un n'a pas compris...). Bernard d'Oultremont et Simon Willame complètent la distribution avec la réserve et le calme des diplomates qu'ils incarnent, les voix de la raison et du compromis afin de permettre aux meilleurs alliés de s'entendre...

En résumé, un spectacle intéressant qui oppose deux personnalités et éclaire une partie de l'histoire européenne de la 2ème moitié du XXème siècle, avec énormément d'humour et beaucoup de rires amenés par le sens de la répartie des protagonistes, interprété sans fausse note. Il reste quelques représentations jusqu'au 17 septembre, infos sur le site de Bruxellons.

 
 

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Bruxelles, #Théâtre

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Publié le 9 Mai 2021

[Contexte] Le samedi 8 mai 2021, la Belgique autorise les terrasses à rouvrir. Par ailleurs, à partir de cette même date, les événements culturels sont autorisés en extérieur, avec 50 spectateurs maximum. Enfin!
Le théâtre Le Public a fait preuve de créativité en combinant tout cela et en aménageant un espace de représentation / terrasse dans sa cour intérieure, habituellement fermée au public. Pour assurer un confort au spectateur, des casques audio sont distribués (en échange de notre carte d'identité, mais rassurez-vous ils les rendent à la sortie 😉) pour les spectacles de théâtre, ce qui permet de bien entendre les comédiens sans être perturbé par les bruits extérieurs.
De plus, le théâtre a ouvert une librairie (consacrée notamment aux textes de théâtre, aïe mon porte-feuille 😆), ce qui lui permet de proposer des "spectacles lectures" à 50 spectateurs maximum, en intérieur cette fois. Quelles bonnes idées!
Dans ce cadre, je suis donc retournée au théâtre avec un plaisir non dissimulé, en ce samedi 8 mai! Qu'est-ce que ça fait du bien de combler enfin le manque! Je n'ai qu'une hâte, y retourner!
J'ai choisi le spectacle "Burn out", qui se jouait samedi à 15h et 17h dans la cour intérieure. Mais comme j'imagine que Maxime Anselin n'a pas écrit ce texte pour 2 représentations, je vous en écris une petite chronique, pour vous encourager à aller voir le spectacle dès qu'il sera repris quelque part!

Burn out... Une pièce qui parle du burn out? Voyez plutôt cela comme... "une expérience", proposée par Anne-Gaelle, la dynamique présentatrice! #burnout ! Une expérience pour découvrir et comprendre de manière amusante (...) ce qu'est le burn out, en traverser les étapes!
Je ne peux pas trop vous en dévoiler sur l'intrigue ou la construction de Burn out, ce serait dommage de "divulgâcher" comme on dit en français...

Ce que je peux vous dire en revanche, c'est que j'ai beaucoup aimé ce spectacle qui évoque le burn out avec justesse et intelligence. Malheureusement, je sais de quoi je parle, puisque j'en ai moi-même vécu un. Et... je me suis retrouvée dans beaucoup de situations. Pas toutes, heureusement, mais... "je vais bien", "ça va", "je gère"... Ah, le déni de la personne en burn out face à son état, jusqu'à ce qu'il soit trop tard... Il est particulièrement bien rendu dans la pièce. Ainsi que la difficulté à lâcher prise, à arrêter, à partir... Allez, encore une dernière tâche, un dernier effort et puis ça ira. Plusieurs phrases, plusieurs réactions ont fait drôlement écho à ce que j'ai vécu... D'autres choses sur la culpabilité /la culpabilisation m'ont fait penser à une amie et collègue qui est, elle aussi, passée par là... Bref, tout ce qui est présenté dans le spectacle est très juste. Oh, peut-être que certaines choses sont poussées un peu loin, mais... c'est très bien vu! J'ignore comment Maxime Anselin s'est documenté pour écrire ce texte, mais s'il n'a pas vécu un burn out lui-même, il a probablement côtoyé de près une personne qui en a traversé un...

Rassurez-vous, ce spectacle n'est pas plombant ni larmoyant pour autant. Il y a de nombreux passages drôles, et le sujet est traité avec légèreté grâce à une mise à distance. Les comédiennes, Julie Verleye et Laurie Willième, sont excellentes et passent d'un registre à un autre avec beaucoup d'aisance et de naturel. Maxime Anselin a fait un très joli travail. Il assure la mise en scène (efficace et sans temps mort... les transitions sont très bien amenées); il est Patrick, la voix off de #Burnout; et comme je l'ai mentionné il a écrit le texte. J'avais déjà apprécié son talent d'auteur en 2015 avec "Meurtre(s) in progress" vu à l'Os à Moelle (je vous en avais parlé ici !), j'ai retrouvé dans Burn out ce que j'avais aimé à l'époque : de la subtilité et... comment dire... plusieurs niveaux d'interprétation avec un "twist" final? A nouveau, difficile d'être précise sans trop en dire, mais j'aime bien son approche du théâtre, et j'ai hâte de découvrir d'autres spectacles qu'il aura écrit!

En résumé, un retour au théâtre réussi, et un spectacle que je vous conseillerai dès qu'il sera reprogrammé!

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Bruxelles, #Le Public

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Publié le 21 Mars 2016

Studio Impro IMAX 18/03/16

Cela faisait trop longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de caser un « studio impro », alors puisque j’y suis enfin allée ce vendredi… Petit compte-rendu !

Pour rappel, un Studio Impro IMAX, c’est comme un Studio Impro, mais dans une plus grande salle, et avec un improvisateur invité qui ne fait pas partie de la troupe. Par contre, le public doit juste proposer un titre de film (qui n’existe pas encore), fini le papier plus long avec plein d’autres questions (un événement positif, une fin possible,…). C’est vrai que ce n’était pas toujours simple d’être inspiré, mais c’était sympa de cocher si on voulait des morts ou pas dans notre film, et de dire ce qu’on voulait de plus (plus d’amour, plus de violence… ou on pouvait écrire ce que l’on souhaitait, et j’ai souvenir d’une intervention du réalisateur réclamant plus de cacahuètes, franchement c’était drôle !)

Donc, pour cet IMAX du 18 mars, l’équipe était :

Réalisateur : Vincent Doms

Improvisateurs :
- Amélie Saye
- François Doms
- Jérémie Petrus
- Arnaud Van Parys

Guest : Gilles Delvaux

Ils nous ont concocté les 11 films suivants (comme d’habitude, puisque je n’ai pas une mémoire eidétique – waouw ça fait 2 articles d’affilée que je case ce mot, j’ai gagné quoi ? – j’utilise les prénoms des improvisateurs pour désigner les personnages des impros. Déjà que certains oublient le prénom de leur personnage en cours d’impro – l’amour, bien sûr ! – je ne les ai pas retenus non plus)

1) Film d'horreur : "Promenons-nous chez Ikéa" : Le réalisateur se laisse aller à nous confier qu'une visite chez Ikéa en couple, pour lui, c'est l'horreur. Amélie et Gilles confirment dans l'impro : ils font leurs achats pour meubler leur flat, et elle achète trop! Ils se laissent enfermer parce que les gardiens ont annoncé la fermeture un peu tard (ils surveillaient ceux qui volent les crayons!! On se demande qui peut piquer plein de crayons Ikéa, et jamais les mètres en papier!). François le gardien de nuit est en fait un tueur à la perceuse, et un crayon ne sauvera pas Jérémie pour boucher le trou fait par la perceuse! Et pourtant, comme Arnaud le fait remarquer avant de mourir, pas besoin de perceuse pour monter un meuble Ikéa!

2) Comédie romantique : "Tristesse animal jaune" (titre proposé par quelqu'un qui a été traumatisé par la dernière pièce du Public, 'Tristesse animal noir"?)... Même si le réalisateur propose un tigre triste, les improvisateurs partent sur l'idée du canard (pourtant en vrai un canard c'est pas vraiment jaune, si? Ceux qui flottent dans les baignoires, oui, mais les autres?). Histoire d'amour entre un jeune homme déprimé qui nourrit les canards, et une militante pour le retour des canards au parc! Malgré le meurtre d'un canard (en plein vol, parmi une famille qui volait en formation en V légèrement désorganisée) à cause d'un frisbee (lancé par Jérémie qui finira par accuser 'le chauve' parmi les militants pro-canards pour dédouaner son pote!), les amoureux finiront par fonder une famille.
La phrase philosophique de l'année est à mettre au crédit de Jérémie : "La vie, c'est comme un livre, parfois, des pages se tournent, et... voilà!"

3) Film de guerre : "Barbe imberbe le pirate". Le réalisateur était persuadé qu'il ferait donc un film de pirates... Mais les improvisateurs sont restés dans le film de guerre, et ont opté pour un hacker! Qui avait infiltré l'armée belge dans une mission baptisée ‘hoedje van de papier’ ( on a tous appris les mêmes trucs super utiles en cours de néerlandais à l’école, je vois !) dont l'objectif était de trouver le dit-pirate... Compliqué? Autant que le véhicule dans lequel Jérémie avait oublié de monter et à côté duquel il courait : à la base c'était une Jeep, mais elle a l'option 'chenilles' pour écraser la voiture qui n'avance pas assez vite devant (ne tuant que la moitié de ces occupants, eh oui Vincent on peut survivre à tout!). Pourtant les occupants en sortent par des portières, sauf Arnaud qui a compris que c'était un tank et qu'il fallait sortir par au-dessus!

4) Heroic fantasy : "Le puceau malgré lui". Alors je ne sais pas si le roi, son fils et son ex étaient des elfes ou des hommes, en tout cas le fils était maudit, chaque fois qu’il enlevait sa ceinture et son épée pour coucher avec une fille, celle-ci disparaissait ! En fait c’était un sort jeté par sa mère, qui voulait finalement le kidnapper et avait envoyé Jérémie-la-chose (sûrement un nain ou un petit orque ?) en éclaireur, mais il n’était pas très efficace ni tenace pour faire faire une pause au cavalier Gilles et à son écuyer François. Finalement c’est un coup de main du marchand de sable espagnol Arnaud qui permettra à la méchante reine de kidnapper son fils !

5) Film d'art et essai d'ARTE : "A juste titre... de noblesse" Comme d’habitude, rien à comprendre sur ce film certainement très contemporain et très facile à comprendre ! ;)

Entracte

6) Drame social belge : "Eva le petit démon". A n’en pas douter, l’équipe gagnera la palme d’or avec ce film bien de chez nous, et je ne doute pas que les frères Dardenne aient pris des notes pour leur prochain scénario ! L’habituelle famille de barakis avec bedon et accents cherche sa petite fille Eva, 8 mois, qui a disparu. Le papa est prêt à la déclarer perdue si elle ne répond pas au bout de 2 appels (François a du mal à compter, c’est quel doigt l’index ?), de toute façon ils ont assez d’allocs avec les autres enfants. Ils se décident à enterrer une boîte à chaussures vide puisqu’elle n’est pas revenue, et lorsque la maman demande à Jérémie comment il s’est acheté des chaussures chez Brantano, il leur signale que ça vaut cher, un rein de bébé ! (ce qui donnera ces répliques géniales : Gilles : « c’est quoi le rein ? ». François : « Un fleuve ? ».
A noter lors d’un flash back l’idée saugrenue d’Amélie, lorsque les frères se plaignent que futur bébé Eva ne leur répond pas depuis son ventre, elle leur a sorti : « c’est normal, pour qu’elle t’entende, faut parler à travers ma chatte ! » … Du coup, lors de la scène vue du côté du bébé, Arnaud passait la tête de derrière le rideau, couvert de son pull rouge. Classe, hein ! ;)

7) Dessin animé Disney : "Le retard de l'ennuyeuse Monique" : Jérémie joue Monique, la pauvre petite montre qui retarde. Mais Arnaud la pendule au gros balancier lui conseille de partir à la recherche d’un vieil horloger, un vieux sage joué par Gilles, qui donne à Jérémie plein de bons conseils et le re-règle. De joie, Jérémie interprète la chanson en allemand qu’il a apprise d’un autre personnage (ça, c’est l’arroseur arrosé grâce au réalisateur… N’empêche que j’ai « 99 Luftballons » en tête depuis vendredi moi, merci Jérémie !)

8) Péplum sexy (nan mais c'est quoi ce genre de film, Vincent?) : "Tu viens travailler avec moi?" (et selon le réalisateur on sent le sous-entendu coquin dans le titre!). César (et sa femme, enfin je suppose, Cubitus c’est un nom de chien plutôt non ?) se mêlent au peuple qui travaille (sous les encouragements d’Arnaud qui joue des percussions). Mais les travailleurs le reconnaissent, notamment Jérémie qui sort simplement une pièce de sa poche et compare ! Mais oui, Vincent, enfin, y’avait la tronche de l'empereur sur les pièces de monnaie de l’époque, pas besoin d’envoyer Jérémie acheter un ‘objet’ sur lequel se trouve la tête de César! (bien ouej, Jérémie, c’était drôle! Surtout que j’avais compris que c’était une pièce, mais ça n’avait pas fait tilt dans la tête de Gilles non plus qui essayait de vendre des goodies César). Pour fêter ça, l’empereur voulait inviter Rihanna, et s’est donc évidemment retrouvé à devoir chanter lui-même, sauf que François a une façon bien à lui de chanter du Rihanna (mixé avec Madonna certainement, ça donnait « Like a diamond »)

9) Western : "Quand les pâquerettes avaient des ailes" Le gang des pâquerettes, bien sûr, qui va attaquer la banque ultra sécurisée par le shérif! Sauf qu’une fois sur le toit de la banque après avoir réussi à voler jusque là… Pas de moyen de descendre. Au passage, on sera témoin de l'invention du vélux au temps des cow boys!

10) Sitcom : "L'infirmière avait peur des faisans". Lors de l’épisode 78, les infirmières et les médecins sont en camp quelque part et comme il n’y a pas de cafèt’, ils se retrouvent pour chasser le faisan… dont il ne faut pas trop s’approcher, la petite Amélie en a fait les frais et a peur depuis… Même si quelques mots d’un médecin suffisent à la rassurer, et chemin faisant – jeu de mot signé Gilles – ils ramènent un cadeau à l’autre infirmière hermaphrodite Arnaud ! Et bien sûr, on a eu droit à deux pages de pubs, dont celle du club de foot de Chastres, qui a les moyens pour s’offrir des pubs au milieu d’une sitcom !

11) Film d'auteur : "Syndic, propriétaires, et ..." Là, le réalisateur s’amuse, donc ça part un peu en sucette… Globalement, on part d’une réunion de co-propriété où François doit lire le PV de la réunion précédente, tout en faisant des allusions et un poème au homard. On découvrira ensuite que Eva a survécu et vit dans l'immeuble et est enceinte... et on parle toujours de la même façon à son bébé!

Encore un beau moment d'impro et de nombreux fous rires!

Prochaines dates sur le site de Studio Impro ou celui de l'Os à Moelle

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Impro, #Bruxelles, #Compte rendu

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Publié le 20 Mars 2016

Le 7ème continent

Attention, ne vous fiez pas au "pitch", cette pièce est vraiment atypique! Atypique et très séduisante, un vrai bon moment de théâtre, avec trois magnifiques comédiennes, à ne louper sous aucun prétexte!

Sur papier, l'intrigue pourrait presque faire penser à un vaudeville classique avec quiproquos et triples vies (allez, j'avoue, à cause de ça et du souvenir justement d'un 'boulevard' que je n'avais pas aimé et qui tournait un peu autour de ça, j'ai failli passer à côté de ce spectacle. Que ça aurait été dommage!). Autour du cercueil d'un homme, trois femmes se rencontrent. Pour la première, Kristin, le 'mort' s'appelait Franck et était son mari, et le père de leur fils. Pour la deuxième, Anaïs, il s'agissait de Jack et c'était son compagnon. Et puis arrive la jeune Lola, qui pense enterrer son fiancé, Mick! Alors... Qui était vraiment cet homme? Et pourquoi ces trois identités? S'agit-il bien du même type? Quel point commun lui trouver, entre ces trois facettes? Et surtout, comment ces trois femmes, extrêmement différentes, parviendront-elles à se parler et à gérer la perte de l'homme qu'elles pensaient connaitre?
Et, comme le dit le résumé du spectacle, "pendant ce temps-là, au large d'Hawaï, tourbillonnent des millions de déchets et se forme le septième continent". Le rapport avec le reste de l'intrigue? Pour le savoir, il faudra que vous alliez voir la pièce!

Car finalement, ce spectacle n'est peut-être pas tout à fait ce qu'il semble être. Et ne va pas forcément aller dans la direction à laquelle vous vous attendiez au départ! En fait, dès l'installation dans la salle, vous vous en rendez compte: ça ne sera pas une pièce classique! Les comédiennes, chacune dans leur personnage bien sûr, viennent parler avec le public et se présentent, se confient à voix basse... Tout le monde n'entendra pas tout, d'ailleurs, mais on est directement pris dans l'ambiance, on fait déjà connaissance, une sorte d'intimité s'installe. Et elles joueront de cette complicité durant tout le spectacle, avec une belle fluidité et beaucoup de naturel. Et un plaisir visible. En voyant le spectacle, j'ai eu l'impression qu'il devait beaucoup tenir à coeur aux comédiennes (qui ont collaboré à l'écriture de ce texte signé Thierry Janssen), et que Michel Kacenelenbogen avait dû énormément s'amuser à les mettre en scène (avec le brio qu'on lui connait). Je ne peux pas trop vous en dire pour ne pas gâcher les surprises, mais cette pièce devrait vous étonner, et c'est le genre d'étonnement qui fait du bien au théâtre! Personnellement j'en suis sortie avec le sourire et "boostée"!

Les 3 comédiennes sont impeccables au niveau du jeu! On est face à trois archétypes féminins plutôt éloignés. Kristin est une présentatrice météo un peu bourgeoise, pas hyper futée, et qui a une tendance au lapsus assez amusante. Bénédicte Chabot lui donne beaucoup de classe et en même temps de naïveté, et est parfaite quand elle part en crise! Anaïs est une rebelle, militante active chez Greepeace, révoltée et à fleur de peau. Kim Leleux l'interprète avec énormément de sincérité, sans concession, et parvient à la rendre très touchante aussi. Enfin, Lola souffre d'un syndrome (proche du syndrome d'Asperger) qui l'empêche de ressentir les émotions, ce qui la rend assez 'robotique', d'autant qu'elle a aussi une mémoire eidétique (et vous livrera un paquet de statistiques si elle passe près de vous avant le début de la pièce). Inès Dubuisson livre une prestation assez incroyable, parvenant à garder cette absence d'émotion assez inquiétante et jouant les réactions inattendues de Lola avec beaucoup de naturel (mais il parait que ça fait des semaines qu'elle répète! ;) ).

Alors, maintenant, qu'est-ce qu'on fait? Et si vous commenciez par aller voir "Le 7ème continent" au Public? Trois super comédiennes vous y attendent et ont des choses à dire!
La pièce se joue jusqu'au 30 avril. Infos et réservations sur le site du Public.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Bruxelles, #Coup de coeur

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Publié le 13 Mars 2016

Misère

Imaginez... du Stephen King, à la sauce absurde agrémentée de quelques épices d'humour TTO... Difficile? C'est pourtant le mélange (d)étonnant proposé par la pièce "Misère" au théâtre de la Toison d'Or en ce moment! Un mélange globalement réussi, avec juste un petit bémol : quelques longueurs (j'y reviendrai).

L'intrigue de Misère, dans les grandes lignes, est celle de "Misery", le roman de Stephen King (mais pas avec la même fin. Enfin pas vraiment. Enfin... Je vais pas spoiler non plus!). Ici, c'est Sarah, ancienne infirmière, qui a sauvé l'écrivain Paul Delpierre d'un grave accident de voiture, survenu à cause du blizzard. Elle l'a emmené chez elle et le soigne. Mais elle est aussi sa plus grande fan... Alors, est-il libre de partir lorsqu'il ira mieux, vraiment? Est-ce qu'elle le soigne, ou elle le drogue? Et la voisine, combien de fois peut-elle se faire égorger? Et cet ours voleur de colis, c'est quoi son rôle?

Euh... Je crois que les deux dernières questions posent un peu le côté "absurde" de l'histoire, non? Laurent Beumier, qui jusqu'à présent était plutôt spécialiste des 'décors sonores' et bandes originales de pièces de théâtre, signe ici son premier texte théâtral, et il s'en est donné à coeur joie dans ce registre absurde! Il le dit lui-même, "le terrain de l'absurde est un chemin étroit et glissant qui oscille vite entre le 'très con' et le 'too much'". Alors, a-t-il trouvé l'équilibre dans "Misère"? C'est assez subjectif au fond... De mon point de vue, oui... On est dans un univers qui ressemble un peu à "La cité de la peur" (vous savez, le film de Les Nuls!)... en un peu moins efficace peut-être (bon ok c'est l'un de mes films cultes je ne suis pas objective!). Ou du côté des sketchs qu'Arnaud Tsamere faisait dans "On n'demande qu'à en rire", avec des ping-pong verbaux où les personnages rebondissent sur le sens d'un mot qui n'est pas celui que l'autre avait en tête, ou bien où ils prennent les expressions et métaphores au premier degré... Ce n'est pas forcément un humour auquel tout le monde accroche, moi j'aime bien donc j'ai apprécié cet aspect de "Misère". La pièce regorge aussi de clins d'oeil à des scènes ou dialogues cultes du cinéma, mais en les détournant un peu, de manière parfois subtile... Vous pourrez vous amuser à les débusquer! Enfin, pour diversifier un peu, on trouve aussi de l'humour plus visuel... et peut-être bien des chansons (avec chorégraphies?)... On est au TTO, après tout! ;)

La mise en scène de l'auteur et d'Alexis Goslain nous plonge plutôt dans une ambiance de huis-clos, de thriller flirtant avec l'horreur, à la Stephen King donc... Tout en se jouant de ces codes et en les parodiant un peu. Et c'est probablement ce mélange de genres qui m'a donné l'impression que la pièce manquait parfois de rythme et qu'il y avait quelques longueurs. Même si le suspense est présent et qu'on se demande comment tout cela va finir, on ne peut quand même pas parler d'atmosphère tendue et stressante... Du coup, les silences et une certaine lenteur qui sont nécessaires à tout thriller psychologique digne de ce nom, m'ont donné l'impression ici de ralentir trop l'intrigue, d'amener quelques passages inutiles et quelques longueurs, au détriment des ressorts comiques et décalés de cette histoire absurde. Ca ne m'a pas empêchée d'apprécier globalement le spectacle, mais c'est un petit bémol qui m'empêche d'être complètement enthousiaste!

Parlons enfin du duo de comédiens: Pierre Pigeolet est en grande forme et absolument parfait dans ce personnage d'écrivain à succès mais méprisé des critiques, qui souffre, qui doute, qui perd pied, qui a de plus en plus peur de cette espèce de folle qui le séquestre, et qui est pourtant lui aussi un peu... perturbé, peut-être... En tout cas il n'est sans doute pas exempt de toute folie. Il parvient à être crédible dans ce personnage ambigu, et manie à merveille les ruptures de tons et les mimiques (on voit qu'il a côtoyé Jean Hayet aux Galeries). Il est décidément très doué dans un registre comique! En face, Nathalie Uffner s'en donne à coeur joie et est excellente pour interpréter les crises et les excès de Sarah (même si paradoxalement je trouve qu'elle manque un peu de naturel au début quand elle est sensée agir 'normalement'). De plus on sent la complicité de jeu entre les deux comédiens et ils s'amusent apparemment aussi beaucoup à jouer ce texte, ce qui est toujours agréable à voir!

En résumé, "Misère" est un bon divertissement, une pièce qui sort un peu de l'ordinaire et de ce qu'on voit d'habitude au TTO, donc si vous n'êtes pas allergique à l'humour décalé et absurde, allez-y! Par contre, n'allez pas voir "Misère" si vous voulez voir un Stephen King pur et dur, vous seriez déçu. Ni si vous espérez piquer quelques trucs et astuces pour kidnapper votre artiste préféré (par exemple, pour qu'il vous lise du Shakespeare (*) ), parce que je doute que ça marche! ;)

Misère, au TTO jusqu'à Pâques! Infos et réservations sur le site du théâtre.

(*) Euh... pour ceux qui ne me connaissent pas, rassurez-vous, c'est juste une private joke! Je ne suis pas une dangereuse psychopathe qui prémédite un kidnapping! :D

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Bruxelles

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Publié le 12 Février 2016

Le paradoxe de Schrödinger

Je vous ai déjà parlé plusieurs fois de "L'os à moelle", le plus vieux cabaret de Bruxelles. Une fois de plus, je voudrais saluer leur programmation originale! Ils osent proposer des pièces de théâtre de qualité et qui sortent vraiment de l'ordinaire, avec des thèmes, des histoires, un ton souvent décalé, comme on n'en voit... quasi nulle part ailleurs, malheureusement. Des pièces qui devraient amener au théâtre des gens qui n'ont pas forcément l'habitude d'y aller, des pièces qui font rire mais pas que, avec du fond, du suspense, dont on ne devine pas le scénario dès le début... Un vrai plaisir!

"Le paradoxe de Schrödinger" ne déroge pas à cette règle. Bonne idée de l'avoir repris cette saison (je l'avais loupé l'an dernier, déjà prise la semaine où ça se jouait)... dommage qu'il ne reste qu'une représentation demain samedi pour vous encourager à foncer voir ce spectacle!

Comment vous parler du paradoxe de Schrödinger sans trop vous en dévoiler? ... Il s'agit, comme l'annonce le site de l'Os à Moelle, du premier seul en scène post-apocalyptique! Le 30 septembre 2016, il s'est passé un truc sur Terre (oui je sais je parle au passé d'une date dans le futur mais l'histoire se passe en 2018...). L'apocalypse? Plus ou moins, en tout cas, "dehors", c'est devenu dangereux, et ça pullule de zombies (ou de Renés, comme les appelle notre héros). Ce héros, c'est Erwin Hawking, un jeune homme qui a survécu aux "événements", et qui résiste toujours dans la petite ville de Noisy Fields. Seul, et un peu désespéré. Mais courageusement, tous les jours, il anime une émission de radio, donnant des nouvelles de la situation dans la ville, l'état des stocks des magasins... Et lançant, inlassablement, le même appel à d'éventuels autres survivants, de venir le rejoindre...

Difficile de vous en dire plus sans 'spoiler' des éléments de l'intrigue! Je pourrais ajouter des questions philosophiques du genre "si un arbre tombe dans la forêt et qu'il n'y a personne pour l'entendre, est-ce qu'il fait du bruit?", vous parler de paradoxes du genre "cette phrase est fausse" (non, ce n'est pas cet exemple-là qui est cité dans la pièce, mais une réflexion du même style qui boucle sur elle-même), mais ça ne ferait que vous embrouiller! Disons que Le paradoxe de Schrödinger sort vraiment de ce qu'on voit d'habitude sur une scène de théâtre, qu'on rit beaucoup, qu'il y a du fond, de la réflexion, beaucoup de finesse, et aussi de l'action, de l'aventure, de la décapitation de zombies (hors scène ;) ), du sang, une remise de prix et de la chanson! Oui, bon, d'accord, comme ça on dirait que c'est un mélange improbable... mais il tient extrêmement bien la route!

Le texte, co-écrit par Xavier Elsen et Victor Scheffer, est brillant! Comme je le disais, il est rempli de trouvailles humoristiques décalées et parfois absurdes (du genre qui fusent parfois en impro, quand les comédiens sont en pleine forme... Je ne sais pas comment ils se sont organisés pour écrire, mais il y a à la fois beaucoup de profondeur et une impression de grande spontanéité, avec des vannes qui sortent de nulle part, pas des trucs déjà ressassés 20 fois, et des réflexions qui triturent le cerveau). Bref, j'ai adoré l'écriture, vraiment! Un parfait mélange équilibré et vraiment l'impression d'un texte qui sort de l'ordinaire.

Par contre, j'ai lu ailleurs qu'il y avait pas mal de clins d'oeil aux films, séries et jeux vidéos tournant autour des zombies dans la pièce... J'avoue, j'y connais rien de rien, donc je suis passée à côté! Mais ce n'est pas du tout gênant pour apprécier la pièce, en fait! (et s'il y a des films de zombies aussi intelligents et drôles que ce spectacle, je vais peut-être finir par m'y mettre!). Par contre, le paradoxe de Schrödinger, celui d'origine, je veux dire (si vous ne savez pas ce que c'est, allez voir la pièce c'est bien expliqué) m'a toujours fascinée (beaucoup plus que son équation, à laquelle, désolée pour mon prof de physique moderne de 2ème candi, je n'ai jamais rien compris! Mais comme le disait Alexandre Astier dans un sketch, personne ne comprend rien à la physique quantique, même pas ceux qui en font! Bref...). Donc, l'idée de la superposition des deux états quantiques du chat tant qu'on n'ouvre pas la boîte, c'est assez intrigant. Et j'aime beaucoup la manière dont ce paradoxe est repris et envisagé dans la pièce! (n'empêche, ils ont un truc contre les rongeurs à L'os à moelle? Après les souris de la Tour Mortame, ici on retrouve des hamsters...)

La mise en scène de Victor Scheffer, assisté de Matthieu Meunier, permet aux différentes ambiances du spectacles de bien s'installer, et la bande-son qui accompagne les transitions de scènes est superbe! Et puis surtout, Xavier Elsen livre une performance franchement épatante dans ce seul en scène! Quel engagement! Il se donne à fond, fait vivre son personnage à merveille, on en oublierait presque qu'il est seul (même si à un moment il a un peu le syndrome de Tom Hanks dans "Seul au monde", mais pas avec un ballon). Ses mimiques et grimaces dans les moments drôles sont impayables, mais il passe très bien aussi d'une émotion à l'autre. Et il chante plutôt pas mal, en plus! Bon, je ne viens pas de découvrir qu'il est bon comédien, mais il est particulièrement convaincant dans Le paradoxe de Schrödinger!

En résumé... j'espère que le spectacle sera repris à nouveau un jour, histoire d'y envoyer quelques amis qui d'habitude n'osent pas trop aller au théâtre et qui devraient aimer ce spectacle... et surtout, si vous lisez cet article... ne venez pas me rejoindre chez moi ni à Noisy Fields, mais foncez à l'Os à Moelle samedi 13/02 pour la dernière!

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Bruxelles

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Publié le 21 Décembre 2015

Deux hommes tout nus

Le titre de la dernière pièce de Sébastien Thiéry semblait émoustiller certains membres du public du Public... Et la bande enregistrée rappelant notamment aux spectateurs de désactiver leur GSM, avant le début de spectacle, joue avec humour de cette idée : pensez donc, 2 hommes nus sur la scène du théâtre, cela réclame bien quelques consignes supplémentaires!

Car oui, le titre n'est pas une métaphore: au début de la pièce, Maître Kramer, grand avocat, se réveille au milieu de son salon... nu comme un ver. Et à côté de lui, dort encore Nicolas Prioux, avocat fiscaliste, l'un de ses associés, également en tenue d'Adam. Aucun des deux ne se souvient de ce qui s'est passé ni comment ils sont arrivés là! Et lorsque l'épouse de Me Kramer rentre, la situation se complique!

La pièce de Sébastien Thiéry joue donc des codes du vaudeville, avec quiproquos, mensonges et laborieuses explications, à ceci près qu'ici, même le menteur ne connait pas la vérité! On nage donc, comme d'habitude avec cet auteur, en plein dans l'absurde et l'étrange... Sauf que, je dois bien l'avouer, cette fois il ne s'est vraiment pas foulé sur la fin! Je comprends un peu pourquoi un site français avait attribué une tomate de 'pire fin de pièce de théâtre' à ce texte... J'ai un peu l'impression que de pièce en pièce, ça empire, et si au début S. Thiéry essayait de trouver des explications farfelues et surréalistes pour clôturer ses intrigues absurdes, il ne le juge désormais plus vraiment nécessaire... Enfin, je ne vous dirai pas comment ça finit, mais ne vous torturez pas l'esprit à chercher une explication complexe, disons...

Et pourtant... malgré cela, j'ai passé une excellente soirée au théâtre Le Public, j'ai beaucoup ri, et malgré une fin qui m'a laissée sur ma faim, je n'ai pas du tout regretté ma soirée (et ça c'est rare chez moi, d'habitude quand l'intrigue me déçoit c'est rédhibitoire)
Pourquoi? Grâce à l'excellente mise en scène d'Alain Leempoel et aux parfaites prestations des comédiens!

Alain Leempoel parvient, avec une mise en scène rythmée, à maintenir l'intérêt du spectateur tout le long de la pièce, et exploite chaque possibilité, même infime, de faire rire, que ce soit dans le texte ou dans les situations. Et malgré un thème qui pourrait souvent glisser sous la ceinture, il parvient à amener légèreté et finesse souvent, aux éclats de rire qu'il provoque, en jouant sur le ridicule des personnages.

Et surtout, surtout, Nicolas Buysse et Michel Kacenelenbogen sont hilarants ! Même si les rôles féminins (éléments plus 'rationnels' de la pièce) sont bien interprétés par Isabelle Paternotte et Laetitia Salsano, ce sont les deux hommes du titre qui portent la pièce et la rendent aussi drôle, car ils sont constamment dépassés par les événements! Nicolas Buysse est très juste en fiscaliste tour à tour apeuré, perdu, obéissant, et semblant accepter l'impossibilité de la situation plus vite que son patron; il gère très bien les ruptures de ton et ses intonations font beaucoup rire. Quant à Michel Kacenelenbogen, quelle performance! Son Maître Kramer, totalement en perte de contrôle, ridicule, pathétique même, en colère, cherchant désespérément à retrouver une prise sur la situation, est impeccable, et fait mouche pour provoquer les rires! Un rythme, des mimiques, une gestuelle dignes d'un de Funès en grande forme (mais sans caricature, il n'essaie pas de 'faire du de Funès', clairement, mais sur certaines scènes il m'y a fait penser, avec côté grognon plus accentué... Un peu comme Lionnel Astier dans Pouic-Pouic, au point que je me prends à espérer que Michel Kacenelenbogen interprète ce personnage un jour sur scène, je suis sûre qu'il serait parfait - bref, je ferme cette parenthèse).

En résumé, malgré une fin d'histoire un peu décevante, je ne peux que vous conseiller d'aller voir "Deux hommes tout nus" au théâtre Le Public pour passer un bon moment de rire avec cette belle mise en scène et super distribution, n'en déplaise à André Baccichet (directeur du centre culturel d'Auderghem) qui se targuait d'accueillir la "vraie" distribution d'origine! Je n'ai pas vu cette version, je ne me permettrai pas de commentaire (j'aime pas Berléand mais c'est pas une raison pour les dénigrer ;) )... mais de toute façon, je ne vois pas comment ils pourraient être meilleurs que la troupe du Public, alors autant aller voir des comédiens belges, na! (oui je suis chauvine ;) )

"Deux hommes tout nus", au théâtre le Public jusqu'au 31/12; infos et réservations sur le site du Public.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Bruxelles

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Publié le 10 Décembre 2015

Coming out

Cela fait un moment que Christian Labeau joue ce spectacle seul en scène (il était même à Avignon cet été), mais je n'avais pas encore eu l'occasion de le voir. C'est, aujourd'hui, enfin chose faite!

"Coming out" est construit à partir de 3 textes de Tom Lanoye, adaptés par Alain Van Crugten, traducteur 'officiel' de l'auteur belge néerlandophone. Il assure également la mise en scène du spectacle, et a veillé, dans sa traduction, à maintenir le rythme, le style de la langue et du texte d'origine (et c'est très réussi!).

La pièce raconte donc une partie de l'histoire de Tom Lanoye lui-même, de la découverte de la sexualité et de ses préférences, au fameux moment du coming out, l'annonce de son homosexualité à ses parents, dans une famille où on est boucher de père en fils et où on ne comprend pas forcément facilement cette "différence". Evidemment, le récit ne suit pas la chronologie, et nous promène joyeusement d'une époque à l'autre, d'une anecdote croustillante à une révélation plus personnelle et touchante. Le ton est globalement léger, avec des moments plus intenses et sombres. L'écriture est souvent drôle, mélange de lucidité et de tendresse sur une vie, racontée sans fioritures, d'une manière parfois crue mais jamais vulgaire, avec quelques pointes de cruauté dans les échanges mère-fils notamment, et beaucoup d'humour!

Christian Labeau semble s'amuser énormément sur scène en incarnant ce personnage avec beaucoup de sincérité, une "gouaille" et une bonne humeur assez communicative! Il parvient à faire passer les émotions avec beaucoup de profondeur tout en retrouvant vite ce sourire en coin, l'oeil qui pétille et une sorte de bonhommie qui le rendent agréable à écouter, et font qu'on ne décroche pas! On ne peut pas dire que le rythme du spectacle soit endiablé, mais ce n'est pas dérangeant, le spectacle ne manque pas de rythme, il se déroule simplement sur un rythme plutôt tranquille, sans courses folles (je dois dire que je l'ai vu le lendemain de "Ancien malade des hôpitaux de Paris", donc forcément, c'est un grand contraste!). Ici, on prend le temps de suivre les pensées et les émotions de l'adolescent et puis de l'adulte qui se confie à nous. L'intimité de la petite salle du Public convient bien à ce spectacle qui ressemble à un partage de confidences bourrées d'humanité et d'amour, finalement!

En bref, un très beau moment de théâtre, une très belle adaptation d'Alain Van Crugten, une magnifique performance de Christian Labeau, à ne pas rater! D'ailleurs, Tom Lanoye a 'validé' et apprécié la création, soulignant, comme nous le confie Christian Labeau, que c'est étrange de voir son histoire racontée dans un autre corps!

"Coming out", au théâtre Le Public jusqu'au 31/12/15, en tournée ailleurs en Belgique ensuite (du 12 au 15/1/16 à la Ferme de Martinrou à Fleurus, 22/3 au Palace à La Louvière). Infos et réservations pour le Public sur leur site.

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Rédigé par Emelle

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Publié le 8 Novembre 2015

Meurtre(s) in progress

Le point positif des créations théâtrales proposées ces dernières années à l'Os à moelle, c'est qu'elles sont originales! Le point négatif, c'est que c'est toujours compliqué de vous en parler sur ce blog sans rien dévoiler, histoire de ne rien vous gâcher du plaisir et de la surprise!

C'est particulièrement compliqué avec "Meurtre(s) in progress" qui est quand même un thriller, donc ce serait vraiment dommage vous en dire trop. Enfin... Déjà, un thriller, c'est un peu restrictif, puisque je vous le disais, il s'agit à nouveau d'un spectacle qui n'entre pas dans une seule case... La dénomination adoptée par l'Os à Moelle de tragi-comédie policière me semble plutôt bien, donc voilà. On va dire que c'est une tragi-comédie policière! Et que pour en savoir plus, vous devez aller la voir, un point c'est tout! :)

Bon, ok... c'est un peu court quand même pour vous convaincre...
Alors, en quelques mots, l'histoire tourne autour d'un auteur de romans policiers, qui rame un peu pour boucler son roman. Au point qu'il néglige sa femme, car son histoire l'obsède. Un coup de fil de son éditeur, lui intimant de tuer l'un de ses personnages pour avancer, va encore plus lui compliquer la tâche... Osera-t-il imaginer tuer son héros, John, un brave type, un loser tombé malgré lui dans une histoire louche? Ou bien choisira-t-il un personnage plus secondaire, comme ce policier chargé de l'enquête à laquelle John s'est retrouvé mêlé? Ou le super-vilain, le redoutable Alberto? (mais tuer un méchant c'est un peu cliché, non?)... Alors que l'auteur semble avoir arrêté son choix, un type sonne à la porte... Il prétend s'appeler John, et supplie l'auteur de ne pas le tuer....

Et je ne vous en dirai pas plus sur l'intrigue, si ce type est vraiment qui il prétend être (allô, Pirandello?), ce qui se cache derrière tout ça... Tout ce que je peux vous dire c'est que la fin est vraiment bien (désolée pour cet adjectif peu précis mais si j'en dis plus je vais donner des indices)... La fin est inattendue et très bien construite, et même si j'ai essayé d'être observatrice et que j'avais relevé pas mal d'indices (et que d'une certaine façon, je tournais autour, mais j'avais pris les choses dans le mauvais sens), je ne l'avais pas vue venir! Ce qui est évidemment toujours bien plus agréable qu'une fin téléphonée qu'on a anticipée à la moitié de l'histoire, et qui est malheureusement assez rare!

Donc, le premier argument, c'est "allez voir ce spectacle pour l'intrigue"! Le texte, signé Maxime Anselin (qui joue également le personnage de John dans la pièce - donc pas le rôle de l'auteur, mais celui de celui qui se prétend le personnage de l'histoire... il parait que ça mériterait une psychanalyse? ;) )... bref, le texte est soigné, bien écrit, avec énormément d'humour, des réparties qui font souvent mouche et un assez bon rythme. Il y a juste pour moi quelques très petites longueurs à un moment vers le milieu de la pièce, l'une ou l'autre scène aurait pu être un rien plus courte, j'ai eu peur à un moment que ça tourne un peu en rond, mais heureusement cette impression n'a pas duré longtemps.

L'autre argument, c'est la mise en scène de Xavier Elsen, assisté de Matthieu Meunier! Quel beau boulot! Elle regorge d'idées géniales, et vu le lieu plutôt exigu et les possibilités, je trouve le résultat assez incroyable! Jeux de lumières, projections, choix musicaux, changements d'ambiance, tout est magnifiquement géré et colle parfaitement aux différentes émotions de la pièce. Sans compter tous les petits éléments-indices qui devraient mettre la puce à l'oreille et qu'on néglige... Tout est là, suffisamment clair pour qu'on le remarque, mais avec suffisamment de logique et de fluidité pour qu'on ne s'y attarde pas vraiment... Avec un rythme bien géré du début à la fin! Bref la mise en scène contribue vraiment à nous embarquer dans l'histoire, et aussi à nous 'entourlouper' jusqu'à la fin...

Les comédiens (Arnaud Van Parys, Sarah Dupré, Maxime Anselin, Bertrand Daine et Vincent Doms) sont tous très bons et rendent chaque personnage attachant, dans son style (bah oui, tous les personnages sont attachants? Ou bien je suis encore une psychopathe?)...
Coup de chapeau particulier à Arnaud Van Parys et Sarah Dupré, qui ont plus de registres différents à assumer et le font avec beaucoup de force.

En résumé, il ne vous reste déjà plus beaucoup de dates, alors ne passez pas à côté de ce spectacle qui sort vraiment de l'ordinaire et vous assurera une bonne soirée au théâtre !
Je l'ai déjà dit sur ce blog, je suis une grande fan de Kaamelott, en particulier à partir du livre IV, càd du moment où Alexandre Astier a mixé un style d'écriture plein d'humour à une intrigue beaucoup plus dramatique, et j'adore la façon dont il n'est jamais où on l'attend... Eh bien j'ai retrouvé ça avec "Meurtre(s) in progress", en quelque sorte, ça m'a fait repenser au livre VI... (arf, si vous êtes accro à Kaamelott je vous ai peut-être donné un indice... En tout cas je vous en donnerai un si j'en dis plus alors... j'arrête là!)

Meurtre(s) in progress se joue encore à l'Os à Moelle jusqu'au 14 novembre, à 20h30. Infos et réservations ici.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Bruxelles

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