Publié le 21 Mars 2016

Studio Impro IMAX 18/03/16

Cela faisait trop longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de caser un « studio impro », alors puisque j’y suis enfin allée ce vendredi… Petit compte-rendu !

Pour rappel, un Studio Impro IMAX, c’est comme un Studio Impro, mais dans une plus grande salle, et avec un improvisateur invité qui ne fait pas partie de la troupe. Par contre, le public doit juste proposer un titre de film (qui n’existe pas encore), fini le papier plus long avec plein d’autres questions (un événement positif, une fin possible,…). C’est vrai que ce n’était pas toujours simple d’être inspiré, mais c’était sympa de cocher si on voulait des morts ou pas dans notre film, et de dire ce qu’on voulait de plus (plus d’amour, plus de violence… ou on pouvait écrire ce que l’on souhaitait, et j’ai souvenir d’une intervention du réalisateur réclamant plus de cacahuètes, franchement c’était drôle !)

Donc, pour cet IMAX du 18 mars, l’équipe était :

Réalisateur : Vincent Doms

Improvisateurs :
- Amélie Saye
- François Doms
- Jérémie Petrus
- Arnaud Van Parys

Guest : Gilles Delvaux

Ils nous ont concocté les 11 films suivants (comme d’habitude, puisque je n’ai pas une mémoire eidétique – waouw ça fait 2 articles d’affilée que je case ce mot, j’ai gagné quoi ? – j’utilise les prénoms des improvisateurs pour désigner les personnages des impros. Déjà que certains oublient le prénom de leur personnage en cours d’impro – l’amour, bien sûr ! – je ne les ai pas retenus non plus)

1) Film d'horreur : "Promenons-nous chez Ikéa" : Le réalisateur se laisse aller à nous confier qu'une visite chez Ikéa en couple, pour lui, c'est l'horreur. Amélie et Gilles confirment dans l'impro : ils font leurs achats pour meubler leur flat, et elle achète trop! Ils se laissent enfermer parce que les gardiens ont annoncé la fermeture un peu tard (ils surveillaient ceux qui volent les crayons!! On se demande qui peut piquer plein de crayons Ikéa, et jamais les mètres en papier!). François le gardien de nuit est en fait un tueur à la perceuse, et un crayon ne sauvera pas Jérémie pour boucher le trou fait par la perceuse! Et pourtant, comme Arnaud le fait remarquer avant de mourir, pas besoin de perceuse pour monter un meuble Ikéa!

2) Comédie romantique : "Tristesse animal jaune" (titre proposé par quelqu'un qui a été traumatisé par la dernière pièce du Public, 'Tristesse animal noir"?)... Même si le réalisateur propose un tigre triste, les improvisateurs partent sur l'idée du canard (pourtant en vrai un canard c'est pas vraiment jaune, si? Ceux qui flottent dans les baignoires, oui, mais les autres?). Histoire d'amour entre un jeune homme déprimé qui nourrit les canards, et une militante pour le retour des canards au parc! Malgré le meurtre d'un canard (en plein vol, parmi une famille qui volait en formation en V légèrement désorganisée) à cause d'un frisbee (lancé par Jérémie qui finira par accuser 'le chauve' parmi les militants pro-canards pour dédouaner son pote!), les amoureux finiront par fonder une famille.
La phrase philosophique de l'année est à mettre au crédit de Jérémie : "La vie, c'est comme un livre, parfois, des pages se tournent, et... voilà!"

3) Film de guerre : "Barbe imberbe le pirate". Le réalisateur était persuadé qu'il ferait donc un film de pirates... Mais les improvisateurs sont restés dans le film de guerre, et ont opté pour un hacker! Qui avait infiltré l'armée belge dans une mission baptisée ‘hoedje van de papier’ ( on a tous appris les mêmes trucs super utiles en cours de néerlandais à l’école, je vois !) dont l'objectif était de trouver le dit-pirate... Compliqué? Autant que le véhicule dans lequel Jérémie avait oublié de monter et à côté duquel il courait : à la base c'était une Jeep, mais elle a l'option 'chenilles' pour écraser la voiture qui n'avance pas assez vite devant (ne tuant que la moitié de ces occupants, eh oui Vincent on peut survivre à tout!). Pourtant les occupants en sortent par des portières, sauf Arnaud qui a compris que c'était un tank et qu'il fallait sortir par au-dessus!

4) Heroic fantasy : "Le puceau malgré lui". Alors je ne sais pas si le roi, son fils et son ex étaient des elfes ou des hommes, en tout cas le fils était maudit, chaque fois qu’il enlevait sa ceinture et son épée pour coucher avec une fille, celle-ci disparaissait ! En fait c’était un sort jeté par sa mère, qui voulait finalement le kidnapper et avait envoyé Jérémie-la-chose (sûrement un nain ou un petit orque ?) en éclaireur, mais il n’était pas très efficace ni tenace pour faire faire une pause au cavalier Gilles et à son écuyer François. Finalement c’est un coup de main du marchand de sable espagnol Arnaud qui permettra à la méchante reine de kidnapper son fils !

5) Film d'art et essai d'ARTE : "A juste titre... de noblesse" Comme d’habitude, rien à comprendre sur ce film certainement très contemporain et très facile à comprendre ! ;)

Entracte

6) Drame social belge : "Eva le petit démon". A n’en pas douter, l’équipe gagnera la palme d’or avec ce film bien de chez nous, et je ne doute pas que les frères Dardenne aient pris des notes pour leur prochain scénario ! L’habituelle famille de barakis avec bedon et accents cherche sa petite fille Eva, 8 mois, qui a disparu. Le papa est prêt à la déclarer perdue si elle ne répond pas au bout de 2 appels (François a du mal à compter, c’est quel doigt l’index ?), de toute façon ils ont assez d’allocs avec les autres enfants. Ils se décident à enterrer une boîte à chaussures vide puisqu’elle n’est pas revenue, et lorsque la maman demande à Jérémie comment il s’est acheté des chaussures chez Brantano, il leur signale que ça vaut cher, un rein de bébé ! (ce qui donnera ces répliques géniales : Gilles : « c’est quoi le rein ? ». François : « Un fleuve ? ».
A noter lors d’un flash back l’idée saugrenue d’Amélie, lorsque les frères se plaignent que futur bébé Eva ne leur répond pas depuis son ventre, elle leur a sorti : « c’est normal, pour qu’elle t’entende, faut parler à travers ma chatte ! » … Du coup, lors de la scène vue du côté du bébé, Arnaud passait la tête de derrière le rideau, couvert de son pull rouge. Classe, hein ! ;)

7) Dessin animé Disney : "Le retard de l'ennuyeuse Monique" : Jérémie joue Monique, la pauvre petite montre qui retarde. Mais Arnaud la pendule au gros balancier lui conseille de partir à la recherche d’un vieil horloger, un vieux sage joué par Gilles, qui donne à Jérémie plein de bons conseils et le re-règle. De joie, Jérémie interprète la chanson en allemand qu’il a apprise d’un autre personnage (ça, c’est l’arroseur arrosé grâce au réalisateur… N’empêche que j’ai « 99 Luftballons » en tête depuis vendredi moi, merci Jérémie !)

8) Péplum sexy (nan mais c'est quoi ce genre de film, Vincent?) : "Tu viens travailler avec moi?" (et selon le réalisateur on sent le sous-entendu coquin dans le titre!). César (et sa femme, enfin je suppose, Cubitus c’est un nom de chien plutôt non ?) se mêlent au peuple qui travaille (sous les encouragements d’Arnaud qui joue des percussions). Mais les travailleurs le reconnaissent, notamment Jérémie qui sort simplement une pièce de sa poche et compare ! Mais oui, Vincent, enfin, y’avait la tronche de l'empereur sur les pièces de monnaie de l’époque, pas besoin d’envoyer Jérémie acheter un ‘objet’ sur lequel se trouve la tête de César! (bien ouej, Jérémie, c’était drôle! Surtout que j’avais compris que c’était une pièce, mais ça n’avait pas fait tilt dans la tête de Gilles non plus qui essayait de vendre des goodies César). Pour fêter ça, l’empereur voulait inviter Rihanna, et s’est donc évidemment retrouvé à devoir chanter lui-même, sauf que François a une façon bien à lui de chanter du Rihanna (mixé avec Madonna certainement, ça donnait « Like a diamond »)

9) Western : "Quand les pâquerettes avaient des ailes" Le gang des pâquerettes, bien sûr, qui va attaquer la banque ultra sécurisée par le shérif! Sauf qu’une fois sur le toit de la banque après avoir réussi à voler jusque là… Pas de moyen de descendre. Au passage, on sera témoin de l'invention du vélux au temps des cow boys!

10) Sitcom : "L'infirmière avait peur des faisans". Lors de l’épisode 78, les infirmières et les médecins sont en camp quelque part et comme il n’y a pas de cafèt’, ils se retrouvent pour chasser le faisan… dont il ne faut pas trop s’approcher, la petite Amélie en a fait les frais et a peur depuis… Même si quelques mots d’un médecin suffisent à la rassurer, et chemin faisant – jeu de mot signé Gilles – ils ramènent un cadeau à l’autre infirmière hermaphrodite Arnaud ! Et bien sûr, on a eu droit à deux pages de pubs, dont celle du club de foot de Chastres, qui a les moyens pour s’offrir des pubs au milieu d’une sitcom !

11) Film d'auteur : "Syndic, propriétaires, et ..." Là, le réalisateur s’amuse, donc ça part un peu en sucette… Globalement, on part d’une réunion de co-propriété où François doit lire le PV de la réunion précédente, tout en faisant des allusions et un poème au homard. On découvrira ensuite que Eva a survécu et vit dans l'immeuble et est enceinte... et on parle toujours de la même façon à son bébé!

Encore un beau moment d'impro et de nombreux fous rires!

Prochaines dates sur le site de Studio Impro ou celui de l'Os à Moelle

Voir les commentaires

Rédigé par Emelle

Publié dans #Impro, #Bruxelles, #Compte rendu

Repost0

Publié le 20 Mars 2016

Le 7ème continent

Attention, ne vous fiez pas au "pitch", cette pièce est vraiment atypique! Atypique et très séduisante, un vrai bon moment de théâtre, avec trois magnifiques comédiennes, à ne louper sous aucun prétexte!

Sur papier, l'intrigue pourrait presque faire penser à un vaudeville classique avec quiproquos et triples vies (allez, j'avoue, à cause de ça et du souvenir justement d'un 'boulevard' que je n'avais pas aimé et qui tournait un peu autour de ça, j'ai failli passer à côté de ce spectacle. Que ça aurait été dommage!). Autour du cercueil d'un homme, trois femmes se rencontrent. Pour la première, Kristin, le 'mort' s'appelait Franck et était son mari, et le père de leur fils. Pour la deuxième, Anaïs, il s'agissait de Jack et c'était son compagnon. Et puis arrive la jeune Lola, qui pense enterrer son fiancé, Mick! Alors... Qui était vraiment cet homme? Et pourquoi ces trois identités? S'agit-il bien du même type? Quel point commun lui trouver, entre ces trois facettes? Et surtout, comment ces trois femmes, extrêmement différentes, parviendront-elles à se parler et à gérer la perte de l'homme qu'elles pensaient connaitre?
Et, comme le dit le résumé du spectacle, "pendant ce temps-là, au large d'Hawaï, tourbillonnent des millions de déchets et se forme le septième continent". Le rapport avec le reste de l'intrigue? Pour le savoir, il faudra que vous alliez voir la pièce!

Car finalement, ce spectacle n'est peut-être pas tout à fait ce qu'il semble être. Et ne va pas forcément aller dans la direction à laquelle vous vous attendiez au départ! En fait, dès l'installation dans la salle, vous vous en rendez compte: ça ne sera pas une pièce classique! Les comédiennes, chacune dans leur personnage bien sûr, viennent parler avec le public et se présentent, se confient à voix basse... Tout le monde n'entendra pas tout, d'ailleurs, mais on est directement pris dans l'ambiance, on fait déjà connaissance, une sorte d'intimité s'installe. Et elles joueront de cette complicité durant tout le spectacle, avec une belle fluidité et beaucoup de naturel. Et un plaisir visible. En voyant le spectacle, j'ai eu l'impression qu'il devait beaucoup tenir à coeur aux comédiennes (qui ont collaboré à l'écriture de ce texte signé Thierry Janssen), et que Michel Kacenelenbogen avait dû énormément s'amuser à les mettre en scène (avec le brio qu'on lui connait). Je ne peux pas trop vous en dire pour ne pas gâcher les surprises, mais cette pièce devrait vous étonner, et c'est le genre d'étonnement qui fait du bien au théâtre! Personnellement j'en suis sortie avec le sourire et "boostée"!

Les 3 comédiennes sont impeccables au niveau du jeu! On est face à trois archétypes féminins plutôt éloignés. Kristin est une présentatrice météo un peu bourgeoise, pas hyper futée, et qui a une tendance au lapsus assez amusante. Bénédicte Chabot lui donne beaucoup de classe et en même temps de naïveté, et est parfaite quand elle part en crise! Anaïs est une rebelle, militante active chez Greepeace, révoltée et à fleur de peau. Kim Leleux l'interprète avec énormément de sincérité, sans concession, et parvient à la rendre très touchante aussi. Enfin, Lola souffre d'un syndrome (proche du syndrome d'Asperger) qui l'empêche de ressentir les émotions, ce qui la rend assez 'robotique', d'autant qu'elle a aussi une mémoire eidétique (et vous livrera un paquet de statistiques si elle passe près de vous avant le début de la pièce). Inès Dubuisson livre une prestation assez incroyable, parvenant à garder cette absence d'émotion assez inquiétante et jouant les réactions inattendues de Lola avec beaucoup de naturel (mais il parait que ça fait des semaines qu'elle répète! ;) ).

Alors, maintenant, qu'est-ce qu'on fait? Et si vous commenciez par aller voir "Le 7ème continent" au Public? Trois super comédiennes vous y attendent et ont des choses à dire!
La pièce se joue jusqu'au 30 avril. Infos et réservations sur le site du Public.

Voir les commentaires

Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Bruxelles, #Coup de coeur

Repost0

Publié le 13 Mars 2016

Misère

Imaginez... du Stephen King, à la sauce absurde agrémentée de quelques épices d'humour TTO... Difficile? C'est pourtant le mélange (d)étonnant proposé par la pièce "Misère" au théâtre de la Toison d'Or en ce moment! Un mélange globalement réussi, avec juste un petit bémol : quelques longueurs (j'y reviendrai).

L'intrigue de Misère, dans les grandes lignes, est celle de "Misery", le roman de Stephen King (mais pas avec la même fin. Enfin pas vraiment. Enfin... Je vais pas spoiler non plus!). Ici, c'est Sarah, ancienne infirmière, qui a sauvé l'écrivain Paul Delpierre d'un grave accident de voiture, survenu à cause du blizzard. Elle l'a emmené chez elle et le soigne. Mais elle est aussi sa plus grande fan... Alors, est-il libre de partir lorsqu'il ira mieux, vraiment? Est-ce qu'elle le soigne, ou elle le drogue? Et la voisine, combien de fois peut-elle se faire égorger? Et cet ours voleur de colis, c'est quoi son rôle?

Euh... Je crois que les deux dernières questions posent un peu le côté "absurde" de l'histoire, non? Laurent Beumier, qui jusqu'à présent était plutôt spécialiste des 'décors sonores' et bandes originales de pièces de théâtre, signe ici son premier texte théâtral, et il s'en est donné à coeur joie dans ce registre absurde! Il le dit lui-même, "le terrain de l'absurde est un chemin étroit et glissant qui oscille vite entre le 'très con' et le 'too much'". Alors, a-t-il trouvé l'équilibre dans "Misère"? C'est assez subjectif au fond... De mon point de vue, oui... On est dans un univers qui ressemble un peu à "La cité de la peur" (vous savez, le film de Les Nuls!)... en un peu moins efficace peut-être (bon ok c'est l'un de mes films cultes je ne suis pas objective!). Ou du côté des sketchs qu'Arnaud Tsamere faisait dans "On n'demande qu'à en rire", avec des ping-pong verbaux où les personnages rebondissent sur le sens d'un mot qui n'est pas celui que l'autre avait en tête, ou bien où ils prennent les expressions et métaphores au premier degré... Ce n'est pas forcément un humour auquel tout le monde accroche, moi j'aime bien donc j'ai apprécié cet aspect de "Misère". La pièce regorge aussi de clins d'oeil à des scènes ou dialogues cultes du cinéma, mais en les détournant un peu, de manière parfois subtile... Vous pourrez vous amuser à les débusquer! Enfin, pour diversifier un peu, on trouve aussi de l'humour plus visuel... et peut-être bien des chansons (avec chorégraphies?)... On est au TTO, après tout! ;)

La mise en scène de l'auteur et d'Alexis Goslain nous plonge plutôt dans une ambiance de huis-clos, de thriller flirtant avec l'horreur, à la Stephen King donc... Tout en se jouant de ces codes et en les parodiant un peu. Et c'est probablement ce mélange de genres qui m'a donné l'impression que la pièce manquait parfois de rythme et qu'il y avait quelques longueurs. Même si le suspense est présent et qu'on se demande comment tout cela va finir, on ne peut quand même pas parler d'atmosphère tendue et stressante... Du coup, les silences et une certaine lenteur qui sont nécessaires à tout thriller psychologique digne de ce nom, m'ont donné l'impression ici de ralentir trop l'intrigue, d'amener quelques passages inutiles et quelques longueurs, au détriment des ressorts comiques et décalés de cette histoire absurde. Ca ne m'a pas empêchée d'apprécier globalement le spectacle, mais c'est un petit bémol qui m'empêche d'être complètement enthousiaste!

Parlons enfin du duo de comédiens: Pierre Pigeolet est en grande forme et absolument parfait dans ce personnage d'écrivain à succès mais méprisé des critiques, qui souffre, qui doute, qui perd pied, qui a de plus en plus peur de cette espèce de folle qui le séquestre, et qui est pourtant lui aussi un peu... perturbé, peut-être... En tout cas il n'est sans doute pas exempt de toute folie. Il parvient à être crédible dans ce personnage ambigu, et manie à merveille les ruptures de tons et les mimiques (on voit qu'il a côtoyé Jean Hayet aux Galeries). Il est décidément très doué dans un registre comique! En face, Nathalie Uffner s'en donne à coeur joie et est excellente pour interpréter les crises et les excès de Sarah (même si paradoxalement je trouve qu'elle manque un peu de naturel au début quand elle est sensée agir 'normalement'). De plus on sent la complicité de jeu entre les deux comédiens et ils s'amusent apparemment aussi beaucoup à jouer ce texte, ce qui est toujours agréable à voir!

En résumé, "Misère" est un bon divertissement, une pièce qui sort un peu de l'ordinaire et de ce qu'on voit d'habitude au TTO, donc si vous n'êtes pas allergique à l'humour décalé et absurde, allez-y! Par contre, n'allez pas voir "Misère" si vous voulez voir un Stephen King pur et dur, vous seriez déçu. Ni si vous espérez piquer quelques trucs et astuces pour kidnapper votre artiste préféré (par exemple, pour qu'il vous lise du Shakespeare (*) ), parce que je doute que ça marche! ;)

Misère, au TTO jusqu'à Pâques! Infos et réservations sur le site du théâtre.

(*) Euh... pour ceux qui ne me connaissent pas, rassurez-vous, c'est juste une private joke! Je ne suis pas une dangereuse psychopathe qui prémédite un kidnapping! :D

Voir les commentaires

Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre, #Bruxelles

Repost0

Publié le 6 Mars 2016

30/40 Livingstone

J'ai un peu hésité à écrire cet article parce que je ne savais pas vraiment quoi vous dire sur ce spectacle, qui m'a laissée perplexe. Pas à cause de son univers symbolico-onirico-absurdo-délirant, ça je m'y attendais, mais à cause de la manière dont j'ai compris/perçu la fin, qui m'a semblé étonnamment pessimiste par rapport à l'humour affiché tout au long du spectacle.

Mais commençons par le début. "30/40 Livingstone", à la base, c'est une envie avignonnaise. Ce spectacle se jouait au Off il y a 2 ans, et je l'avais loupé, parce que tout était complet au moment où j'avais voulu réserver. L'envie de voir ce spectacle venait, je ne le cache pas, du fait que j'aime beaucoup Sergi Lopez. Acteur étrange, au physique rond de nounours sympathique, et capable d'être complètement glaçant de cruauté (dans "Le labyrinthe de Pan" ou "Dirty pretty things") ou "incernable" et inquiétant (dans "Harry un ami qui vous veut du bien"), ou au contraire bienveillant et assez sensuel (dans "une liaison pornographique")... mais toujours avec un petit côté mystérieux! Bref, au cinéma, c'est un acteur que je trouve assez fascinant, et j'avais donc très envie de le voir sur scène. C'est ce qui m'a décidée à profiter de la tournée belge de "30/40 Livingstone"! (j'y suis allée à Louvain-la-neuve début février - oui, j'ai mis du temps à terminer cet article, qui traine dans mes brouillons depuis presque un mois).

Impossible de vous raconter l'histoire de ce spectacle qui plonge le spectateur dans un univers absurde... Disons que c'est l'histoire d'un jeune homme, interprété par Sergi Lopez, qui rêve de liberté et d'aventures, et annonce à son père (plus passionné par son fauteuil et son match de tennis que par les propos de son rejeton), qu'il part! Dans une forêt (pas tout à fait amazonienne), le jeune homme découvre et traque une nouvelle espèce ! Une sorte d'homme à tête de cerf, qui danse, joue au tennis, et ne parle pas (interprété par Jorge Pico).

Entre la logorrhée survoltée de Sergi Lopez, et le mutisme de Jorge Pico, les deux comédiens livrent une performance impressionnante, physique, engagée. Ils courent, dansent, se démènent, miment,... Leurs mimiques très expressives déclenchent souvent les rires. Sergi Lopez en particulier, n'hésite pas à se moquer de lui-même et de ses rondeurs, soulevant, enlevant et remettant son t-shirt, grimaçant et transpirant. Bref, on est plus dans le burlesque, le grotesque parfois, que dans l'émotion, même si quelques pointes plus intenses transparaissent parfois au milieu du mic-mac, dans les relations père-fils. Le jeu des comédiens m'a bluffée sur l'aspect énergie et sur la manière dont ils se donnent à fond, mais ne m'a pas vraiment touchée, j'aurais préféré un peu plus de retenue, je crois.

Mais comme je le disais au début de l'article, j'étais prête à me laisser embarquer dans cette folie onirique, qui regorge de symboles, d'allusions à la politique, la société (espagnole, mais on peut assez bien transposer quand même)... ça brasse pas mal de choses l'air de rien, même si tout n'est pas forcément clair. Mais justement, ce mélange d'éléments symboliques m'a laissée perplexe sur la fin. Ou plutôt, l'interprétation qui me semblait ressortir de tout cet ensemble, la quête de liberté, la volonté de "tuer" le père... se termine d'une manière qui, si je l'ai bien comprise, est atrocement pessimiste, comme si au fond, rien ne pouvait changer... Alors peut-être que j'ai mal compris, mais alors que j'avais plutôt ri et apprécié la majorité du spectacle, la fin m'a laissé une impression assez glaçante... trop contrastée par rapport au reste du spectacle... Du coup, difficile de vous dire si j'ai aimé ou si finalement, cette impression finale m'a complètement refroidie!

La tournée du spectacle en Belgique est terminée, mais si vous avez l'occasion de voir passer ce spectacle près de chez vous, et que l'absurde ne vous fait pas peur, n'hésitez pas à vous faire votre propre opinion! (et à la partager avec moi si le coeur vous en dit!)

Voir les commentaires

Rédigé par Emelle

Publié dans #Théâtre

Repost0