danse

Publié le 29 Novembre 2015

Etrange, ce mois de novembre.... Qui nous a fait prendre conscience que sortir, au resto, boire un verre, au spectacle, cela pouvait être dangereux... Qui a paralysé Bruxelles pendant plusieurs jours, aussi, sans qu'on comprenne exactement pourquoi. Le 21 novembre, je devais aller au théâtre Le Public, et son directeur, Michel Kacenelenbogen, a voulu tenir bon et maintenir les représentations, puis a fini par céder aux "conseils" de la police, ne voulant pas bloquer des policiers qui devaient être ailleurs. Mais les messages postés sur la page du théâtre pour communiquer ces annulations, et son interview dans la presse, montrent bien qu'il n'a cédé qu'à contre-coeur.

Inutile de dire que je partage son opinion: la seule façon de "lutter" contre le terrorisme, la radicalisation, l'obscurantisme, c'est la culture et l'éducation! Ce blog n'a d'autre objectif que de partager mon enthousiasme pour le spectacle vivant, et j'espère vous donner envie de sortir au théâtre voir des artistes en chair et en os, et vibrer grâce à leurs performances. En ces temps troublés, j'ai envie de vous y encourager encore plus! Comme beaucoup l'ont twitté en France, c'est valable aussi en Belgique : tous au théâtre!

J'ai assez peu écrit sur ce blog en novembre, et il y a deux spectacles que j'ai vus (l'un, je l'ai même vu fin octobre en fait) et dont je n'ai pas parlé... Je vais quand même vous en toucher un mot dans ce billet, en bref...

  • Versus : il s'agit d'un spectacle d'impro proposé par la LIP (la ligue d'improvisation professionnelle Wallonie - Bruxelles), il reste encore quelques représentations (voir sur leur site). Difficile de vous en parler, parce que forcément, comme c'est de l'impro, le spectacle change à chaque fois, et en plus, les concepts ne sont pas les mêmes d'un Versus à l'autre! Dans les grandes lignes, disons qu'il s'agit d'un spectacle d'impro qui utilise certains codes des matchs d'impro, mais qui n'a rien à voir avec un match. Certes, il y a deux équipes, et un animateur qui définit le style, les éléments, les contraintes et la durée de chaque impro (et quelqu'un qui s'occupe des bruitages et de l'ambiance musicale).
    Mais la comparaison s'arrête là: pas de pantoufles, pas de votes, pas de vainqueur, pas d'arbitre ni de fautes... Et même si la réflexion se passe par équipe, ensuite, tous les improvisateurs collaborent et échangent leurs idées, se groupant sur les bancs d'un côté ou de l'autre et se coordonnant avant d'intervenir... Et comme personne ne vise le rire facile ou la grosse blague qui attirera les faveurs du public (et ses voix), les impros sont d'un sacré niveau!
    En résumé, "Versus" c'est un spectacle où des comédiens d'impro très doués poussent l'art de l'improvisation au maximum, construisent de belles histoires, s'écoutent, collaborent, bref, une démonstration d'impro, si je puis dire! Impressionnant, mais peut-être moins immédiatement marrant que d'autres spectacles d'impro (je précise cela parce que l'amie qui était venue voir le spectacle avec moi a eu du mal à rentrer dans les impros... moi, j'avoue, j'ai adoré et j'ai été particulièrement bluffée par le versus "réparties" du 9 novembre dernier!)
  • C'est ici que le jour se lève : alors j'avoue, j'ai beaucoup hésité à écrire sur ce spectacle qui m'a énormément déçue, dans lequel je ne suis pas du tout entrée, et qui m'a en plus laissé une impression de malaise, à cause de la fin et de certains des réactions qu'elle suscite et que j'ai pu entendre autour de moi... Je précise que j'ai vu le spectacle au début, pratiquement à la création, donc peut-être que l'ambiance qui s'en dégage a changé depuis... J'ai lu beaucoup de critiques positives, donc bon, chacun son ressenti...
    Mais puisque je tiens ce blog pour vous parler de tout... Je vais essayer en quelques mots d'expliquer ce qui m'a dérangée.
    "C'est ici que le jour se lève", à la base, était annoncé au théâtre Le Public comme un mélange de danse et de théâtre. Le texte était signé Sam Touzani et Rolland Westreich, et il semblerait que la metteur en scène et chorégraphe Isabella Soupart ait élagué ce texte... Trop, à mon goût. Ou bien alors on ne garde plus de texte et c'est juste de la danse, ou bien il manquait des mots... J'ai lu qu'elle était une spécialiste de la déconstruction, mais on va dire que ça ne me parle pas, à ce point. Je trouve que c'est... comment dire sans que ça ait l'air méchant (parce que ce n'est pas le but)... intello dans le mauvais sens du terme. Le genre de spectacle qui fait dire à certains qu'il faut être "initié" pour apprécier le théâtre. Ce qui m'agace profondément. Enfin, c'est peut-être parce que le spectacle mise sur le ressenti, et que je suis passée à côté (je n'ai pas ressenti grand chose, j'avoue!)
    De plus, le spectacle aborde des thèmes graves et d'actualité sur le "vivre ensemble" entre musulmans et non musulmans, les relations de couple et le mélange des cultures... Avec en filigrane le message du père, qui dit à son fils qu'il doit épouser une musulmane, qui l'encourage au repli identitaire... avec un texte majoritairement en arabe, donc même si on comprend l'idée, c'est assez frustrant, déjà qu'il n'y a pas beaucoup de texte, de ne pas comprendre! Et la conclusion, le doute du fils, sans mise en perspective, m'a mise mal à l'aise, même si à aucun moment je ne soupçonne Sam Touzani de sous-entendre que le mélange des cultures et religions n'est pas possible! Mais j'ai entendu des réactions de rejet autour de moi, ce qui a accentué mon impression de "manque de mots" dans ce spectacle...
    Alors, oui, certains passages dansés sont beaux, très esthétiques, mais ça ne m'a pas suffit pour rentrer dans ce spectacle. Dommage!

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Rédigé par Emelle

Publié dans #en bref, #Impro, #danse, #Tous au théâtre!

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Publié le 1 Novembre 2015

Pixel

Avec ses créations précédentes, "Correria" et (surtout) "Agwa" (deux spectacles courts présentés ensemble), le chorégraphe Mourad Merzouki m'avait déjà beaucoup séduite. J'aimais sa façon de créer des univers très visuels, par exemple avec tous ces gobelets plus ou moins remplis d'eau dans Agwa... Mais c'était aux danseurs de mettre en place et déplacer tous ces éléments, donc forcément, il y avait des limites.

Avec "Pixel", 'the sky is the limit', ou plutôt, l'ordinateur. En effet, le chorégraphe et sa compagnie, Käfig, ont travaillé avec une compagnie qui fait de la création numérique : Adrien M / Claire B (pour Adrien Mondot et Claire Bardainne). Et en alliant technologie et danse, ils ont obtenu un résultat de toute beauté!! Les mouvements, les déplacements des danseurs s'intègrent, se mélangent, interagissent avec les projections vidéos composées d'une multitude de points, ces fameux pixels, et de quelques lignes, aussi. Pas besoin de plus pour que la magie opère!

J'avoue que mon côté ingénieur en informatique s'est par moment posé des questions, sur comment tout cela était fait, programmé, les fonctions mathématiques derrière, ce qui était 'animé' en live (ou bien si tout était préparé, et dans ce cas tout ne tient que par l'extrême précision des danseurs dans leurs gestes et un timing à la milliseconde près - et je pense que pour la majorité du spectacle c'est vraiment ça!(*))... Mais je l'ai fait taire, pour simplement apprécier ces jeux d'images et de mouvements, ces illusions d'optique, la féérie et la poésie des tableaux où la neige tombe ou ceux où les bougies fument... Sans me poser de question, je me suis laissée prendre, même si une partie de mon cerveau savait que l'écran ne pivotait pas (vive les jeux de perspectives), que le sol ne bougeait pas (mais quel talent de la part des danseurs, de reculer tout en donnant l'impression de lutter contre un tapis roulant pour avancer!) et qu'il n'y avait ni trous, ni bosses (juste des courbes dessinées)...
On se laisse facilement happer par ces images et on retrouve l'émerveillement de l'enfant, tout en gardant dans un coin de sa tête l'admiration pour la performance des danseurs qui jouent et entretiennent les illusions!

J'ai toujours plus de mal de trouver les mots pour parler de danse, disons juste que les chorégraphies sont très réussies, on sent bien l'influence hip-hop mais il n'y a pas que ça, on retrouve aussi la grâce et la fluidité d'une danse contemporaine plus classique (oui, moi aussi je trouve cette phrase bizarre mais je ne vois pas comment mieux m'exprimer). Il y a aussi de très beaux jeux avec cerceaux (loin de la GRS!), du roller, et une contorsionniste éblouissante et qui ajoute un côté totalement surréaliste à certaines chorégraphies!

La création musicale d'Armand Amar ajoute encore à la perfection du moment... J'avoue que c'est souvent du côté accompagnement sonore que je 'décroche' dans certaines performances de danse contemporaine, et là pas du tout, les morceaux sont très jolis et parfaitement adaptés aux univers visuels.

Bref, une création magistrale, avec une belle dose de féérie et d'illusions, à ne pas manquer! Et vraiment, de magnifiques performances, tant physiques de la part des danseurs, que technologiques pour la création numérique. J'espère que ce type de création mêlant art et technologie continueront à se développer, avec autant de réussite. Et j'ai hâte de découvrir les prochaines créations de Mourad Merzouki, dont j'apprécie décidément beaucoup le travail!

"Pixel" continue à tourner en France (notamment au Manège de Maubeuge les 17 et 18/11/15 - accessible via la programmation du Manège.Mons aussi pour les Montois!). Vous trouverez toutes les dates jusque juin 2016 sur cette page.

(*) j'ai trouvé la réponse dans cet article, qui explique par ailleurs très bien les atouts de Pixel : un tiers du spectacle 'numérique' est animé en direct

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Rédigé par Emelle

Publié dans #danse, #Coup de coeur

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Publié le 20 Juillet 2015

Tutu

La compagnie des Chicos Mambo présente un spectacle de danse franchement original et plein d'humour! Six danseurs (oui, oui, uniquement des hommes) proposent une vingtaine de tableaux qui parcourent la danse dans tous les sens, en se jouant des codes, en n'hésitant pas à caricaturer pour faire rire, mais avec une incroyable et impeccable maîtrise technique!

On commence avec la danse classique et de drôles de ballets (et d'étranges tutus comme sur l'affiche), une version revisitée du Lac des cygnes notamment, un danseur étoile qui se la joue danseuse étoile, et fait des pointes pendant tout son solo (chapeau!). Il y a ensuite du tango, et d'autres danses de salon dans une parodie hilarante de 'Danse avec les stars', un numéro plus proche du cirque où le danseur s'accroche à une corde qui pend des cintres. Puis vient la danse contemporaine, qui en prend un peu pour son grade, avec des tableaux qui se moquent gentiment de certains excès ou certains 'réflexes' qu'on retrouve dans la danse contemporaine parfois sans trop comprendre pourquoi (sauf qu'ici le danseur gardera son slip... Parce qu'il y a des enfants dans la salle?). Même la GRS n'est pas oubliée avec un numéro alliant rubans, cerceaux et balle.

Tous les tableaux sont esthétiquement très réussis, techniquement superbes, et en plus globalement très drôles! De la danse exécutée avec beaucoup de sérieux mais qui ne se prend pas du tout au sérieux et montre "un peu de tout" dans la joie et la bonne humeur! Les danseurs ont une énergie et un plaisir communicatifs, ils se donnent à fond et mouillent le maillot (et leurs collègues aussi parfois, volontairement!).

Bref, un spectacle enthousiasmant qui fera sourire les amateurs de danse et ravira aussi ceux qui généralement n'aiment pas ça: une bonne occasion d'amener des personnes habituellement récalcitrantes à voir de la danse, dans toute sa diversité!

"Tutu", tous les jours sauf les dimanches au Collège de la Salle à 19h. Durée 1h15; 25 euros, 15 avec la carte Off. Infos ici.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #avignonOff2015, #Coup de coeur Off 2015, #danse

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Publié le 10 Juillet 2014

L'homme d'habitude

"Concert de danse déconcertant", annoncent-ils en sous-titre... Déconcertant... époustouflant serait plus juste (mais ça ferait pompeux et on perdrait le jeu de mots)!

Waouw! Mais quel moment incroyable vécu hier soir devant cette création conjointe des Blérots de R.A.V.E.L. et de la compagnie de danse Vilcanota! Ca doit faire à peu près 1 an que j'en avais entendu parler pour la 1ère fois, dès le 1er article lu sur ce spectacle j'ai eu envie de le voir, des amies m'en avait dit énormément de bien, mais je crois que c'est encore bien au-delà de ce à quoi je m'attendais!

On est emporté, happé par ce tourbillon de créativité, d'énergie brute, de merveilles visuelles et sonores! Les habitudes, la force du groupe, la difficulté de sortir du troupeau... Et plein d'émotions, un spectacle qui vous prend aux tripes et ne vous lache pas. Chorégraphie (signée Bruno Pradet) et musiques/chansons (composées par les Blérots) ont été créées ensemble, offrant à ce spectacle de danse une cohérence unique. Et puis, j'ai déjà vu de la danse avec des musiciens jouant en live sur scène mais jamais de cette ampleur, jamais aussi rock, et jamais avec les musiciens se mêlant aux danseurs et participant à la chorégraphie! C'est juste incroyable, on imagine le boulot derrière pour régler tout ça aussi parfaitement! Et puis la cohésion, la complicité palpable entre musiciens et danseurs font vraiment de l'homme d'habitude un spectacle grandiose et qui ne ressemble à aucun autre.

La musique est géniale, la mise en scène et les chorégraphies sont hallucinantes : des musiciens qui parviennent à jouer couchés, un batteur qui garde le rythme alors que ses cymbales se baladent autour de lui, ou alors qu'il est emporté dans un tourbillon de folie, tourniquet impressionnant auquel s'accrochent les danseurs... Moments poétiques aussi, un danseur poursuit des ronds de fumées, d'autres ronds, échappés de drôles de seaux, suivent le rythme des trompettes, de petites lucioles dansent tandis que les musiciens jouent dans le noir...

Bref, comme dirait, dans une autre vie, le bassiste de ce spectacle, L'homme d'habitude, c'est "plutôt ça va, quoi!" (désolée, mais il fallait que je place cette réplique :-P ).

Bref, ne manquez pas ce spectacle, et réservez car ils ont un grand succès mérité et c'est donc complet rien qu'avec les réservations, n'espérez pas trop avoir une place en vous pointant le soir même.

De plus, sachez que la compagnie Vilcanota et les Blérots de R.A.V.E.L. ont trouvé une manière intelligente, concise et claire de parler du combat mené par les intermittents (pour tous les chômeurs et intérimaires) à la fin du spectacle, avec aussi quelques pancartes du genre "nous avons des propositions". Ce serait donc bien de la part du gouvernement français de juste les écouter...
(par contre, on en parle, du fait que c'est Arnaud Joyet qui tient la pancarte "Retraite"? ;) )

Infos pratiques : A 20h45 au théâtre des Lucioles, relâche les 10, 17 et 23 juillet; durée 1h; tarif : 18,5 euros, 13 avec la carte OFF.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #danse, #musique, #AvignonOff2014, #Coup de coeur Off 2014

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Publié le 9 Juillet 2014

Dé(s)vies!

Des fois, je trouve la dure loi d'Avignon un peu triste, alors je vais vous demander un petit coup de main, lecteurs et lectrices de passage sur Avignon, pour m'aider à faire parler un peu de ce spectacle... Parce qu'ils n'ont pas énormément de moyens, qu'ils sont dans un théâtre devant lequel il n'y a pas des tonnes de passage, qu'ils n'ont pas de tête d'affiche connue (enfin, de mon point de vue si, mais bon...) et que du coup, se faire remarquer parmi les 1307 spectacles du Off, c'est pas évident. Alors qu'ils ne manquent pas de talent et présentent un spectacle "utile", percutant (sans mauvais jeu de mot!) et touchant.

Dé(s)vies évoque un sujet difficile, un destin dont on pense trop souvent qu'il n'arrive qu'aux autres... l'accident de voiture qui brise une vie. Fred, la vingtaine, s'amusait avec sa bande, avec la belle Elodie qu'il voulait séduire, il sortait, dansait... C'était l'avant. Puis il y a eu un après. Après l'accident, la chaise roulante, les difficultés du quotidien... Mais toujours, autrement, Elodie et la danse.

Le spectacle, co-écrit par Christian Dalimier et Emilie Maillen (qui signe aussi la mise en scène), mêle théâtre, vidéo, témoignages, et danse, donc, pour aborder avec beaucoup de pudeur, sans image sanglante ou choc, mais avec de belles émotions (superbement interprétées par Amandine Laval - si j'ai bien entendu c'était Amandine aujourd'hui c'est ça? -, Vincent Doms et Arnaud Van Parys). La scène où Fred est "allongé sur le sol" après l'accident est très forte (oui, Vincent Doms confirme une fois de plus tout le bien que je pense de lui depuis que j'ai vu "L'éveil du printemps"!), les réactions de la maman et du meilleur ami sont aussi très émouvantes... Et la chorégraphie finale est très jolie (ça doit pas être simple de danser en et autour d'un fauteuil roulant, ce sont des comédiens pas des danseurs pros pourtant c'est très bien fait!). D'après les photos que j'ai vues, le spectacle présenté à Avignon est un peu réduit (au moins en terme de scénographie vu la petite taille du lieu), dommage j'aurais été curieuse de le voir dans toute son ampleur!

Bref, allez les voir, surtout si vous avez des ados en âge de commencer à conduire, ou que vous êtes prof (ils ont déjà joué dans des écoles en Belgique, ils cherchent des contacts en France).... Ce n'est absolument pas moralisateur, mais ça marque, ça sensibilise, et ça ouvre le débat.

Infos pratiques : tous les jours à 13h à l'Art en Scène, durée 1h, tarif 12 euros, 8 avec la carte Off

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Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #danse, #AvignonOff2014

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Publié le 29 Octobre 2013

Sport fiction

Comme je l'ai déjà mentionné, j'aime plutôt bien la danse contemporaine, ou certaines choses en danse contemporaine, même si je ne sais pas toujours comment vous en parler... Mais essayons à nouveau.

Frédéric Flamand fait partie de ces chorégraphes que j'apprécie et dont je vais voir les créations dès que j'en ai l'occasion. La semaine dernière, Wolubilis programmait "Sport fiction". Création assez particulière, puisque réalisée dans le cadre de Mareille, capitale européenne de la culture 2013, et destinée à être jouée en plein air devant 5000 personnes.

Effectivement, dans une salle de spectacle, on ressent un peu ce décalage... Il s'agit plus d'une performance que d'un ballet, et le nombre de danseurs sur scène est quasi toujours très important. Comme le titre l'indique, les différents tableaux tournent autour du sport, des sports, avec le support de projections vidéos, de très nombreux costumes chatoyants et originaux et de jolies lumières.

Par rapport à d'autres création de F. Flamand et du ballet de Marseille, je dirais que sport fiction manque un peu de finesse. Pas de précision, car tous les déplacements semblent réglés au millimètre, mais on est plus dans la vue d'ensemble et le tableau, les grands mouvements amples de tous les danseurs, que dans la finesse d'un geste et la grâce d'un danseur seul. C'est tout à fait logique et cohérent avec le cadre et le contexte de cette création, mais c'est aussi la raison pour laquelle ce ballet ne sera pas mon préféré de F. Flamand. Les tableaux sont parfois un peu longs et répétitifs, disons qu'il y a souvent différents groupes qui ne font pas la même chose, mais j'imagine que l'idée est aussi que les spectateurs puissent apprécier les différents mouvents, donc avec l'ampleur et la distance, il faut répéter plus.

Voilà. A part ces petits bémols, j'ai beaucoup aimé l'ensemble, certaines manières d'illustrer les sports sont très originales (on a l'impression de les voir jouer au baby foot au début, à basculer autour de barres de métal!), les passages sur la passerelle en hauteur sont très réussis, les ballerines qui boxent aussi, c'est très entrainant et dynamique, plein de couleurs et d'énergie et d'humour, mais un peu moins de sensibilité/sensualité que parfois. (toutefois la fille que je suis doit avouer qu'elle a apprécié le tableau 'natation'... quels corps d'athlètes, ces danseurs! ;-) J'avoue avoir par moments perdu un peu la vue d'ensemble...)

Infos pratiques : visiblement le spectacle sera repris à Marseille en fin d'année. Sinon, pour d'éventuelles dates de tournée, je vous conseille le site du ballet de Marseille!

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Rédigé par Emelle

Publié dans #danse

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Publié le 17 Juillet 2013

Par là...

Reprise Avignon OFF 2015, dans une version revisitée, plus intimiste et moderne. Au Golovine à 22h20. Infos ici.

Ce spectacle est probablement le plus facile à conseiller à n'importe qui se promenant dans Avignon avec un plan, il suffit de dire "c'est par là!".

Bon, trève de blague, 'Par là' est un sublime spectacle de danse contemporaine, que je vous recommande chaleureusement et pour lequel j'ai eu un vrai coup de coeur!

Il est basé exclusivement sur des morceaux de "The Wall" de Pink Floyd (déjà ça, c'est beau.... enfin à condition d'aimer Pink Floyd, si vous y êtes allergique par contre je vous déconseille 'Par là...'). Et se base également sur le film 'The Wall' (lui même basé sur les chansons de Pink Floyd).

Guerre, violence, amour, drogue, folie... C'est un spectacle avec de l'agressivité canalisée par les danseurs, et avec des sentiments très violents. Leurs mimiques, leurs mouvements, la façon de claquer les chaises par moment... on n'est pas dans la douceur (mais en écoutant Pink Floyd non plus, les textes ne sont pas particulièrement doux et guillerets). Les danseurs se donnent à 300% et le spectacle est très prenant, très riche en émotions, le public est emporté, vibre, est touché... C'est incroyable de force et d'intensité.

Bref, un vrai coup de coeur!

Infos pratiques : "Par là...", tous les jours à 12h15 au théâtre "Les 3 soleils". 17 euros, 12 avec la carte Off. Détails ici.

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Rédigé par Emelle

Publié dans #AvignonLeOff2013, #danse, #Coup de Coeur Off 2013, #avignonOff2015

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Publié le 10 Juillet 2013

Body platform

Autant, vous parler d'une pièce de théâtre, je n'ai pas trop de mal, autant je n'ai décidément pas les compétences pour vous décrire un spectacle de danse contemporaine!

Body Platform - cabinet anthropo-morphiste est un beau spectacle proposé par une troupe venant de Taïwan. C'est joli, fluide, esthétique. Inspiré par le tableau de Dali ('cabinet anthropomorphique'). La musique, essentiellement au piano, est lancinante, un peu dissonante parfois.

Pour moi, Dali, c'est le mouvement suspendu, le temps qui s'étire, et le surréalisme, bien sûr... Ce ballet reflète ces impressions. Beau, vraiment. A voir si vous aimez la danse contemporaine!

Infos pratiques : "Body Platform - cabinet anthropo-morphiste", tous les jours sauf le 22/7 au théâtre de la Condition des soies à 13h30. 13 euros, 9 avec la carte Off. Détails ici.

Body platform

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Rédigé par Emelle

Publié dans #AvignonLeOff2013, #danse

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